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On évoque parfois le livre à emporter sur une île déserte... en réalité la question qu'il faudrait se poser est : " Et si je ne devais en lire qu'un ? "COMPRENDRE L'EMPIRE" d'Alain Soral est la synthèse de tout ce que l'on peut retenir de ce triste siècle... car pour savoir il faut déjà comprendre, et une fois compris c'est un devoir de faire savoir.

#1  23 May 2011 13:44:38

Carthoris
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L'Atlantide

L’ATLANTIDE

http://carthoris.free.fr/Images/Atlantide%2005.jpg
« En effet, les monuments écrits disent que votre cité détruisit jadis une immense puissance qui marchait insolemment sur l’Europe et l’Asie tout entières, venant d’un autre monde situé dans l’océan Atlantique. On pouvait alors traverser cet Océan ; car il s’y trouvait une île devant ce détroit que vous appelez, dites-vous, les colonnes d’Héraclès. Cette île était plus grande que la Libye et l’Asie réunies. De cette île on pouvait alors passer dans les autres îles et de celles-ci gagner tout le continent qui s’étend en face d’elles et borde cette véritable mer. Car tout ce qui est en deçà du détroit dont nous parlons ressemble à un port dont l’entrée est étroite, tandis que ce qui est au-delà forme une véritable mer et que la terre qui l’entoure a vraiment tous les titres pour être appelée continent. Or dans cette île Atlantide, des rois avaient formé une grande et admirable puissance, qui étendait sa domination sur l’île entière et sur beaucoup d’autres îles et quelques parties du continent. En outre, en deçà du détroit, de notre côté, ils étaient maîtres de la Libye jusqu’à l’Égypte, et de l’Europe jusqu’à la Tyrrhénie. Or, un jour, cette puissance, réunissant toutes ses forces, entreprit d’asservir d’un seul coup votre pays, le nôtre et tous les peuples en deçà du détroit. Ce fut alors, Solon, que la puissance de votre cité fit éclater aux yeux du monde sa valeur et sa force. Comme elle l’emportait sur toutes les autres par le courage et tous les arts de la guerre, ce fut elle qui prit le commandement des Hellènes ; mais, réduite à ses seules forces par la défection des autres et mise ainsi dans la situation la plus critique, elle vainquit les envahisseurs, éleva un trophée, préserva de l’esclavage les peuples qui n’avaient pas encore été asservis, et rendit généreusement à la liberté tous ceux qui, comme nous, habitent à l’intérieur des colonnes d’Héraclès. Mais dans le temps qui suivit, il y eut des tremblements de terre et des inondations extraordinaires, et, dans l’espace d’un seul jour et d’une seule nuit néfastes, tout ce que vous aviez de combattants fut englouti d’un seul coup dans la terre, et l’île Atlantide, s’étant abîmée dans la mer, disparut de même. Voilà pourquoi, aujourd’hui encore, cette mer-là est impraticable et inexplorable, la navigation étant gênée par les bas fonds vaseux que l’île a formés en s’affaissant. »

extrait du Timée

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Entré dans l'histoire par quelques phrases d'un dialogue de Platon, l'énigmatique empire des Atlantes défie la sagacité des chercheurs depuis vingt-cinq siècles. Des milliers de volumes lui ont été consacrés. A peu près autant d'hypothèses ont été formulées sur sa localisation. Trois sont sérieuses. Elles nous ramènent aux origines de la culture européenne. « Or donc, dans cette île Atlantide, s'est formée une grande et merveilleuse puissance de rois. Elle dominait l'île entière, ainsi que beaucoup d'autres îles et de parties du continent. Les rois régnaient sur la Libye jusque vers l'Égypte, sur l'Europe jusqu'à la Tyrrhénie. »
Mais, voilà que, rassemblant toutes ses forces, cette puissance, se jetant sur la Grèce, entreprit de l'asservir. Athènes l'emporta finalement sur ses agresseurs. Mais, dans le temps qui suivit, il se fit des tremblements de terre violents et des cataclysmes. Dans l'espace d'un jour et d'une nuit funeste, l'île Atlantide s'enfonça sous la mer et disparut. De là vient que, de nos jours encore, la mer est impraticable et inexplorable, encombrée par les bas-fonds de vase que l'île a déposés en s'abîmant. »
Ce passage du Timée, détaillé et confirmé dans le Critias (ou l'Atlantide), un autre des dialogues de Platon, entretient le « mystère atlante » depuis près de vingt-cinq siècles.

http://carthoris.free.fr/Images/Atlantide%2002.jpghttp://carthoris.free.fr/Images/Atlantide%2003.pngCes renseignements rapportés par Platon proviennent d'une tradition recueillie en Égypte par Solon, un des sages qui ont donné à Athènes ses premières lois. Les prêtres de Saïs auraient communiqué au voyageur grec ce qu'ils savaient de la mystérieuse île et de l'empire qu'elle commandait. Selon ces Égyptiens, neuf mille ans avant la venue de Solon, les ancêtres des Athéniens auraient repoussé des envahisseurs venus de l'Ouest, depuis un vaste continent « plus grand que la Libye et l'Asie réunies », situé en face des colonnes d'Hercule, nom antique du détroit de Gibraltar. (Pour les Grecs, la Libye était une vaste région de l'Afrique.) Selon les prêtres de Saïs, les Athéniens auraient réussi à triompher de cette redoutable puissance, mais au prix de terribles sacrifices. En fait, leur victoire finale n'aurait été acquise qu'après le cataclysme qui aurait détruit l'Empire atlante. Si le Timée évoque la fin de l'île atlante, le Critias fournit davantage de renseignements sur son histoire, son organisation et ses ressources. Poséidon, le dieu des flots, aurait confié un titre royal à Atlas. Celui-ci aurait alors donné son propre nom et des lois au grand empire occidental. D'après le récit de Platon, la richesse minière de l'île atlante était considérable. On y trouvait de l'or, mais on y fabriquait surtout de l'orichalque, que plusieurs historiens, dans ce cas précis, identifient à l'ambre des côtes baltiques de l'Europe. Le sol était recouvert de forêts, qui fournissaient d'importantes quantités de bois pour la construction des bateaux. Bétail et gibier abondaient, ainsi que champs de céréales et vergers. Bref, l'île atlante était une sorte de pays de cocagne...
On y voyait, toujours selon le récit de Platon, de nombreux éléphants. La pierre y était de bonne qualité et permettait la construction de monuments impressionnants. L'ami de Socrate précise : « Les Atlantes tiraient cette pierre de dessous la périphérie de l'île centrale. Il y en avait de la blanche, de la noire et de la rouge. ». La force militaire des Atlantes était à la mesure des richesses de leur contrée : une flotte de mille deux cents navires, une armée de dix mille chars... Bien entendu, les chiffres rapportés par Platon doivent être considérés avec méfiance. Ils n'en traduisent pas moins un ordre de grandeur impressionnant. Malheureusement, le Critias est resté inachevé et son auteur n'a pas eu le temps de nous raconter, en détail, la fin de l'Empire atlante.

