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#1  27 Oct 2010 10:30:26

House
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Violence et ordres sociaux

VIOLENCES ET ORDRES SOCIAUX

Violence et ordres sociaux, un cadre conceptuel pour interpréter l’histoire de l’humanité, de Douglass C. North, John Joseph Wallis, Barry R. Weingast. Traduction de Myriam Dennehy, 
Éditions Gallimard;

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Douglass North, Prix Nobel d’économie en 1993, estime que l’histoire de l’humanité depuis dix mille ans ne s’explique pas par la succession de modes de production économique et les luttes des classes, mais par la coexistence d’«ordres sociaux» assurant la régulation de la violence et la stabilité des sociétés par la création d’institutions politiques (États, parlements, lois), d’organisations économiques et sociales (entreprises, sociétés, associations) et la diffusion de croyances (religions, idéologies) légitimant les «règles du jeu Le père de la «nouvelle économie institutionnelle» et ses deux collègues, historien et politiste, entendent utiliser l’histoire, la sociologie et le droit pour démontrer que l’ordre social dépend de la capacité des élites à maîtriser la violence entre elles par le partage de rentes. Ainsi, l’invention de la démocratie politique et la transformation des privilèges particuliers en droits impersonnels auraient permis un meilleur partage des revenus et des valeurs entre les citoyens. La régulation de la violence serait donc le « problème central des sociétés humaines ».

La fragilité de ce « nouveau cadre conceptuel », rejetant Max Weber mais se réclamant de Fredrich Hayek et de Fukuyama, est flagrante car ce n’est qu’à la dernière page du livre que les auteurs posent la question des « origines de la violence », moteur négatif de l’histoire qui n’est jamais défini. Que les démocraties occidentales aient été responsables des pires violences avec les conquêtes coloniales, deux guerres mondiales et des exterminations ethniques n’interpelle pourtant pas les auteurs. Aujourd’hui, concluent-ils, seuls vingt-cinq pays occidentaux, 15 % de la population mondiale, connaissent un « ordre social ouvert » caractérisé par « lien étroit entre le développement historique des marchés et la démocratie » et l’État de droit. Par contre, l’immense majorité de la population mondiale vivrait encore sous le régime d’« États naturels », plus ou moins « élémentaires » ou « matures » car soumis à des ordres sociaux plus ou moins fermés, mais assurant « les deux fonctions élémentaires de toute société : la sécurité et l’ordre ». Le cynisme de ces thèses néoconservatrices tient dans ces conclusions : toute importation de la démocratie et toute aide extérieure au développement sont vouées à l’échec ; la démocratie viable restera le propre des pays à revenus élevés.

Cependant l’ouvrage publié aux États-Unis en 2009, très vite traduit et publié en France dans une prestigieuse collection est révélateur des adaptations constantes de l’idéologie dominante en Occident. Pour que les sociétés restent stables, affirment les auteurs, les « ordres sociaux » doivent connaître une permanente « destruction créatrice ». Conçu au sein de l’Institut Hoover de l’université de Stanford, le projet a été financé par des fondations privées, l’administration Bush ainsi que par la Banque mondiale ; ses développements ont été discutés dans des colloques tenus dans les plus prestigieuses universités avec autant de publications ; l’Agence française de développement s’est associée à cette recherche présentée comme « une avancée majeure pour les sciences sociales ». Ainsi se fabrique la pensée unique !



Jean-Paul Scot, historien

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"Pour le sceptique, le doute est une fin; pour l’esprit méthodique, le doute est un moyen."

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