Archives et Dossiers Secrets

Devenez rédacteurs et soyez édités sur les secrets d'état, d'histoire et de géopolique

Vous n'êtes pas identifié.

Annonce

Archives et Dossiers Secrets c'est terminé. Le blog est en "lecture seule", témoignage de l'excellence de cette expérience. Toute l'équipe d'ADS remercie la Rédaction de la maison d'Edition Export Press et l'animateur radio Jean Claude Carton pour leur soutien sans faille. Nous vous invitons à éteindre vos télés, allumez vos cerveaux et prenez désormais vos informations sur CONTRE INFO.COM

MERCI ...

aux administrateurs et modérateurs : Carthoris, House, Hieronymus, Tobeor, Keats, Pégase, Meryl, Ressac, Organik, Neo Trouvetout et Jean Luc... aux rédacteurs : John Lloyds, Infomystères, Monsieur Mondialisation, Sylv1, Pégase, Hieronymus, Stefnou, Pierre Valcourt et Nolan Romy... aux membres : Apollo, Bob Rekin, Boris, Cosmos, Crystelle, Dread, Eddymdf, Fredolenray, Garf, GrandPas, Herveboy, Jay-k, Jean Claude Carton, Max, Marius, l’Hermite, Mike7917, Michel Thys, Nanouche, Non666, Phantom, Raphaël Charles, Psd503, Saint Just, Sopalin, Succube, Thx428, Tissou, Vitriol/Patrick Burensteinas, Voyageur, Adidier, Arckangel, Aries, Asse42, Logos, Nostalgeek, Rigel, Sergueï... et aux 32 sites partenaires qui nous référencent.
On évoque parfois le livre à emporter sur une île déserte... en réalité la question qu'il faudrait se poser est : " Et si je ne devais en lire qu'un ? "COMPRENDRE L'EMPIRE" d'Alain Soral est la synthèse de tout ce que l'on peut retenir de ce triste siècle... car pour savoir il faut déjà comprendre, et une fois compris c'est un devoir de faire savoir.

#1  1 Jun 2011 13:25:23

Carthoris
Administrateur
Date d'inscription: 12 May 2010
Messages: 2573

Le Comte Saint-Germain

LE COMTE DE SAINT GERMAIN

L'homme, vêtu de noir pour mieux mettre en valeur ses diamants, se flatte d'avoir tutoyé le Christ et d'avoir négocié avec Jules César. Sous les yeux du fameux Casanova, il change en or une pièce de cuivre. Il séduit Louis XV en lui livrant la clé d'une mystérieuse disparition. Est-il immortel, ce comte de Saint-Germain,  dont le tombeau est  aujourd'hui vide !

Vers 1700, les habitants de la petit rue de l'Hirondelle, à Paris, s'inquiètent d'un propriétaire aux moeurs étranges. Il y a quelques années, maître Dumas est devenu brutalement très riche. Depuis, il ne va plus à l'église et s'enferme des heures entières dans une sorte de laboratoire secret, où même sa femme ne va pas.
On l'a remarqué, tous les vendredis, vers 3 heures de l'après-midi, un horrible petit bonhomme noir, juché sur une invraisemblable haridelle, vient lui rendre visite. Le petit bonhomme attache sa monture, qui porte sur la croupe une hideuse blessure, devant la demeure de maître Dumas et monte directement dans le laboratoire, qui se trouve au grenier. Personne ne connaît l'identité de cet homme. Le 31 décembre 1700, le petit bonhomme se présente bien plus tôt. Il est 10 heures du matin quand il grimpe jusqu'au grenier. Vers midi, il repart. Vers 5 heures, la femme de maître Dumas s'inquiète de ne plus entendre son mari. Quand elle force la porte du laboratoire, la pièce est vide. Maître Dumas s'est volatilisé !
La police fait fouiller la maison et sonder tous les murs. En vain. Toute la ville commente cette inquiétante disparition. On en parle même à la Cour, où le marquis de Villeret raconte l'anecdote au jeune Louis XV, qui n'est encore qu'un enfant, mais qui sera impressionné au point d'en reparler pendant des mois.