http://carthoris.free.fr/Images/Atlantide%2004.jpgCurieusement, l'existence d'un tel État n'a pas été confirmée par les autres récits qui nous restent de l'Antiquité. Dans les textes homériques, on trouve bien le nom d'Atlas, et l'île d'Ogygie, où règne la redoutable Calypso, pourrait éventuellement être l'Atlantide. Mais elle n'offre que peu de ressemblances avec le récit platonicien. La lutte de Zeus contre les Titans, évoquée dans la cosmogonie écrite par Hésiode, pourrait également rappeler la guerre entre les Athéniens et les Atlantes. C'est une hypothèse risquée. Déjà, à l'époque de Platon, on tend à mettre en doute l'authenticité du récit transmis par Solon. Crantor de Soles, le premier commentateur de Platon, se serait rendu en Égypte pour vérifier, auprès des prêtres de Saïs, la véracité des événements contés au Grec Solon au VIe siècle avant notre ère. Il n'a pas dû trouver beaucoup de preuves : il n'existe aujourd'hui aucune source égyptienne pour confirmer le Critias et le Timée. Sauf, bien entendu, si l'on identifie les Atlantes à ces mystérieux  « Peuples de la mer et du nord », venus déferler en Égypte vers la fin du IIe millénaire...

Par la suite, de nombreux géographes et philosophes antiques refuseront de prendre au sérieux l'existence de l'île atlante. Aristote, Strabon, Ptolémée ou Pline s'en moqueront ouvertement, tandis que Philon le Juif, Jamblique ou Proclus, philosophes de l'école néo-platonicienne d'Alexandrie, se contenteront de reprendre les propos de Platon, mais sans rien y ajouter.

- La pensée médiévale ignorera quelque peu la question. Tout comme elle a, d'ailleurs, ignoré la géographie du reste du monde. Pourquoi les hommes de l'Europe du Moyen Age, qui ne connaissaient pas la plupart des terres de la planète, se seraient-ils souciés d'un empire disparu sous la mer ?

- La Renaissance ramenant un minimum de curiosité intellectuelle, le problème de l'Atlantide se retrouve posé. Dans son Histoire générale des Indes, l'Espagnol Lopez de Gomara estime que l'Atlantide n'est autre que l'Amérique, que Christophe Colomb venait de découvrir. A partir du XVII siècle, les hypothèses sur la localisation de l'île engloutie se multiplient.

- En 1665, le père Kircher place l'Atlantide au milieu de l'Atlantique. Il considère que les Açores et les Canaries en sont les derniers vestiges.

- Le Suédois Rudbeck, de son côté, situe le continent disparu sous les latitudes nordiques.
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- Un théologien n'hésite pas : l'Atlantide, c'est la Palestine !

- D'autres parlent du Caucase, du Maroc, et même de l'Afrique australe.

- Au XIX siècle, le géographe et naturaliste Bory de Saint-Vincent redonne vie à l'hypothèse atlantique et l'appuie sur la nature volcanique des Açores et des Canaries, ce qui permettrait d'envisager une catastrophe naturelle, une sorte d'éruption cataclysmique, pour expliquer l'engloutissement de l'Atlantide antique.

- A la même époque, un professeur lyonnais décrète que l'Atlantide se situait en Afrique du Nord : les descendants des Atlantes seraient les Libyens actuels... Ce qui ne règle pas la question de la date fournie par les textes antiques : neuf mille ans avant Solon, neuf mille six cents ans avant le Christ.

- En Allemagne, Knötel lance l'idée d'une Atlantide fondatrice de la civilisation : les Atlantes auraient été les représentants d'une humanité supérieure et les contemporains d'un véritable âge d'or. Ces « grands initiés » auraient apporté à nos ancêtres un savoir immémorial, transmis depuis par certaines sociétés secrètes et certains grands courants ésotériques.


Article “L’Atlantide” de Claude Marcil

Vers l'an 600 avant la naissance du Christ, Solon était l'homme politique le plus connu de Grèce. Il venait d'achever à Athènes une série de réformes politiques et économiques et avait sagement décidé de se retirer quelque temps pour laisser ces mesures prendre effet. Il se rendit alors en Égypte, plus particulièrement dans la ville de Sais, alors capitale administrative du pays. C'est à Sais que des prêtres lui racontèrent la fabuleuse histoire de l'Atlantide.

LA CITE PERDUE

Selon les prêtres, les Atlantes habitaient, il y a longtemps, un archipel dont une des îles s'appelait Atlantis. C'était un riche empire, pourvu à profusion de plantes utiles, d'animaux et de métaux. Ne se contentant pas de ces richesses naturelles, les Atlantes étaient des commerçants et des navigateurs accomplis; ils avaient doté leur ville, éloignée de cinq milles de la mer, d'un port artificiel remarquable. En outre, ils étaient d'excellents architectes et de grands artistes qui avaient élevé des constructions où le blanc, le noir et le rouge se combinaient en dessins variés. Mais les Atlantes tentèrent de s'emparer d'une partie de la Grèce et ils furent repoussés. Selon les prêtres égyptiens, Posséidon, le dieu de la mer, décida de les châtier pour être sortis de leurs îles; il provoqua des tremblements de terre et des inondations qui engloutirent l'Atlantide et les autres îles. Solon s'étonna de ce qu'un fait historique aussi important n'ait laissé aucun souvenir chez les Grecs. Les prêtres lui répondirent en riant: "Solon, vous autres Grecs, vous êtes perpétuellement enfants. Vieux, pas un Grec ne l'est. (...) Votre âme ne renferme aucune opinion antique de vieille tradition, ni aucun savoir blanchi par le temps." En effet, les pyramides égyptiennes étaient debout bien avant que les Grecs n'aient occupé la Grèce et ses îles. Lorsque Solon revint en Grèce il raconta l'histoire à ses proches et à ses enfants. Près de deux siècles passèrent, puis, le philosophe Platon écrivit l'essentiel des informations dans deux volumes présentés comme le récit d'événements s'étant réellement produit. Platon fixe à 9000 ans avant le Christ la destruction de l'Atlantide, qu'il situe dans l'Atlantique, car les prêtres égyptiens avaient précisé que les Atlantes vivaient à l'ouest de l'Égypte, au-delà du détroit de Gibraltar. Dans sa description, Platon signale que, par l'Atlantide, on pouvait passer au continent en face. Le philosophe aurait probablement donné plus d'informations, mais son dernier livre se termine brutalement, au beau milieu d'une phrase... Pour Platon, aucun doute, l'histoire de l'Atlantide qui "disparut sous la mer en un seul jour et une seule nuit" est vraie. Il précise: "Cette histoire, bien qu'étrange, est certainement vraie puisqu'elle a été relatée par Solon, le plus ancien des sept sages."
A l'époque, l'opinion publique était divisée. Certains croyaient que le récit était exact dans ses moindres détails, alors que d'autres, tel Aristote, affirmaient qu'il s'agissait là de légendes. Commentant la fin brusque du livre de Platon, Aristote écrivait: "Lui qui la fit (l'Atlantide), la détruisit". Ainsi, pour Aristote, le premier d'une longue liste de sceptiques, Platon avait fait sombrer l'Atlantide dans les profondeurs de l'océan pour prévenir la critique qui aurait pu s'intéresser à la localisation actuelle de l'archipel et de l'île Atlantis. Au cours des siècles qui suivirent, la pensée d'Aristote se propagea par les chrétiens et, bientôt, seuls les érudits se rappelaient les textes de Platon.

