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On évoque parfois le livre à emporter sur une île déserte... en réalité la question qu'il faudrait se poser est : " Et si je ne devais en lire qu'un ? "COMPRENDRE L'EMPIRE" d'Alain Soral est la synthèse de tout ce que l'on peut retenir de ce triste siècle... car pour savoir il faut déjà comprendre, et une fois compris c'est un devoir de faire savoir.

#1  12 Aug 2011 10:27:21

tobeor
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Et s'il était déjà trop tard…

"Il est déjà trop tard" : l'espèce humaine devrait s'éteindre ce siècle

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Et s'il n'y avait plus rien à faire pour sauver l'humanité ? S'il était déjà trop tard ? The Australian rapporte une interview bien pessimiste du célèbre scientifique australien Frank Fenner. Pour lui, nous avons déjà scellé le destin de l'Humanité : dans moins de 100 ans, les sociétés humaines ne seront plus...

Dans une interview accordée au quotidien national The Australian, et publiée le 16 Juin 2010, Frank Fenner, professeur émérite de microbiologie à l'Université nationale australienne, prédit la disparition de l'Humanité dans les 100 prochaines années.

Ce mauvais augure pourrait prêter à sourire, mais le scientifique de 95 ans a une carrière impressionnante : Membre de l'Académie des sciences australienne et de la Royal Society, son travail a été récompensé par de nombreux prix et il est l'auteur de centaines de textes scientifiques. Il a notamment été impliqué dans la disparition du virus responsable de la variole et dans la lutte contre la surpopulation de lapins en Australie via l'introduction volontaire du virus de la myxomatose dans les années 50.

Officiellement en retraite depuis des dizaines d'années, ce scientifique renommé poursuit toujours ses travaux de recherche et ses écrits, en se déplaçant quotidiennement à l'institut de médecine John Curtin de l'Université nationale australienne, dont il fut directeur de 1967 à 1973.

Sa compréhension approfondie de l'évolution des espèces n'a jamais entamé sa fascination pour l'observation sur le terrain. Du niveau moléculaire aux planètes, Frank Fenner s'intéresse à tous les écosystèmes. Il a commencé à publier ses premières études environnementales au début des années 70 lorsque l'impact des sociétés humaines sur notre planète devenait problématique.

De quoi inspirer confiance, ou au moins de l'intérêt pour ses déclarations.

"Nous allons disparaître. Quoique nous fassions maintenant, il est trop tard"

Cette affirmation de Frank Fenner a de quoi inquiéter, d'autant plus qu'il ne s'agit pas d'une vision sur des millions d'années mais d'une prédiction pour le siècle en cours !

Pour Frank Fenner et d'autres scientifiques reconnus comme Paul Crutzen, prix Nobel de chimie, la Terre est entrée dans une nouvelle époque géologique, l'Anthropocène, depuis 1800 avec la révolution industrielle et l'exploitation massive des combustibles fossiles. Cette nouvelle époque géologique succèderait à l'Holocène débuté il y a dix mille ans.
Bien que non officielle sur l'échelle des temps géologiques, l'Anthropocène a été admis dans la terminologie scientifique et correspond au moment où les Hommes ont pu rivaliser avec les forces de la nature dans la capacité à modifier l'écosystème de la Terre.

En effet, nos activités réchauffent le climat planétaire d'une ampleur aussi importante que les grands cycles naturels et nous entamons la sixième extinction massive de la biodiversité, avec une vitesse sans doute plus rapide encore que celle qui a conduit, il y a 65 millions d'années, à l'extinction des dinosaures suite à la chute d'un astéroïde, comme le souligne Eric Lambin, membre de l'Académie des sciences des Etats-Unis(1)...

L'explosion démographique en cause : "il y a déjà trop de monde"

A l'origine de ces déséquilibres planétaires qui menacent la survie même de l'Humanité, Frank Fenner incrimine l'explosion démographique et la "consommation effrénée".