http://carthoris.free.fr/Images/Comte%20St%20Germain%2001%20-%20Portrait.jpg Cinquante-huit ans plus tard, un curieux gentilhomme capte tous les regards de la cour de France. Il se fait appeler Comte de Saint-Germain, mais l'on ignore son vrai nom. En a-t-il un, d'ailleurs, lui qui prétend détenir le secret de l'immortalité et posséder quelques dons, comme celui de voyance ? Pour ce qui est de l'immortalité, la vieille comtesse de Vergy raconte une étrange histoire. La première fois où le nom du comte a été annoncé, elle a tressauté : elle se souvenait fort bien d'avoir entendu ce nom-là, une cinquantaine d'années plus tôt, à Venise, où le comte de Vergy était ambassadeur. S'agissait-il du père du comte ? « Non, de moi-même », lui aurait répondu le gentilhomme, qui se souvenait, à son tour, de la belle jeune femme. qu'était la comtesse de Vergy. Stupéfaite, celle-ci lui lance : « Mais, vous auriez au moins cent ans ! » Et le comte de Saint-Germain aurait répliqué : « Ce n'est pas impossible, madame, je suis peut-être plus vieux qu'il n'y paraît. » Beaucoup d'histoires de ce genre circulent sur le comte quand on le présente au roi, à Versailles. Louis XV a soudain l'idée de lui soumettre le cas de maître Dumas, qui est toujours dans sa mémoire. Première surprise : le comte de Saint-Germain demande au roi s'il s'agit bien du maître Dumas qui habitait rue de l'Hirondelle en 1700 ! Soit cinquante-huit ans plus tôt...
http://carthoris.free.fr/Images/Comte%20St%20Germain%2002%20-%20Pompadour.jpgLe roi est très étonné, mais il insiste. Le comte de Saint-Germain lui avoue sa réticence : « Sire, en dévoilant ce que je sais, je crains de vous exposer à certains dangers. » Le roi imposant sa volonté, le comte demande un plan de Paris, localise l'ancien hôtel de maître Dumas et se concentre en paraissant oublier tout ce qui l'entoure. Enfin, il murmure :« Sire, les ouvriers qui ont cherché maître Dumas étaient de très mauvais ouvriers. Dans un angle du laboratoire, près de l'entrée, il y a une trappe dans le parquet. Plusieurs lames mobiles recouvrent l'entrée qui mène à un caveau, par un escalier entre plancher et muraille. C'est là que notre homme s'est retiré. C'est là qu'il a avalé une puissante drogue et qu'il est mort. » Le roi l'interrompt : « Était-ce bien le diable qui venait le voir ? »
Le comte de Saint-Germain réplique : « Je crois plutôt que c'est maître Dumas qui allait voir le diable... Mais je ne peux en dire plus à Sa Majesté, à moins qu'elle ne se fasse rose-croix. Il y a là de terribles secrets ! »

Dès le lendemain, poussé par Mme de Pompadour qui protégeait le comte, le roi demandait l'ouverture d'une nouvelle enquête sur cette vieille affaire. Son lieutenant de police criminelle devait effectivement découvrir la trappe dont avait parlé le comte de SaintGermain, l'escalier secret, le caveau et, enfin, le corps (le maître Durnas, une coupe près de lui, dans laquelle se trouvait encore une houlette d'opium.
Tout ce que l'étrange personnage avait dit était vrai. Ses contemporains ne savaient quasiment rien de lui. Ni son pays d'origine, ni son vrai nom, ni même son âge. On trouve seulement sa trace à Londres vers 1743 et à Paris vers 1758, ainsi que chez le landgrave de Hesse en 1784, puisque c'est là qu'il a officiellement terminé sa vie. En fait, on devait le retrouver à une réunion maçonnique l'année suivante... Et les fouilles pratiquées dans son tombeau ont révélé que celui-ci était vide. L'inscription de la pierre continue à nous défier : « Celui qui se faisait appeler comte de Saint-Germain et Welldone et dont on ne sait rien de plus repose dans cette église. »
D'où pouvait-il venir ? On a pensé qu'il avait pu naître en 1710, à San Germano, et qu'il était le fils d'un percepteur. Eliphas Lévi, le grand occultiste du XIXe siècle, affirmait, de son côté, que le comte de Saint-Germain était né à Lentmeritz, en Bohême, à, la fin du XVII siècle et qu'il était le fils bâtard d'un noble rosicrucien déchu.