A la fin du Moyen-Age, les Turcs s'emparent de Constantinople chassant ainsi les savants grecs. Ces derniers remettent à la mode les textes de Platon et l'imprimerie fait le reste. A cette même époque, débute, avec Colomb, Cartier, Cabot, l'ère des grandes découvertes et on se souvient des textes de Platon. Ce dernier écrivait que, au-delà du détroit de Gibraltar, il y avait eu une grande île et, plus loin, un continent. Aussi, la découverte d'un nouveau continent, l'Amérique, cause un choc chez les savants qui y voient la preuve des écrits de Platon. D'autres éléments s'ajoutent peu a peu. Les légendes aztèques rapportent qu'un Dieu blanc et barbu est venu de l'Est il y a fort longtemps. On s'interrogea également sur les ressemblances étranges entre les pyramides du Mexique et celles de l'Égypte, de même que sur les momies des incas et celles des pharaons. De même, comment est-il possible que certaines plantes ne poussent qu'en Afrique et en Amérique: comme ce n'est qu'au milieu du XXe siècle qu'on accepte l'idée de la dérive des continents (l'Afrique était jadis imbriquée dans l'Amérique du sud), on suppose alors que l'Atlantide était au milieu de l'océan Atlantique avant de s'enfoncer sous les flots. Pour beaucoup d'auteurs, il devient évident que l'Atlantide a été le pont entre l'Amérique et les vieux continents.

Mais comme on ne trouve pas de preuve concluante, l'Atlantide retombe dans l'oubli pour quelques siècles. En 1882, Ignatius Donelly écrit Atlantis, Myths of the Antediluvian World? Le succès du livre est phénoménal. Cinquante éditions se succèdent et l'ouvrage circule parmi tous les amateurs de mystères. Selon Donelly, l'Atlantide est le berceau de la civilisation et beaucoup de lecteurs sont d'accord. Les cultes atlantes foisonnent dans toutes les couches de la société européenne et le premier ministre de la Grande-Bretagne, Gladstone, tente même d'obtenir l'approbation du cabinet britannique pour le financement d'un navire d'exploration destiné à rechercher l'Atlantide.

Au début du vingtième siècle, la famille Krupp, les marchands d'armes les plus riches d'Europe, dépense un demi-million de dollars pour financer une expédition dans le Matto Grosso au Brésil, à la recherche de l'Atlantide. En vain.

En fait, on prétend toujours que l'Atlantide n'est pas là où on la cherche. On la situe au Maroc, au Sahara, dans la mer du Nord, en Sibérie et en Belgique! Paul Schliemann, petit-fils du célèbre archéologue Henrich Schliemann, le découvreur de la ville de Troie, écrit un livre en 1911, How I discovered Atlantis, the Source of all Civilizations, qui raconte que son grand-père aurait laissé peu avant sa mort, une lettre cachetée destinée a n'être ouverte que par un membre de sa famille qui consacrerait sa vie aux recherches sur l'Atlantide. Alors que le public est convaincu que la solution est à portée de la main, des experts découvrent que Paul a fabulé allègrement.

http://carthoris.free.fr/Images/Atlantide%2008.jpg

Quelques années plus tard, un dénommé James Churchward révèle à son tour que des prêtres hindous lui ont appris qu'il y avait deux continents disparus, l'un, l'Atlantide, qui a sombré dans l'Atlantique et l'autre, le continent Mu qui a sombré dans le Pacifique. Là aussi, on constate rapidement que Churchward n'offre pas l'ombre d'une preuve.

Lorsqu'on découvre qu'une chaîne de montagnes existe bel et bien au milieu de l'Atlantique Nord et que des îles comme les Acores et les Canaries sont les sommets émergeants de chaînes de montagnes englouties, les rumeurs repartent de plus belle, alimentées par des voyants, tel l'Américain Edgar Cayce.

Mais depuis les années 1960, on s'est demandé si on ne cherchait pas l'Atlantide trop loin, se rappelant que les Égyptiens ne connaissaient, somme toute, rien aux choses maritimes et que pour eux le détroit de Gibraltar était une notion géographique on ne peut plus vague. La seule chose certaine est que l'Atlantide devait se trouver à l'ouest de l'Égypte. Puis, à mesure que les découvertes archéologiques se succédaient en Méditerranée, on découvrait de plus en plus l'importance d'un empire dont on savait peu de choses, celui de l'île de Crète.


En effet, la civilisation crétoise n'avait été redécouverte qu'au début de ce siècle avec les fouilles de l'archéologue Arthur Evans. Les anciens Grecs l'avaient complètement oubliée et ne se souvenaient vaguement que de quelques mythes, celui du Minotaure, du fil d'Ariane, des combats de taureaux, etc. Or, les fouilles archéologiques ont révélé une civilisation agréable, pacifique, avec des maisons familiales à deux ou trois étages, l'eau courante et l'égoût. La civilisation crétoise était le centre d'un vaste empire qui, par son commerce et son influence, s'étendait sur une bonne partie de la Méditerranée, à une époque où les peuples craignaient la mer. En somme, tout le commerce entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique était aux mains des Crétois qui dominaient la mer. Selon les anciens Grecs, la civilisation crétoise avait été anéantie par l'invasion des Grecs.

Mais les découvertes archéologiques montrent plutôt que la civilisation crétoise a été frappée par une mystérieuse catastrophe vers 1500 avant Jesus-Christ. Des fouilles effectuées près de la Crète sur l'île de Thera, appelée Santorin, ont montré que l'île avait subi une gigantesque inondation.