Selon l'ONU, le nombre d'humains devrait dépasser 6,9 milliards cette année(2). Vu l'inertie de nos sociétés et décideurs politiques sur l'urgence et l'importance des mesures à prendre pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, Fenner demeure pessimiste : "Nous allons subir le même sort que les personnes sur l'île de Pâques. Le changement climatique ne fait que commencer. Mais nous pouvons déjà voir des changements remarquables dans la méteo."

"Les Aborigènes nous ont montré qu'en l'absence de science et d'émissions de dioxyde de carbone responsables du réchauffement climatique, ils pouvaient survivre pendant 40 000 à 50 000 ans. Mais notre monde ne le peut pas. L'espèce humaine est susceptible de prendre le même chemin que beaucoup d'espèces que nous avons déjà vu disparaître." déclare t-il dans son interview.

"Homo sapiens devrait disparaître, peut-être dans 100 ans", dit-il. "Un grand nombre d'autres animaux également. C'est une situation irréversible. Je pense qu'il est trop tard. J'essaie de ne pas trop le dire car il y a des gens qui essaient de faire changer les choses. Les efforts de réduction ralentissent un peu les choses, mais il y a déjà trop de monde [sur Terre]" ajoute -til.

L'explosion démographique et ses corollaires : la boulimie énergétique, productiviste et consumériste mènent l'humanité à sa perte. Ce constat, tabou, est pourtant de plus en plus partagé par certains scientifiques et de plus en plus évoqué, mais étouffé par les sceptiques sur le changement climatique et une partie des personnes croyantes pour qui la reproduction est une recommandation divine, souligne Frank Fenner.

Un peu d'optimisme avant le naufrage de l'Humanité ?

Stephen Boyden, collègue et ami de Fenner, pense qu'il y a un profond pessimisme chez certains écologistes, mais que d'autres sont plus optimistes : "Frank a peut-être raison, mais certains d'entre nous nourrissent encore l'espoir que la situation entraînera une prise de conscience et, par conséquent, les changements révolutionnaires nécessaires pour atteindre la durabilité écologique".

Stephen Boyden ajoute : "C'est là que Frank et moi sommes différents. Nous sommes tous deux conscients de la gravité de la situation, mais je n'accepte pas qu'il soit forcément trop tard. Bien qu'il y n'ait qu'une lueur d'espoir, cela vaut la peine de résoudre le problème. Nous avons la connaissance scientifique pour le faire, mais nous n'avons pas la volonté politique."

A ce titre, Frank Fenner a ouvert le 23 juin 2010 le symposium "Healthy Climate, Planet and People"(3) à l'Académie australienne des sciences. Cette conférence vise justement à combler le fossé entre la science et les politiques environnementales.

En conclusion de son interview, Frank Fenner, qui a pourtant eu l'honneur d'annoncer l'éradication mondiale de la variole à l'ONU en 1980, contemple avec dépit le chaos de l'espèce humaine au bord de l'extinction de masse : "Les petits enfants des générations actuelles vont être confrontés à un monde beaucoup plus difficile..."

Notes
La Terre sur un fil, Eric Lambin - Le Pommier, 2010
Une population de 9 milliards de terriens en 2050... - notre-planete.info, 04/2009
Healthy Climate, Planet and People- Fenner conference 2010 - ANU
Source
Frank Fenner sees no hope for humans -The Australian, 26/06/2010

Source
http://www.notre-planete.info/actualite … umaine.php


"Etre dans le doute, c'est déjà être résolu." - William Shakespeare

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#2  13 Aug 2011 09:36:48

tobeor
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Re: Et s'il était déjà trop tard…

2030 : l'agonie de nos sociétés ?
12 août 2011

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"Le temps est révolu où l'on pouvait se permettre de ne penser qu'à soi, qu'à sa communauté restreinte. Désormais, il nous est impossible d'ignorer tout ce qui nous lie et les responsabilités que cela suppose. Nous sommes plus de six milliards sur Terre, et il n'y aura pas de développement durable si nous ne parvenons pas à vivre ensemble". Yann Arthus Bertrand (6 Millions d'autres)

Cette phrase de bon sens de l'explorateur des extrêmes, Yann Arthus Bertrand, est en fait un voeu pieux. Toutes les hypothèses montrent que nous allons vers un monde de plus en plus incertain. Un monde de Hobbes : « Homo lupus homo », « l'homme est un loup pour l'homme ». Nous allons montrer que l'homme est un prédateur qui ne sait pas s'arrêter.