Une conférence Richard Khaitzine présentée par Etoiles du Coeur





http://carthoris.free.fr/Images/Comte%20St%20Germain%2005%20-%20Trinosophie.jpg La date avancée par Eliphas Lévi est vraisemblable et les convictions ésotériques du père pourraient expliquer les talents mystiques du futur « comte » et ses connaissances particulières dans les sciences occultes. Il est même possible que le comte ait été, par la suite, élevé à un très haut grade de l'Ordre des Rose-Croix. Certains auteurs ont même affirmé qu'il pouvait être Christian Rosenkreutz en personne, le fondateur de cette confrérie secrète, qui aurait ainsi trouvé le secret de l'immortalité. Une chose est sûre : le comte de Saint Germain était à la fois très doué et très riche. Il avait un don certain pour les langues et parlait couramment le français, l'anglais, le hollandais et le russe. Il affirmait en outre, parler le chinois, l'hindou et le persan. Sur sa richesse, plusieurs témoignages nous sont parvenus. Quand il commence à faire parler de lui, vers 1740, le comte de Saint-Germain a l'allure d'un homme qui aurait entre trente et quarante ans. Dans les salons de Vienne, ses vêtements attirent l'attention. Alors que ses contemporains s'adonnent à la soie colorée et aux rubans voyants, il ne porte que du noir. Sans doute pour rehausser l'éclat des diamants qu'il porte à plusieurs doigts, à son gousset et à sa tabatière. Chez lui, le diamant semble d'ailleurs être une passion : on raconte qu'il en a les poches remplies et qu'il s'en sert comme monnaie. Dans ses Mémoires, Mme de Pompadour affirme que le comte de Saint-Germain parvenait à fabriquer d'énormes diamants avec plusieurs petits et qu'il avait le pouvoir de faire grossir les perles. Casanova, qui l'a rencontré à plusieurs reprises, raconte que le comte de Saint-Germain lui a, un jour, demandé une pièce de cuivre de quelques sols qu'il a posée sur une sorte de graine noire ; il a soufflé dessus avec une pipette en verre et il a posé le tout sur un charbon ardent : une fois refroidie, la pièce était une pièce... d'or !

Bien entendu, on pourrait parler d'habile manipulation.
Le comte de Saint-Germain avait, en société, de curieuses manières : invité à un repas, il ne profitait pas des meilleurs plats et dînait d'eau minérale, ce qui lui permettait de parler du début du repas à la fin et, probablement, de mieux captiver ses auditeurs. Mais peut-être n'était-il que végétarien, une discipline de vie qui serait tout à fait compatible avec ses pouvoirs paranormaux incontestables. D'autres ont vu en lui un redoutable espion. S'il est vrai qu'il a été mêlé de très près aux affaires diplomatiques de son temps, a-t-il réellement usé de ses pouvoirs à des fins politiques ?