Dans l'Antiquité, Thera était surnommée "la ronde" à cause de sa forme, mais l'éruption d'un volcan ayant détruit et englouti une partie de l'île, celle-ci a aujourd'hui la forme d'un croissant. Cette explosion, de même que les raz de marée provoqués par les secousses sismiques, ont probablement été l'une des causes du déclin de la Crète et de sa conquête ultérieure par les Grecs. Des forages ont en effet révélé la présence de cendres volcaniques sur Thera et en Crète, permettant d'imaginer l'ampleur de l'explosion. L'examen scientifique démontre que l'éruption de Thera atteignit une violence de beaucoup supérieure à celle du Krakatoa en 1889. Dans ce dernier cas, le bruit de l'explosion fut entendu à 4800 kilomètres de là. Un nuage de poussière s'éleva à 80 kilomètres dans les airs, plongea la ville de Djakarta, distante de 160 kilomètres, dans une obscurité totale et recouvrit celle de Bandoeng, distante de 240 kilomètres. Une partie de l'île s'effondra, la mer s'y engouffra, suscitant une vague qui dévasta tout sur son passage, atteignant encore 15 mètres de hauteur à 80 kilomètres de son point de départ! Un phénomène d'une telle envergure ne se reproduit qu'une fois tous les 10 000 ans. C'est probablement ce qui s'est produit au coeur de l'empire crétois.

L'énigme est-elle résolue? Pas pour ceux qui veulent continuer à croire en la mythique Atlantide. Celle-ci a fait l'objet de plus de 5000 volumes et de tonnes d'articles. Elle a inspiré les classiques. Elle demeurera une partie importante de notre culture.

Source: Sciencepresse.qc.ca

Dans la seconde moitié du XIXe siècle. les sciences occultes et la théosophie triomphent. L’« Atlantomanie » devient à la mode. Les Atlantes seraient mêlés à tous les mystères de l'histoire humaine. Aujourd'hui. de la même manière. les membres de certains cercles soutiennent que les ovnis sont pilotés par les descendants des Atlantes...
En 1919, l'écrivain Pierre Benoit connaît un succès populaire considérable en publiant l'Atlantide, un roman qui allie deux courants d'intérêt de l'époque : l'appel des sables chauds du Sahara (où Pierre Benoit situe le royaume atlante de la belle reine Antinéa) et le fascinant mystère de l'Atlantide.

http://carthoris.free.fr/Images/Atlantide%2007.jpgQuelques années plus tard, une découverte archéologique de premier plan paraît vouloir confirmer l'intuition romanesque de Pierre Benoit : l'explorateur Henri Lhote ramène du Tassili des clichés et des relevés de fresques, célèbres depuis, qui datent du temps où le désert était une contrée fertile et verdoyante. En fait, ni la chronologie, ni la géologie ne pourront venir à l'aide de l'hypothèse saharienne. Tant pis pour le beau rêve d'Antinéa...
Un peu plus tard, l'Allemand Schulten, un spécialiste de l'Antiquité ibérique, affirme que l'Atlantide n'est autre que la ville de Tartessos, citée dans la Bible et par certains auteurs grecs. Le site de la ville de Tartessos n'a pas encore été précisément découvert. On peut cependant le situer près de l'embouchure du Guadalquivir ou du rio Tinto. D'après les résultats des fouilles archéologiques réalisées dans tout le sud de l'Espagne, nous pouvons mieux imaginer quelles étaient la puissance et la richesse du royaume commandé par cette ville disparue.
Les Tartessiens disposaient de l'eldorado minier du sud de l'Espagne, et leur roi, Arganthonios, en tirait des revenus considérables. Selon les sources antiques, on l'appelait le « Crésus de l'Occident ». Allié des Grecs, il a longtemps entretenu d'excellents rapports avec les Phéniciens, puis avec les Carthaginois. Ces derniers finiront d'ailleurs par soumettre son royaume et détruire la cité vers 500 av. J.-C., et Tartessos disparaîtra de la mémoire des hommes. La confédération tartessienne des cités ibériques aurait-elle pu diriger des expéditions contre le bassin oriental de la Méditerranée ? Elle en avait sans doute les moyens matériels. Mais il est peu probable qu'elle ait eu des visées impérialistes. De plus, la date de son apogée est trop récente pour correspondre à celle du monde atlante.
Avec les premières recherches océanographiques, l'hypothèse atlantique revient en force. L'exploration des hauts-fonds près des Açores révèle l'existence d'une chaîne de montagnes volcaniques sous-marine, qui sépare en deux l'océan Atlantique. Ce rift est une sorte de cicatrice, qui témoigne de la dérive des continents pressentie au début du XXe siècle par le géophysicien allemand Wegener. Enthousiasmé par ces découvertes, L. Donelly en déduit que l'Atlantide est bien la mère de toutes les civilisations : il explique ainsi les ressemblances architecturales entre pyramides égyptiennes et précolombiennes. Évidemment, il ne tient aucun compte des écarts chronologiques qui existent entre les bâtisseurs de ces monuments !
Un chercheur allemand, Hermann Wirth, pense alors à situer l'Atlantide plus au nord des Açores, au-delà des îles Britanniques, à l'emplacement de la légendaire île de Thulé, chère à de nombreux romantiques nordiques et pangermanistes. C'est un peu faire de l'Atlantide un enjeu politique.

Bref, de la Palestine au continent américain, l'empire des mystérieux Atlantes s'est promené dans tous les coins de la planète. La plupart de ces localisations sont complètement dénuées de fondement scientifique et d'intérêt. Le débat sur l'Atlantide n'est pas clos pour autant. Au cours des dernières décennies, plusieurs faits nouveaux sont venus grossir le volumineux dossier atlante.
Trois hypothèses sont en vogue aujourd'hui, et méritent qu'on les étudie de près. Il se pourrait même que la synthèse de deux d'entre elles donne une solution historique satisfaisante à l'énigme lancée par Platon et qui subsiste encore de nos jours. Suite bientôt...

Sources :
Platon : extrait du dialogue du Timée
La Recherche de l'Atlantide
Claude Marcil Mystères et Enigmes : L'Atlantide


Toutes les opinions sont respectables, c'est vous qui le dites ! Moi je dis le contraire, c'est mon opinion respectez-là !