Etat des lieux de la planète

Si on pouvait réduire la population de la terre à un « village planétaire » d'exactement 100 personnes, en conservant tous les ratios humains, cela ressemblerait à ça : 60 Asiatiques (dont 20 Chinois et 17 Indiens), 14 Américains (Nord et Sud), 13 Africains, 12 Européens et un demi Océanien. 52 femmes, 48 hommes, 70 non-blancs et 30 blancs, 48 vivent dans le village, 52 sont éparpillés dans la campagne.(1)

En 2000, les USA/Canada consommaient 2,555 milliards de tep/an pour 302 millions d'habitants soit 8 tep/hab/an. L'Europe de l'Ouest, 1, 6 milliard de tep pour 385 millions d'habitants soit 4,31 tep/hab/an. La Chine 1,23 milliard de tep/an pour 1,26 milliard d'habitants soit 0,98 tep/hab/an! Enfin, l'Afrique consomme 480 millions de tep/an pour 760 millions d'habitants soit 0,6 tep/hab/an.

6 personnes possèdent 59% de la richesse mondiale, tous les 6 sont des États-Unis. 50 habitants du village vivent avec 2 dollars par jour. 25 vivent avec 1 dollar par jour. 15 produisent plus de la moitié des rejets de CO2 du village. 25 consomment trois quarts de l'énergie totale, les 75 autres consomment eux, le dernier quart de l'énergie. 17 n'ont ni services médicaux, ni abri adéquat, ni eau potable. 50 souffrent de malnutrition, 70 sont analphabètes, 80 personnes vivent dans un logement de mauvaise qualité, 20 contrôlent 86% du PNB et 74% des lignes téléphoniques. 11 habitants utilisent une voiture et sans doute 20 d'ici 20 ans. 20 disposent de 87% des véhicules et de 84% du papier utilisé. 9 ont accès à l'Internet. 1 (oui, seulement 1) à un niveau d'études universitaire. 1 meurt et 2,3 enfants naissent chaque année.

Et en 2030 ?

Justement, le « village planétaire » comptera 135 habitants en 2030. Même si nous ne pouvons prédire des événements futurs précis, il est tout à fait possible d'identifier les tendances et les développements à venir susceptibles d'avoir un impact important sur notre futur. Le passé et le présent ne peuvent être modifiés. Seul le futur est malléable. En 2030, malgré toutes les études concernant les changements climatiques, les scénarii de l'Agence internationale de l'énergie du Conseil mondial de l'énergie prévoient que les énergies fossiles continueront à dominer le bilan énergétique. La part des énergies renouvelables ne dépassera pas les 10%. On prévoit un retour du charbon et du nucléaire ! Malgré ses inconvénients, il continuera à faire partie des bilans énergétiques de beaucoup de pays industrialisés, malgré, en définitive, « la fausse émotion après Fukushima ». Mieux encore, le parc de voitures qui est actuellement de 800 millions de voitures dont le 1/3 est aux Etats-Unis, doublera à cette échéance. L'Américain est responsable de l'envoi dans l'atmosphère de 20 tonnes de CO2 contre 900 kg en Inde et beaucoup moins en Afrique. Pour rappel, en moyenne les 6,5 milliards de Terriens envoient dans l'espace 25 milliards de tonnes de CO2. En Algérie nous sommes responsables de près de 100 millions de tonnes annuellement. C'est beaucoup pour ce que nous en faisons.