Si l'on se remémore les propos de Walpole, le comte de Saint-Germain ne porte pas ce titre par droit de lignée ou faveur royale. D'après Mme du Hausset, Louis XV semblait être dans la confidence de ses origines familiales, car " il ne souffrait pas qu'on parle du comte avec mépris et railleries. " Dans un autre passage, elle écrit que " le roi en parle quelquefois comme étant d'une illustre naissance. " Mme de Genlis, à qui Saint-Germain rendit de fréquentes visites, laisse entendre quant à elle qu'il était sans doute " le fils d'un souverain détrôné. " Par le recoupement d'autres témoignages, certains historiens sont tentés de voir en lui le fils bâtard de la reine Marie-Anne de Neubourg et de son amant l'Amirante de Castille. Cette liaison adultère était un secret de polichinelle à la cour de Madrid. Dans le tumulte entourant la succession au trône d'Espagne à la fin du XVIIe siècle, cet enfant illégitime aurait été caché, puis séparé de sa mère pour vivre sous plusieurs identités. Le comte de Saint-Germain raconta au détour d'une conversation avec Mme de Genlis que "tout ce qu'il pouvait dire sur sa naissance, c'est qu'à 7 ans il errait au fond des forêts avec son gouverneur, et que sa tête était mise à prix !". Confié à un puissant parent de la reine, le duc de Toscane peut-être, l'enfant aurait reçu sa haute éducation auprès du dernier des Médicis, et hérité ensuite des domaines de sa mère dans le Palatinat allemand. Cette hypothèse est bien sûr à prendre avec des pincettes, mais elle a au moins le mérite d'expliquer de façon plus rationnelle l'origine de sa fortune, et de mieux comprendre son besoin viscéral d'être admis parmi ses pairs ou des monarques. Faut-il donc voir une connotation symbolique dans le titre qu'il s'octroya ? Plusieurs indices poussent à la croire. Lorsqu'il se fixe en Allemagne à partir de 1777, le comte prend le nom de Welldone ou Weldon. A un ambassadeur de Frédéric II, il confie avoir pris auparavant le nom de Saint-Germain qui ne voulait rien dire d'autres que "Saint-Frère" (Sanctus Germanus). Pris dans son ensemble, le vocable sous lequel il se fit connaître peut même se traduire par compagnon (Comes) de la Sainte Fraternité. http://carthoris.free.fr/Images/Comte%20St%20Germain%2006%20-%20Initiation.jpg Dans un siècle qui voit éclore la franc-maçonnerie, ses liens avec les obédiences mystiques sont plus ou moins perceptibles. Au prince de Hesse, chez qui il termine ses jours "officiellement", il déclare peu de temps avant de mourir être " le plus ancien des maçons . " Le fantasque Cagliostro affirmait de son côté avoir été "l'aprrenti" de Saint-Germain. C'est dans la cellule romaine de ce même Cagliostro, que fut découvert l'ouvrage hermétique intitulé Très Sainte Trinosophie, aujourd'hui conservé à la bibliothèque de Troyes et attribué au comte de Saint-Germain. La fin du XVIIIe siècle, la plupart des loges maçonnes s'intéressent à l'alchimie sur un plan strictement spéculatif et symbolique. Certains textes portés au crédit de Saint-Germain, comme ce curieux Sonnet sur la création, montrent que sa recherche de la pierre philosophale vise au perfectionnement de l'âme et accessoirement, à la conservation optimale de l'aspect physique.Les registres de l'église d'Eckenförde, en Allemagne, renferment le procès-verbal suivant :
" Décédé le 27 février, enterré le 2 mars 1784, celui qui se donnait le nom de comte de Saint-Germain et Welldone, sur lequel on n'a pas d'autres renseignements, a été inhumé dans l'église de notre ville. " Un tel homme pouvait-il donc mourir ? Ses adeptes et détracteurs allaient se charger de le ressusciter en enrichissant sa légende.

Par P. Montaigut

Vers la fin de l'année 1745. Londres est prise d'une vertigineuse « fièvre de l'espionnage ». La grande révolte des jacobites vient d'être écrasée et la police voit partout des espions à la solde des jacobites et de leurs alliés français. Tout étranger est arrêté. S'il est Français, il est encore plus suspect. On arrête ainsi un homme, qui se trouve être en possession de lettres favorables aux Stuart. Horace Walpole a raconté l'événement : « l'autre jour. on arrêta un homme étrange qui se fait appeler comte de Saint-Germain. Il vit ici depuis plus de deux ans. mais il ne veut pas dire qui il est, ni d'où il vient. Il déclare que Saint-Germain n'est pas son vrai nom. Il chante et joue du violon merveilleusement. Il est fou et fait preuve de peu de bon sens. » Le comte de Saint-Germain se dira victime d'une machination et convaincra ses geôliers. Relâché, il quittera l'Angleterre pour une autre cour européenne. Les commentaires de Walpole nous éclairent peu sur la personnalité réelle d'un des hommes les plus étranges du XVIIIe siècle.