Hors ligne

 

#2  25 May 2011 00:17:39

Carthoris
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Re: L'Atlantide

L’HYPOTHESE CRETOISE

http://carthoris.free.fr/Images/Atlandide%2011.jpg "C’est ainsi que Poséidon, ayant eu en partage l’île Atlantide, installa des enfants qu’il avait eus d’une femme mortelle dans un endroit de cette île que je vais décrire. Du côté de la mer, s’étendait, par le milieu de l’île entière, une plaine qui passe pour avoir été la plus belle de toutes les plaines et fertile par excellence. Vers le centre de cette plaine, à une distance d’environ cinquante stades, on voyait une montagne qui était partout de médiocre altitude. Sur cette montagne habitait un de ces hommes qui, à l’origine, étaient, en ce pays, nés de la terre. Il s’appelait Événor et vivait avec une femme du nom de Leucippe. Ils engendrèrent une fille unique, Clito, qui venait d’atteindre l’âge nubile, quand son père et sa mère moururent. Poséidon, s’en étant épris, s’unit à elle et fortifia la colline où elle demeurait, en en découpant le pourtour par des enceintes faites alternativement de mer et de terre, les plus grandes enveloppant les plus petites. Il en traça deux de terre et trois de mer et les arrondit en partant du milieu de l’île, dont elles étaient partout à égale distance, de manière à rendre le passage infranchissable aux hommes ; car on ne connaissait encore en ce temps-là ni vaisseaux ni navigation. Lui-même embellit l’île centrale, chose aisée pour un dieu. Il fit jaillir du sol deux sources d’eau, l’une chaude et l’autre froide, et fit produire à la terre des aliments variés et abondants. Il engendra cinq couples de jumeaux mâles, les éleva, et, ayant partagé l’île entière de l’Atlantide en dix portions, , mot d’où la région a sans doute tiré son nom. il attribua au premier né du couple le plus vieux la demeure de sa mère et le lot de terre alentour, qui était le plus vaste et le meilleur ; il l’établit roi sur tous ses frères et, de ceux-ci, fit des souverains, en donnant à chacun d’eux un grand nombre d’hommes à gouverner et un vaste territoire. Il leur donna des noms à tous. Le plus vieux, le roi, reçut le nom qui servit à désigner l’île entière et la mer qu’on appelle Atlantique, parce que le premier roi du pays à cette époque portait le nom d’Atlas. Le jumeau né après lui, à qui était échue l’extrémité de l’île du côté des colonnes d’Héraclès, jusqu’à la région qu’on appelle aujourd’hui Gadirique en ce pays, se nommait en grec Eumèlos et en dialecte indigène Gadire".

Extrait du Critias

Les trois hypothèses classiques sur la localisation de l'Atlantide, les seules à avoir un minimum de rigueur et de crédibilité historique, promènent le continent englouti de l'Atlantique à la mer Egée, en passant par la mer du Nord.
L'hypothèse « atlantique » est une des plus connues, et la bande dessinée lui a donné de nouvelles lettres de noblesse : Blake et Mortimer, les deux héros d'Edgar P. Jacobs, parlent ainsi, dans L'Énigme de !'Atlantide, à la recherche des Atlantes et les retrouvent sous terre, au fond d'immenses grottes situées sous les îles Canaries.
Cette hypothèse, défendue par des scientifiques de valeur, tente de concilier le récit de Platon et les derniers acquis de la géologie et de l'océanographie atlantique. Un préhistorien de renom, Georges Poisson, a cru pouvoir en présenter une synthèse cohérente.


http://carthoris.free.fr/Images/Atlandide%2009.jpg D'après lui, il existait, dans l'Atlantique Nord, un pont terrestre qui, depuis la fin de l'ère secondaire, permettait de rejoindre l'Amérique à pieds secs, depuis l'Europe. L'Atlantide aurait été une des presqu'îles de cette langue de terre et cette presqu'île aurait été orientée vers le sud. Petit à petit, ce continent intermédiaire entre les deux continents actuels se serait effondré sous la mer et l'Islande n'en serait plus qu'un vestige septentrional. L'instabilité des îlots volcaniques du rift atlantique, la présence, au nord des Açores, de roches immergées depuis à peine quelques milliers d'années et l'existence de la mer des Sargasses seraient autant de preuves supplémentaires de l'immersion de ce continent.
Sur le plan historique, Georges Poisson accepte la date de neuf mille ans avant Solon proposée par Platon, ce qui soulève immédiatement deux contradictions insolubles. Selon le Critias, nous l'avons vu, l'île atlante était riche en métaux et son agriculture était prospère... Or, l'Europe était à cette époque en pleine glaciation würmienne : la civilisation du renne ignorait aussi bien l'élevage que la domestication du cheval ou l'usage des armes métalliques. Elle ignorait encore plus la navigation et l'architecture, sciences dans lesquelles, selon Platon, les Atlantes excellaient. Il n'aurait donc rien pu y avoir de commun entre les premiers balbutiements des Européens et l'éclat culturel des Atlantes. Curieusement, Georges Poisson, aveuglé par le souci de défendre sa thèse, refuse de tenir compte du Critias de Platon, qu'il range parmi les récits légendaires de l'Antiquité, mais se réfère au Timée, beaucoup plus imprécis et donc... beaucoup plus facile à interpréter ! Pourquoi, si l'on considère le Critias comme le fruit de l'imagination d'un Athénien soucieux de mettre sa ville et son victorieux passé en avant, ne pas adopter la même attitude critique à l'égard du Timée ? Georges Poisson ne se pose pas la question et affirme que la lutte entre Athéniens et Atlantes n'était qu'une transposition mythique de la lutte entre la race de Cro-Magnon et celle des hommes de Combe Capelle. Une fois de plus, le théoricien de l'Atlantide atlantique demeure brouillé avec la chronologie : rien ne vient prouver que ces deux races d'hommes préhistoriques aient pu se rencontrer et se combattre...

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http://carthoris.free.fr/Images/Atlandide%2013.jpgEnfin, la géologie sous-marine n'a pas apporté à l'hypothèse canarienne de l'Atlantide la moindre preuve : le continent disparu a si bien disparu qu'il n'a même pas laissé de traces sous la mer ! Regardons donc du côté de la mer Égée. Cette hypothèse, contrairement à la première, repose sur des bases géologiques incontestables. En 1470 avant notre ère, un volcan situé sur l'île Strongylé a explosé, formant une sorte de colossal chaudron ardent, la caldeira des vulcanologues. On peut comparer cette explosion à celle du volcan indonésien Krakatoa, survenue en 1883. Le cratère d'effondrement de ce volcan a été de 22 km2, soit quatre fois moins que le cratère d'effondrement formé par l'éruption du volcan de Strongylé... On estime, de façon réaliste, qu'un gigantesque raz de marée a dû venir ravager la côte nord de la Crête. Il y aurait eu une vague haute de 200 m, tandis qu'un nuage de cendres aurait obscurci le ciel de la mer Égée pendant une semaine. Après quelques jours, ce nuage a probablement laissé sur le sol une couche de cendres d'une quarantaine de centimètres d'épaisseur, qui a rendu la vie impossible aux survivants. Spiridon Marinatos, l'archéologue grec qui a le mieux étudié ce cataclysme, a découvert, dans l'île de Thêra, des vestiges minoens enfouis sous la cendre depuis trente-cinq siècles. Il en a déduit, avec bon nombre de scientifiques, que ces vestiges présentaient certaines analogies avec l'Atlantide de Platon qui aurait donc pu se situer en Crête.
Là encore, le problème de la chronologie se pose : la civilisation minoenne est parfaitement datée, aux alentours du deuxième millénaire avant notre ère. Ce qui fait tout de même un décalage de sept mille à huit mille ans avec la chronologie platonicienne... Selon certains exégètes du Timée et du Critias, Solon aurait pu être abusé par les prêtres égyptiens et il aurait pu confondre, en transcrivant les hiéroglyphes, les siècles et les millénaires.