En 2030, le groupe des cinq plus grosses économies de la planète sera, quoi qu'il en soit, constitué par les États-Unis, la Chine, le Japon, l'Inde et l'Allemagne. La pression sur les sources d'énergie sera encore plus forte qu'aujourd'hui. Le pétrole restera l'énergie la plus demandée et représentera comme aujourd'hui 35% de la consommation totale d'énergie. Celle du charbon croîtra dans des pays émergents comme l'Inde ou la Chine, qui utilisent ce minerai. L'énergie nucléaire déclinera en Europe mais pas en Asie ; la Chine compte en installer plus de 50 000 MWe.

La hausse des températures et la baisse de la pluviométrie concerneront surtout les régions arides et semi-arides comme le Moyen-Orient, la Corne de l'Afrique, l'Afrique du Nord, le sud de l'Afrique, le nord-ouest de la Chine et l'Asie centrale. Si tout le monde consommait comme un Américain, il nous faudrait 5 planètes ! Chaque année nous dépassons le « overshoot day », le jour du dépassement, plus tôt dans l'année en 2010 c'était le 20 août, en 2011 c'est dans 15 jours... C'est-à-dire que nous avons consommé en sept mois et 10 jours ce que Dame Nature dans son infinie bonté a mis à notre disposition pour une année ! Nous vivons donc en «sur-régime» par rapport aux ressources de la planète. C'est comme si on avait actuellement 1,3 planète ! Ce crédit nous allons le payer en perturbations climatiques. De ce fait, nous mettons gravement en péril les générations futures. Leur avenir se décide ici et maintenant, car nous n'avons pas de planètes de rechange.

Pour Ray Hammond Six facteurs majeurs de changement façonneront le monde en 2030: il y a d'abord l'explosion de la démographie mondiale et les modifications de démographies sociétales. Les changements climatiques et environnementaux, la crise énergétique à venir, la globalisation croissante, l'accélération du développement exponentiel de la technologie. Bien d'autres facteurs influeront sur la vie humaine et la société dans les pays développés et les pays en voie de développement d'ici un quart de siècle, mais ces six facteurs sont de loin ceux qui auront l'impact le plus déterminant.(2)

On le voit, l'auteur pense que la mondialisation sera toujours là, nous n'en sommes pas convaincus. Tout est structuré par l'énergie, certes, il y aura du pétrole, il sera cher, tout le monde ne pourra pas se le permettre, il pourra même être arraché par la force. Justement, les guerres vont structurer durablement le paysage planétaire. S'y ajouteront les conflits de civilisation savamment entretenus par une mondialisation -laminoir qui continuera à broyer les identités et les spiritualités ; ce sera la guerre de tous contre tous. Une nouvelle humanité d'esclaves permettra aux empires (occidental, et asiatique) de se faire la guerre par peuples faibles interposés. Trois types de guerres vont structurer le futur, les guerres pour les matières premières, les guerres pour l'eau et les guerres pour la nourriture dans un environnement climatique de plus en plus hostile. En 2030, le monde sera plus interdépendant et plus interconnecté. Les bienfaits ne profiteront qu'aux pays avancés. De plus, le monde sera encore plus inégal donc, potentiellement plus instable et plus conflictuel. L'inégalité dans la distribution de la richesse continuera de se creuser. La religion restera un facteur important dans les comportements et les attitudes sociales mais son impact sur la vie publique ne devrait pas beaucoup changer. L'Afrique et le Moyen-Orient vont demeurer des régions d'instabilité chronique à l'horizon 2025-2030, avec de nombreux risques d'exacerbation du fait des évolutions démographiques, climatologiques et économiques. Le Produit intérieur brut de la Chine devrait tripler d'ici à 2025-2030. L'Inde deviendra la quatrième puissance économique mondiale. La fin du pétrole bon marché est avérée. Le baril à trois cents dollars n'est plus un mythe. Le Nord pompe à tour de bras depuis près de cent cinquante ans, et le Sud aspire logiquement à le rejoindre. Le problème pour les pays industrialisés est de convaincre les Indiens et les Chinois que leur niveau de vie va s'arrêter à 1500 dollars par habitant, pendant que eux, les riches, sont à 30 000 dollars. Qui se soucie en fait, des populations les plus vulnérables, de celles qui, par centaines de millions, seront les premières victimes d'un pétrole toujours plus cher, qu'elles ne pourront plus s'offrir ? Qui se soucie des futurs réfugiés écologiques ; après avoir connu les réfugiés politiques, puis les réfugiés économiques ; voici venir le temps des réfugiés écologiques.