http://carthoris.free.fr/Images/Comte%20St%20Germain%2003%20-%20Laboratoire.png On l'a autant apprécié qu'on l'a détesté. Le comte Warnstedt l'a décrit comme « un charlatan, un sot, un écervelé, un beau parleur et un escroc de la pire espèce ». Par contre, le prince de Hesse-Cassel, son dernier protecteur, a cru voir en lui « peut-être le plus grand sage qui ait jamais existé ». Walpole parle de son talent de musicien. D'autres ont remarqué son talent de peintre. Pourtant, aujourd'hui, on ne connaît aucun de ses tableaux. Ils étaient célèbres, à cette époque, par les bijoux qu'ils représentaient et qui « brillaient de mille feux, comme s'ils avaient été réels ». Toujours les bijoux... Nous avons vu qu'il avait un goût prononcé pour les diamants. On sait également qu'il a conquis l'amitié de Louis XV en lui remettant en état un diamant qui avait un défaut. A Vienne, les comtes Zabor et Lobkowitz l'ont présenté au maréchal français de Belle Isle. Celui-ci est atteint d'une mystérieuse maladie. Il est guéri quasi instantanément par les soins du comte de Saint-Germain. Par reconnaissance, le maréchal introduira le comte à la cour de France. Là, cet étrange guérisseur parviendra à « ressusciter » une amie de la marquise de Pompadour, victime d'un empoisonnement par des champignons vénéneux. Il possédait également des talents de chimiste. Il était réputé pour ses recherches sur les couleurs et les teintures, qu'il mettait au point dans les différents laboratoires qu'on lui attribuait aux quatre coins de l'Europe du XVIIIe siècle.
Casanova, qui ne l'aimait pas et qui devait tenter de le desservir à plusieurs reprises, a pourtant laissé du comte de Saint-Germain un portrait nuancé : « Cet homme extraordinaire, roi des imposteurs et des charlatans, affirmait avec le plus grand sérieux qu'il avait trois cents ans, qu'il connaissait le secret de la Médecine universelle, qu'il possédait la maîtrise des éléments et qu'il pouvait faire fondre des diamants. Il se prétendait capable, avec dix ou douze diamants, d'en produire un de la plus belle eau. Tout ceci, affirmait-il, n'était pour lui qu'un jeu d'enfant. Malgré ses fanfaronnades, ses mensonges cousus de fil blanc et ses multiples excentricités, je ne peux pas dire que je le trouvais désagréable. Bien que je susse très bien à qui j'avais affaire et en dépit de mes propres sentiments à son égard, je le trouvai intéressant. »
En 1777, l'ambassadeur de Prusse à la cour de Dresde, le comte Alvensleben, écrivait au sujet du comte de Saint-Germain : « C'est un homme très doué, à l'esprit très vif, mais auquel on ne peut pas faire confiance. Il n'a gagné sa réputation qu'à force de flatteries et aussi de réelle éloquence. On ne peut que se sentir transporté par la ferveur et l'enthousiasme avec lesquels il s'exprime. Une vanité sans bornes est la base de sa personnalité ».

Tant d'avis différents sur une même personne étonnent vraiment. D'après plusieurs chercheurs contemporains, il se pourrait que le duc de Choiseul, qui détestait le comte de Saint-Germain et qui le considérait comme un agent double, ait tenté de le discréditer en employant un imposteur, nommé Gauve, qui ressemblait au comte de Saint-Germain et qui se livrait un peu partout à des excentricités néfastes à la réputation de celui-ci. Il faut avouer que la carrière magico-politique du comte est des plus sinueuses. Passons sur sa manie de raconter à quel point il avait bien connu la Sainte Famille, se liant d'amitié avec Anne, la mère de Marie, et considérant que le Christ finirait par « mal tourner », quand il n'exposait pas en détail le menu des fameuses noces de Cana auquelles il disait avoir participé !