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http://carthoris.free.fr/Images/Atlandide%2010.jpgDans cette hypothèse de confusion, l'effondrement de l'Atlantide se place à peu près à l'époque de l'explosion du volcan de la mer Égée. On pourrait alors admettre que le tableau de la civilisation atlante laissé par le Critias correspond à ce que devait être la civilisation crétoise du deuxième millénaire, avec ses palais fastueux, sa marine et ses éléphants. Justement, avec les éléphants, on peut commencer à se poser des questions. On peut également s'en poser sur la présence des métaux, en Crète, à cette époque-là. Peu importe ! Ces objections sont balayées par d'autres concordances entre le récit grec et les découvertes archéologiques. La dimension de l'île, par exemple : en admettant que la même confusion s'est faite entre les chiffres et les dates, la Crète peut passer pour l'ancienne Atlantide. Les pierres rouges, blanches et noires dont parle Platon rappellent incontestablement celles que l'on peut trouver, aujourd'hui, dans l'île de Thêra, l'actuelle Santorin. Les recherches sous-marines menées récemment par le commandant Cousteau sont venues confirmer l'ampleur de la catastrophe volcanique, qui peut seule expliquer l'énigme archéologique que posait le déclin brutal de la Crète minoenne au XVe siècle avant notre ère. Les choses se compliquent pourtant quand on aborde le problème de la guerre entre Atlantes et Athéniens : les Minoens étaient des marins, des commerçants et des pêcheurs, mais pas du tout des guerriers. Les Égyptiens, qui les nommaient les Keftioiy ne les considéraient pas comme offensifs et ne les ont jamais confondus avec les fameux « Peuples de la mer et du nord », dont nous reparlerons. On voit donc mal les paisibles Crétois se doter de moyens militaires considérables et se lancer dans une politique d'invasion pour le moins aventureuse. Même en admettant l'exagération naturelle propre aux conteurs athéniens, qui voulaient, en magnifiant la force de leur adversaire, magnifier leur propre victoire, un tel décalage entre ce que nous savons des Minoens et ce que nous croyons savoir des Atlantes étonne. S'ils ont fait du commerce dans toute la Méditerranée, les Crétois n'ont jamais dominé - ni même cherché à dominer - « la Libye jusqu'à l'Égypte » ou « l'Occident jusqu'à l'Étrurie ». Hormis la légende du Minotaure, difficile à interpréter sur le plan historique pur, il n'y a pas de traces d'une tentative de soumission des habitants de l'Attique par les Crétois. C'est même l'inverse qui s'est produit : la Crète a d'abord été envahie par les Achéens, et ensuite par les Doriens...

Seulement, Platon parle également de sacrifices de taureaux. Là, en revanche, nous savons que les Crétois vouaient un culte spécial au taureau. Ce culte ne leur était d'ailleurs pas particulier : il est attesté sur tout le pourtour méditerranéen, de l'Anatolie à l'Espagne. Enfin, en s'en tenant à la localisation géographique indiquée par Platon, l'Atlantide se serait trouvée « au-delà des colonnes d'Hercule », c'est-à-dire à l'ouest de Gibraltar. Et les envahisseurs seraient venus « des profondeurs de la mer atlantique » Est-ce là une indication qui vient renforcer l'hypothèse « nordique », émise par Jurgen Spanuth, un pasteur allemand ? Est-il seulement possible d'y voir clair, entre une archéologie incertaine et un texte littéraire douteux ?




Sources :
Platon : extrait du dialogue du Critias + oeuvre complète
L'Hypothèse crétoise
Doc vidéo : Arte part 1/3 - La Civilisation Minoienne
Archeo et Mysteria


Toutes les opinions sont respectables, c'est vous qui le dites ! Moi je dis le contraire, c'est mon opinion respectez-là !

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#3  27 May 2011 07:47:55

Carthoris
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Re: L'Atlantide

HELIGOLAND

CRITIAS: …Oyez donc, Socrate, une histoire très singulière, mais absolument vraie, à ce que dit une fois Solon, le plus sage des sept sages…

SOCRATE: … Mais quel est cet exploit que Critias rapporta, non comme une simple fiction mais comme un haut fait réellement et anciennement accompli par cette cité

CRITIAS: …Quel était-il, comment fut-il accompli et de qui Solon l'avait-il appris pour le rapporter comme véritable ?

SOCRATE: …Et surtout qu'il ne s'agisse pas d'une légende fabriquée à plaisir, mais d'une histoire vraie, voilà qui est considérable !

Prologue du Timée

Pour Jurgen Spanuth, le texte de Platon est à respecter. Les indices qu'il contient peuvent être précieux pour localiser enfin l'Atlantide. Le Timée et le Critias n'ont qu'un seul défaut : ils situent la chute de l'Atlantide dans les flots près de neuf mille ans avant l'époque de Solon, soit cent quinze siècles avant la nôtre. Pour lui, ce n'est pas raisonnable.
Ce docteur en théologie et en archéologie préfère situer l'engloutissement de l'Empire atlante au XII siècle avant l'ère chrétienne, soit à une époque compatible avec l'hypothèse crétoise et égéenne.
Jurgen Spanuth a été frappé de constater que, douze cents ans avant notre ère, des vagues d'envahisseurs venus du nord ont déferlé sur le bassin méditerranéen, à la fois par la terre et par la mer. C'est à cette époque-là que les Doriens arrivent en Grèce et détruisent la civilisation mycénienne. C'est à cette époque-là que les Phrygiens rayent de la carte l'Empire hittite. C'est à cette époque-là que les Philistins s'emparent de la Palestine et donnent leur nom à ce pays.