Comment se préparent les pays à ce rendez-vous avec l'inconnu ?

La dépendance de l'Occident envers les importations d'énergie augmente. Les importations, dont certaines sont en provenance de régions menacées d'insécurité, pourraient passer de 50% aujourd'hui à 70% dans 20 ans. La demande mondiale d'énergie augmente, surtout la demande des pays d'Asie en très forte croissance (Chine, Inde...). Les prix du pétrole et du gaz sont en hausse, et devraient se maintenir à des niveaux élevés. Le pic pétrolier est dépassé. Les réserves en uranium ne sont pas infinies. Elles se situent autour d'une soixantaine d'années, compte tenu des consommations et des réserves connues actuelles. Il existe un risque de changement climatique, si l'on ne développe pas des énergies alternatives aux énergies fossiles. Le livre vert indique que des investissements en capacités de production d'énergie pour les vingt prochaines années sont de l'ordre de 1000 milliards d'euros, en Europe, pour faire face au vieillissement des infrastructures.

Préparer la France à vivre avec quelques degrés de plus, voilà l'objectif de ce plan sur 5 ans, premier du genre en Europe. Pour anticiper les effets inéluctables du réchauffement climatique prévu d'ici la fin du siècle, la France va se doter d'un plan national d'adaptation décliné en plus de 230 mesures et présenté par la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. « Le changement climatique ne faisant aucun doute, l'incertitude qui plane encore sur son ampleur ne doit pas empêcher l'action ». Hausse des températures, sécheresses plus intenses et plus fréquentes, baisse des précipitations estivales ou encore fonte des glaciers sont attendues dans les prochaines décennies. Pour le seul exemple de l'eau, le plan reprend l'idée d'une réduction de la consommation de 20% d'ici 2020, par des aides pour récupérer l'eau de pluie, réutiliser les eaux usées traitées, ou encore mieux détecter les fuites sur les réseaux d'approvisionnement en eau potable. Ces dernières sont actuellement responsables de 25% des pertes de ce précieux élément naturel.(3)

L'eau est un élément majeur dans la vie, son utilisation est variable. Les estimations, quant à la quantité d'eau nécessaire pour l'agriculture US, sont données par le professeur Pimentel, de l'Université de Cornell pour 1 kilo de pommes de terre : 500 litres d'eau, pour 1 kilo de blé : 900 litres d'eau, pour 1 kilo de fourrage : 1000 litres d'eau, pour 1 kilo de maïs : 1500 litres d'eau, pour 1 kilo de riz : 1 900 litres d'eau, pour 1 kilo de soja : 2000 litres d'eau, pour 1 kilo de viande de boeuf : 100-300 litres d'eau.(4)

De même, s'agissant de l'énergie, la quantité de pétrole en litres est la suivante : prendre un bain par jour pendant un an nécessite 1180 litres. Chauffer un appartement de 80 m² pendant un an : 1600 l, parcourir 15 000 km en voiture (moyenne) : 1260 l, la production sous serre d'un kg de poivron, 0,6 l, la production d'un kg de poulet: 0,2 l, la production d'un kg d'agneau: 7,9 l, une paire de chaussures de sport de jogging: 6l, 1 litre de détergent en bouteille plastique: 0,5 l, 1 ramette de papier (500 feuilles, 80 g/m²): 2,8 l, un pneu: 27 l, un ordinateur: 612 l, un voyage Alger-Paris: 1300 l, un kilomètre d'autoroute: 60 000 l. Les camions, les bateaux ou les avions ne polluent pas dans les mêmes proportions. Pour une tonne d'aliments transportée sur un kilomètre, un bateau émet entre 15 et 30 grammes de CO2, un camion entre 200 et 450 grammes et un avion entre 500 et 1 600 grammes. La pénurie inéluctable d'énergie imposera de consommer local. L'aviation sera un luxe.