http://carthoris.free.fr/Images/Comte%20St%20Germain%2004%20-%20Veronese.jpg



Occupons-nous plutôt des missions que lui aurait confiées le roi Louis XV auprès de différentes cours européennes. En 1760, le comte de Saint-Germain est à La Haye. Officiellement, il vient négocier un emprunt auprès de l'Autriche pour financer une nouvelle guerre contre l'Angleterre. C'est là qu'il rencontre Casanova et qu'il se met à dos le duc de Choiseul : celui-ci croit découvrir que Saint-Germain travaille en fait à une alliance entre l'Angleterre et la France ! 
- Convaincu de trahison, le comte de Saint-Germain s'enfuit en Angleterre, puis revient en Hollande.
- Il vit deux ans à la cour des Pays-Bas sous le nom de comte de Saint-Surmont et construit un laboratoire de chimie industrielle et d'alchimie. Il disparaît de la circulation après avoir réalisé un bénéfice de 100 000 florins.
- On le retrouve en Belgique, sous le nom de marquis de Montferrat. Il monte un nouveau laboratoire et disparaît une fois de plus.
- En 1768, on l'aperçoit a la cour de Russie, dans l'entourage de la Grande Catherine. La Turquie vient de déclarer la guerre à la Russie. Le comte exerce une telle influence sur la Cour qu'on le nomme conseiller du comte Orlov, le général en chef des armées impériales.
- Mieux : sous le nom de Welldone, il est fait général de ces armées. Apparemment. il ne recherche pas les honneurs et quitte la Russie après la défaite des Turcs, en 1770.
- En 1774, il apparaît à Nuremberg, pour convaincre Charles-Alexandre, le margrave de Brandebourg, de lui accorder une subvention nécessaire à l'ouverture d'un laboratoire. Puis le comte de Saint-Germain réclame la protection de Frédéric le Grand, ce qui permet à Choiseul d'affirmer perfidement que Saint-Germain a toujours travaillé pour le roi de Prusse. En fait, celui-ci se fait tirer l'oreille. Comme le comte de Saint-Germain s'est réclamé de la franc-maçonnerie. Frédéric, qui est grand maître des loges prussiennes- lui fait passer un test ésotérique : le comte feint d'avoir oublié les signes secrets. En 1779, il arrive à Eckernförde, en Allemagne, son dernier lieu de résidence connu. Il est alors un vieil homme de soixante-dix ans et il donne dans le mysticisme. Au prince qui l’accueille il adresse une déclaration exaltée :« Soyez la torche du monde. Si vous brillez seulement comme une planète, vous ne serez rien auprès du Créateur. Je vous réserve pour une splendeur que le lui-même enviera. Vous guiderez le cours des étoiles et vous commanderez ceux qui dirigent des empires. » C'est en principe à Eckernförde que cet étrange personnage s'éteindra, en février 1784.

En principe, car, en fait, le mystère ne fait que commencer. Le comte de Saint-Germain vient d'entrer dans la légende des grands inconnus de l'histoire. On affirme qu'il a assisté, un an après sa mort, à une réunion maçonnique tenue à Wilhelmsbad. D'autres l'ont vu en compagnie de Cagliostro, de Mesmer le magnétiseur ou du « philosophe inconnu », le fameux Louis-Claude de Saint Martin. Peu avant la Révolution, on prétend qu'il est aux côtés de Marie-Antoinette. Celle-ci, dans son journal, reconnaît que le comte lui a prédit les événements révolutionnaires, et regrette de ne pas avoir noté plus précisément ses propos. En 1789, le comte de Saint-Germain est aperçu à la cour de Suède, où il prévient le roi Gustav III des dangers qui le menacent. Il en profite pour rendre visite à une de ses amies, Mlle d'Adhémar, qui note dans son journal que le comte semble avoir toujours un peu plus de quarante ans. Il lui affirme d'ailleurs qu'elle doit le revoir cinq fois. Ce qui arrivera : la cinquième fois sera à la veille de l'assassinat du duc de Berry, en France, en 1822 !
La légende est si tenace que Napoléon III lance une commission officielle chargée d'enquêter sur le comte. Les résultats de cette enquête seront détruits dans l'incendie de l'Hôtel de Ville de Paris, en 1871. Un incendie qui ne serait pas forcément dû au hasard.
Depuis, de nombreuses sociétés ésotériques, comme les théosophes de Mme Blavatsky, ont inscrit le comte de Saint-Germain parmi leurs « maîtres à penser », au même titre que le Christ, Platon, Christian Rosenkreutz ou Bouddha. Périodiquement, en France ou en Europe, apparaît un individu qui se prétend comte de Saint-Germain. Le dernier en date, un Français très introduit dans le show-business, prétendait pouvoir changer du plomb en or à l'aide d'un camping-gaz ! Le tout sous les caméras de la télévision.
Le fameux comte réapparaîtra-t-il vraiment un jour prochain ? Plus le temps passe, plus les mystères qu'il a accumulés autour de lui s'épaississent…

Saint-Germain, personnage exceptionnel qui, amusé par les rumeurs, ne les a jamais démenties, reste dans l'histoire et dans la légende, car il symbolise le plus vieux rêve de l'homme: l'immortalité.

Sources :
Art: Le siècle du Comte St Germain Histoire sans Géo
et St Germain à travers les âges
Blog de Montegut-Bourjac
Conférences de Richard Khaitzine en 3 parties
Conclusion de Mystères du Monde


Toutes les opinions sont respectables, c'est vous qui le dites ! Moi je dis le contraire, c'est mon opinion respectez-là !

Hors ligne

 

Pied de page des forums

Propulsé par FluxBB
Traduction par FluxBB.fr
Adaptation graphique par FluxBinaire