http://carthoris.free.fr/Images/Atlantide%2017.jpgAu même moment, en Égypte, les attaques des « Peuples de la mer » font courir un danger mortel à la civilisation des pharaons. Ramsès III devra engager toutes ses forces pour les repousser et les dissuader pour longtemps de revenir dans le delta du Nil. Le XIIe siècle avant J.C. est également une période cruciale pour le paysage méditerranéen lui-même : le Sahara entre alors dans sa phase finale et définitive de désertification. Le relief des côtes du nord de l'Europe se modifie. De nombreux séismes ravagent le bassin oriental de la Méditerranée. Le volcan de l'île de Santorin (ou Thêra) explose... Sur les parois du temple de Médinet Habou, Ramsès III a fait graver le récit de sa campagne victorieuse contre les Peuples de la mer. Sur ces bas-reliefs, on peut voir comment l'océan a submergé les îles et la capitale des envahisseurs venus du nord. La Bible aussi conserve un souvenir précis du Déluge : peut-être s'agit-il d'un même souvenir d'engloutissement de cités humaines par les eaux, transmis de génération en génération jusqu'au peuple hébreu, par l'intermédiaire des savants mésopotamiens.
En tout cas, deux choses sont certaines : les habitants de Delphes se sont toujours présentés comme les descendants des « Hyperboréens »; et l'étude géologique des littoraux danois a confirmé que, au cours du IIe millénaire avant notre ère, une partie de la côte s'est abîmée dans les flots...
Sur les bas-reliefs de Médinet Habou, les guerriers venus du nord sont représentés avec des casques à cornes et de curieuses coiffures en forme de couronnes. Les sculpteurs du pharaon ont également transmis le dessin de leurs chars, de leurs navires et de l'organisation de leur armée. A l'époque de ces combats pour la possession du riche delta du Nil, aux greniers débordants de céréales, il est probable qu'une autre vague d'envahisseurs venus du nord, par la terre cette fois, ait dû se heurter aux guerriers de l'Attique. Ce qui pourrait expliquer que la région d'Athènes soit longtemps restée imperméable à l'influence dorique. Dans « Le Secret de l'Atlantide » (Editions Copernic, 1977), qui est le plus récent de ses livres traduits en français, Jurgen Spanuth rappelle que, pour évoquer le pays des Peuples de la mer, les textes égyptiens parlent du « Pays de l'obscurité ». On peut voir là une allusion aux brumes du nord et à l'interminable hiver qui obscurcit le ciel sous les latitudes septentrionales. De plus, par une subtile exégèse, le pasteur archéologue affirme qu'il faut traduire le texte de Platon d'une manière un peu plus rigoureuse : quand Platon parle d'un pays « à l'abri des vents du nord », Jurgen Spanuth avance qu'il faut comprendre que les envahisseurs viennent d'un pays « en direction des vents du nord »...

http://carthoris.free.fr/Images/Atlantide%2014.jpgA Médinet Habou, les artistes du pharaon ont très précisément reproduit les armes des Peuples de la mer : on y reconnaît, entre autres, les fameuses épées à sole plate et à rivets, caractéristiques des cultures indo-européennes, et qui ont été retrouvées, en grand nombre, dans le nord de l'Europe, et des boucliers ronds, eux aussi caractéristiques de ces cultures. Même la forme des bateaux, absolument comparables à ceux qui sont reproduits sur certaines pierres gravées du sud de la Suède, est un indice sérieux en faveur de l'hypothèse « nordique » de localisation de l'Atlantide. Platon parlait d'un « rocher dominant la mer à pic » et de « pierres blanches, noires et rouges ». Pour Jurgen Spanuth, Basileia, la ville royale et la capitale des Atlantes, peut ainsi être située à Héligoland, une île de la mer du Nord, au large des côtes allemandes et danoises. Une colline, submergée depuis, aurait pu être l'oppidum dont parlait Platon. En 1953, des plongeurs sous-marins ont découvert des restes d'enceintes, à 9 km d'Héligoland, l'« île sacrée » des anciennes cultures nordiques. Faute de moyens, ces fouilles sous-marines n'ont pas été poursuivies. On ne peut que le regretter...
Platon parlait beaucoup de l'orichalque, un mystérieux minerai dont les Atlantes auraient fait la base de leur commerce et la source de leur richesse. Peut-être s'agit-il, si la démonstration de Jurgen Spanuth est
juste, de l'ambre, cette résine fossile que les anciens peuples européens appréciaient autant - sinon plus ! - que l'or, notamment pour faire des parures, et qu'on ne trouvait que sur les côtes des mers nordiques.

HELIGOLAND
Cette première hypothèse, nous la devons à un pasteur d’origine autrichienne, Jürgen Spanuth. Professeur de théologie, d’histoire ancienne et d’archéologie, Spanuth se passionna dès 1933 pour le problème de l’Atlantide. Il orienta rapidement ses recherches vers les anciennes civilisations nordiques, entreprenant de nombreux voyages d’étude au Danemark, en Suède et en Norvège. Ses travaux débouchèrent  inalement sur une théorie particulièrement originale, localisant la mythique Atlantide de Platon au « pays de l’ambre des Anciens », c’est-à-dire à Héligoland, îlot rocheux actuellement isolé en mer du Nord, mais
anciennement rattaché au continent. Le point de départ de la théorie de Spanuth fut la découverte, en 1927, du temple de Médinet Habou, dans l’ancienne Thèbes égyptienne. Ce temple avait été construit entre 1200 et 1168 avant J.-C. par le pharaon Ramsès III, et était décoré de gravures tout à fait particulières. En effet, ces inscriptions et bas-reliefs racontaient les démêlés du pharaon avec ce que l’on a appelé les « Peuples de la mer ». L’observation attentive des fresques permit à Spanuth d’assimiler les Peuples de la mer aux peuplades qui habitèrent l’Europe du nord au XIII e siècle avant J.-C. On estime généralement qu’elles constituèrent les trois plus anciennes tribus germaniques : Frisons, Saxons, Danois.
Ces peuples nordiques développèrent une civilisation important dès 2400 avant J.-C. Ils commerçaient activement avec la plupart des pays du monde antique : Égypte, Grèce, Asie mineure, Gaule… Ils exportaient leurs spécialités : objets en cuivre, fourrures, et surtout ambre jaune. Rappelons que l’ambre jaune — qu’il ne faut pas confondre avec l’ambre gris — est une résine fossile dure, cassante, provenant de la lignite. L’ambre jaune est presque transparent, d’une couleur qui varie du jaune pâle au rouge. Appelée elektron par les Grecs, cette résine fut très appréciée des peuples de l’Antiquité, qui la sculptaient pour en faire des objets de valeur, tels figurines, amulettes, colliers et manches de couteau. http://carthoris.free.fr/Images/Atantide%2015.jpg À cette époque, le seul endroit probablement connu et exploité était précisément la région d’Héligoland. Les Peuples de la mer, guerriers comme il se doit, quittèrent leurs terres d’origine vers 1250 avant J.-C., selon Spanuth. Poussés vers le sud par une série de catastrophes naturelles, ils se mirent à la recherche de contrées plus clémentes, et s’installèrent rovisoirement à hauteur des Alpes orientales et en Hongrie, sur les bords du Danube. Bientôt, cependant, ils durent reprendre la route : de nombreux et violents séismes et éruptions volcaniques bouleversèrent l’Europe d’alors, provoquant entre autres l’effondrement
du littoral voisin d’Héligoland dans la mer du Nord. Deux armées se formèrent : la première se dirigea vers l’Italie, l’autre vers la Grèce. Les royaumes grecs succombèrent rapidement à l’invasion de ceux que nous connaissons sous le nom de Doriens, et seule Athènes résista victorieusement. Puis l’armée
orientale poursuivit sa route vers le sud, jusqu’à atteindre les frontières de l’Égypte par l’est. Quant à l’armée d’Italie, elle passa en Afrique du Nord et, s’alliant aux Libyens, viola la frontière occidentale égyptienne. Les combats qui s’ensuivirent furent terribles, mais la victoire finale revint aux Égyptiens, qui
refoulèrent leurs ennemis vers l’ouest, vers les régions sahariennes. Les chars de guerre nordiques impressionnèrent fortement les populations locales qui traduisirent leurs sentiments par des fresques demeurées célèbres.