Conclusion

Un réchauffement de 2°C d'ici la fin du siècle équivaudrait à un déplacement de près de 360 km vers le Nord : la plupart des ensembles forestiers sont incapables de migrer spontanément à cette vitesse virtuelle de 10 cm/jour. De plus, nous exploitons un « stock fini » de matières premières qui s'épuisera bientôt, croissance aidant. La pénurie nous guette, et plus vite qu'on ne le croit : dans trente ans, il ne restera plus de pétrole; dans 60 ans, plus de gaz naturel ; avant la fin du siècle plus d'uranium. La seule solution c'est d'aller vers la sobriété énergétique en évitant tout ce qui est superflu et en revoyant fondamentalement le paradigme consommation d'énergie - niveau de vie.

La nature est la première victime de la gabegie des hommes. Beaucoup d'écosystèmes sont à l'agonie. L'homme s'autorise à prendre la place de tous les autres êtres vivants, qu'il considère comme n'ayant aucun intérêt si elles ne lui sont pas directement utiles. Alors il tue, il pollue, il saccage.

« Si l'humanité continue sur sa lancée, la Terre de 2030 ne ressemblera plus à grand-chose. Beaucoup d'espèces auront disparu. Les derniers animaux sauvages sont traqués et se cachent au plus profond des quelques vraies forêts qui restent. Nous serons plus de 9 milliards à exercer une pression toujours plus constante sur l'environnement. Peu importe que le CO2 produit par les véhicules soit un puissant gaz à effet de serre. Certes, il restera quelques zones sauvages au Canada, en Sibérie, en Antarctique. Le climat se dérègle, c'est désormais une évidence. La situation géopolitique est tendue. Certains pays en développement vont vouloir se hisser au rang des puissances occidentales. L'affrontement risque de devenir inévitable. Le fossé séparant les cultures pourrait être trop large pour que la paix et la sécurité soient préservées. Si les ressources manquaient, qui sera le premier servi ? (...) La montée en puissance de l'individualisme et du libéralisme sauvage est évidente. Que va devenir la solidarité au milieu de cette jungle qu'on nous construit. Les images des enfants mourant de faim à la télé ne nous choquent plus. Nous ne nous soucions pas de l'humanité en général ».(5)

Le drame est que rien ne semble arrêter la course mortelle à la croissance sans laquelle nos brillants économistes sont incapables d'échafauder la moindre perspective d'évolution vers un autre modèle économique. Et nous les citoyens, malgré les efforts de nos gestes écologiques dérisoires, emportés par ce maelström infernal, assisterons au désastre avec cet insupportable sentiment d'impuissance.

Les tensions de tous ordres et le désordre économique et social apparaîtront sans doute bien avant avec la disponibilité décroissante du pétrole que nous ne parviendrons pas à compenser en temps voulu par les autres sources d'énergies. Même en misant tout sur une substitution du pétrole par le charbon et ses dérivés liquides, même en ayant recours massivement au nucléaire avec tous les inconvénients créés par ces deux sources d'énergies, elles seront très insuffisantes pour compenser le déficit d'énergie laissé par le pétrole. Ne parlons pas des énergies dites renouvelables qui plafonneront autour de 10%, dans le meilleur des cas, d'ici à 2030. Nous n'aurons ni le temps ni les moyens financiers pour réussir une mutation nécessaire des infrastructures, le tout dans un climat de crise financière et de récession économique engendrée par le coût croissant et la réduction physique de l'énergie disponible. Et ceci sans compter avec la facture à payer des désordres écologiques et climatiques qui en résultera. Facture qui sera soldée en premier par les variables d'ajustement que sont les peuples harassés du Sud qui auront à combattre l'errance climatique et la faim.

Au lieu de l'appel de Yann Arthus Bertrand, la sentence de Lamarck en véritable visionnaire qui prévoyait, il y a deux siècles, le chaos à venir est d'une brûlante actualité : « L'homme, par son égoïsme trop peu clairvoyant pour ses propres intérêts, par son penchant à jouir de tout ce qui est à sa disposition, en un mot, par son insouciance pour l'avenir et pour ses semblables, semble travailler à l'anéantissement des moyens de conservation et à la destruction même de sa propre espèce... » Triste sort pour l'humanité dans moins d'une génération !

Phillip M Harter de Stanford, actualisée par les Humains Associés - 2003
Ray Hammond: Le Monde en 2030, par Kathryn Walton Ward, Editions Yago 2008
Cyrille Souche - La France présente et l'adaptation au changement climatique 20.07.2011
Pr Pimentel, Ecological Integrity: Integrating Environment, Conservation and Health (Island Press, Washington DC, 2001).
5. Le monde de 2030
Auteur
Chems eddine Chitour / Professeur Ecole Polytechnique Alger Ecole d'IngénieursToulouse


Source
http://www.notre-planete.info/actualite … cietes.php


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#3  13 Aug 2011 19:38:22

Max
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Re: Et s'il était déjà trop tard…

Pardonne mon ignorance tobe, mais c'est quoi des TEP? : En 2000, les USA/Canada consommaient 2,555 milliards de tep/an pour 302 millions d'habitants soit 8 tep/hab/an. L'Europe de l'Ouest, 1, 6 milliard de tep pour 385 millions d'habitants soit 4,31 tep/hab/an. La Chine 1,23 milliard de tep/an pour 1,26 milliard d'habitants soit 0,98 tep/hab/an! Enfin, l'Afrique consomme 480 millions de tep/an pour 760 millions d'habitants soit 0,6 tep/hab/an.


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#4  14 Aug 2011 10:21:50

tobeor
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Re: Et s'il était déjà trop tard…

sourire

L’unité officielle d’énergie est le Joule (J) mais, parce que le pétrole est l'énergie dominante, les énergéticiens utilisent la tonne d'équivalent pétrole (tep) ou quelquefois la tonne d'équivalent charbon (tec).

Source
Unités de mesure
http://www.outilssolaires.com/Glossaire … unites.htm


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#5  15 Aug 2011 04:39:51

Max
Mythe
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Re: Et s'il était déjà trop tard…

C'est qui qui va s'endormir moins con ce soir?! Hein? C'est le Max, si, si! gnarf


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#6  19 Aug 2011 16:30:18

tobeor
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Re: Et s'il était déjà trop tard…

Les petits hommes verts pourraient ne pas supporter nos gaz à effet de serre
19/08/2011

http://nsa28.casimages.com/img/2011/08/19/110819043705119691.jpg



Et si les extraterrestres étaient des écolos convaincus? Des scientifiques de la Nasa estiment qu'ils pourraient décider de s'attaquer à la Terre s'ils apercevaient une modification trop importante de notre atmosphère...

Et si la principale raison de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, était de se prémunir contre une attaque extra-terrestre? De très sérieux scientifiques de la Nasa et l’Université de Pennsylvanie affirment dans le Guardian que ce scénario, qu’ils jugent tout de même «peu probable», est plausible. Un changement de l’atmosphère terrestre serait en effet visible depuis l’espace, et une vie extra-terrestre pourrait considérer cela comme une menace, car symptomatique d’une civilisation dont l’expansion deviendrait «hors de contrôle». Elle pourrait alors prendre des mesures drastiques pour enrayer cette menace.

Les auteurs de cette étude ont dressé  différents scénarios en cas de rencontre entre les humains et des extra-terrestres. Ils avertissent que ces derniers pourraient se méfier de civilisations qui se développent très rapidement, car elles pourraient détruire la vie d’autres civilisations. Les humains ne sont-ils pas déjà responsables d’extinctions d’espèces sur la terre, rappellent les scientifiques.

Dans un de leurs scénarios, le plus extrême, ils estiment que les aliens pourraient procéder à des frappes préventives pour se prémunir. Et de mettre en garde sur le fait que nous pourrions être entrés  dans la période où cette expansion serait détectable, via les émissions de gaz à effet de serre.

Ce scénario devrait «nous donner des raisons de limiter notre croissance et de réduire notre impact sur les écosystèmes» alertent les scientifiques. Plus que jamais notre survie est en jeu.

Source
http://www.20minutes.fr/article/772402/ … ffet-serre


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#7  20 Aug 2011 10:14:14

tobeor
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Re: Et s'il était déjà trop tard…

… suite…

Les extraterrestres pourraient nous détruire si nous ne sommes pas plus écolos

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Des scientifiques de la NASA pensent que les extraterrestres seraient enclins à nous exterminer s’ils nous trouvaient, en raison du développement avancé de notre civilisation et du sort que l’on réserve à notre planète, selon le quotidien anglais The Guardian.

Dans un rapport publié en avril dernier («Est-ce que le contact avec des extraterrestres serait bénéfique ou mauvais pour l’humanité? Analyse des différents scénarios»), des chercheurs de la NASA, de l’université de Pennsylvanie, expliquent que si des petits «aliens verts» observaient en ce moment les changements dans l’atmosphère terrestre et la quantité de CO2 que nous émettons, ils se diraient que nous avons perdu le contrôle et que nous constituons une menace pour d’autres civilisations.

Dans ce rapport, ils distinguent trois types de «prise de contact» avec d’éventuels extraterrestres. D’abord, une prise de contact bénéfique, dans la mesure où la découverte d’une vie extraterrestre marquerait le début d’une grande coopération interplanétaire et accélérerait la marche du progrès.

Ils envisagent aussi une «prise de contact» neutre: les extraterrestres sont trop différents de nous, aucune communication n’est possible et par conséquent aucune coopération ne se met en place.

Enfin, la troisième prise de contact possible serait mauvaise pour l’humanité. Outre le fait que les extraterrestres peuvent vouloir nous manger, ou encore nous transformer en esclaves, le rapport souligne qu’ils peuvent aussi nous transmettre involontairement des maladies, ou pratiquer des expériences physiques qui rendent notre galaxie inhabitable.

Les auteurs avancent même que l’humanité pourrait constituer une menace, et que dans le scénario le plus extrême, les extraterrestres décideraient alors d’en finir avec «les humains»:

«Une attaque préventive est très probable dans les premières phases de notre expansion parce que notre civilisation va devenir de plus en plus dure à détruire. L’humanité peut maintenant entrer dans une phase de rapide expansion facilement détectable par des extra-terrestres, car notre développement modifie la composition de l’atmosphère.»

Ainsi, selon les auteurs du rapport, est-il essentiel de «limiter notre croissance et de réduire notre impact sur les écosystèmes». Ils notent aussi qu'il est assez imprudent d'envoyer plein de messages contenant des informations sur notre constitution biologique dans l'univers avec l'espoir d'obtenir une réponse: il faudrait se contenter d'envoyer des codes mathématiques «avant d'avoir une meilleure idée du genre d'extraterrestres auquel on devra faire face».

Néanmoins, comme le rappelle  l'article de Discovery News, il faut bien garder à l'esprit que cette typologie des «prises de contact» est très anthropocentrique et que toute étude sur les extraterrestres ne peut reposer pour l'instant que sur des expériences humaines.

Source
http://www.slate.fr/lien/42611/extrater … ains-ecolo


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