Giantchair : L'Atlantide

http://carthoris.free.fr/Images/Atlantide%2016.jpgChercheur « parallèle », en tout point comparable à Schliemann, l'homme qui a découvert le site de Troie, Jurgen Spanuth a vu sa thèse très contestée. On lui a beaucoup reproché son amateurisme. Il est vrai que, souvent, il s'arrange pour tourner ou pour écarter certains faits gênants. On pourrait s'étonner, en effet, de voir des éléphants s'ébattre sur les côtes danoises. Le texte de Platon est pourtant formel. Jurgen Spanuth évoque alors une confusion entre elephas (« l'éléphant ») et elerphos (« le cerf")... Faut-il, alors, placer l'Atlantide du côté d'Héligoland et faire des Peuples de la mer les descendants des Atlantes qui auraient survécu à l'engloutissement de leurs terres ?
La prudence s'impose. Une seule certitude : l'effondrement, dans la mer, il y a plus de trente siècles, d'une partie des côtes du Jutland. Tous les autres indices (les bas-reliefs de Médinet Habou, les armes nordiques, l'ambre, etc.) ne sont pas des preuves. L'archéologie vient pourtant de donner un nouvel atout à Jurgen Spanuth : on a retrouvé, sur le site même d'Héligoland et dans différents gisements sous-marins, des lingots de cuivre et de nombreuses traces d'une exploitation très ancienne de minerai. Or, le texte de Platon mentionnait la présence, parmi les richesses du sous-sol atlante, de « cuivre sous une forme dure et malléable »! Mais faut-il croire au texte de Platon ?
Il se peut que plusieurs traditions se soient mêlées, au cours de centaines d'années de récits et de légendes orales, pour donner naissance au mythe de l'Atlantide. L'invasion des Peuples de la mer, chassés de leurs terres par un cataclysme marin naturel et l'explosion du volcan de Thêra, lui aussi destructeur d'une civilisation, ont ainsi pu se confondre, avec d'autant plus de facilité que les Grecs anciens ignoraient à peu près tout de leur histoire...


Vouloir à tout prix prouver la cohérence du texte de Platon est sans doute faire une mauvaise approche du problème de l'Atlantide. On sait qu'un texte littéraire peut « transformer » la réalité : très près de nous, La Chanson de Roland en est un exemple parfait. Les récits homériques de L'Iliade et de L'Odvssée, longtemps considérés comme légendaires, ont fini par être reconnus comme vrais et « décodés », au sens strict du terme. La vérité sur l'Atlantide sortira probablement d'une critique serrée du texte de Platon et de sa « généalogie », qui devront être confrontées aux données historiques et géologiques disponibles. Un jour, l'Empire atlante cessera peut-être d'être promené sur tous les continents, y compris les continents légendaires, ou même sur toutes les planètes, puisque certains auteurs ont même soutenu que les Atlantes, vaincus par les Athéniens, n'étaient, en réalité, que des ... extraterrestres !

Sources :
Platon : extrait du Timée
Mystères - Enigmes - Atlantide. La théorie des peuples...
Giantchair : L'Atlantide


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#4  27 May 2011 16:50:54

Saint Just
Administrateur
Date d'inscription: 17 Jul 2010
Messages: 219

Re: L'Atlantide

J'ai une autre théorie
Si je lis bien toute cette histoire ne relève que des écrits du sérieux Platon
Imagine qu'il l'ait évoqué dans le Critias et le Timée mais comme un événement imaginaire
et que celui-ci soit perçu comme descriptif d'une ancienne réalité alors qu'il n'est qu'imaginaire.
A cette époque, les grecs étaient polythéistes, bien ancrés dans la mythologie,
si l'Atlantide n'était pas une affabulation non au sens de tromperie, mais un événement mythologique.
Tu vois ce que je veux dire issu de la croyance.
ou encore une histoire romancée de l'époque comme l'Avalon des chevaliers de la table ronde
Les chercheurs prêtent caution à Platon, mais justement parce que c'est Platon et donnent vie à cette légende
mais sur le fond rien de vrai.
Alors tu aurais composé ce sujet pour rien. grosourire


"Un peuple n'a qu'un ennemi dangereux : c'est son gouvernement." Louis Antoine de Saint Just

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#5  29 May 2011 19:27:05

Carthoris
Administrateur
Date d'inscription: 12 May 2010
Messages: 2573

Re: L'Atlantide

Salut l'hyperrationel,
ta version est en réalité la plus couramment admise par les scientifiques et les universitaires, l'Atlantide est alors perçue dans le sens allégorique pour décrire un déluge (comme celui de Noé, celui décrit par Gilgamesh ou encore celui raconté par les Mayas)  et/ou encore pour décrire une éruption volcanique au travers d'une fiction et les conséquences probables qu'elle aurait pu avoir. je dis et/ou car souvent dans l'explication c'est l'éruption qui entraine le raz de marée.

"Un terrible tremblement de terre joint à un déluge procuré par une pluie continuelle d'un jour et d'une nuit entrouvrit la terre (...) et l'Atlantide disparût sous la mer".

Le Timée

Platon date son récit vers milieu du Xème siècle avant JC, et y décrirait l'Epoque des Dieux, c'est la thèse d'Alan F. Alford où il décrit le déluge et le nettoyage par l'eau comme un élément purificateur de la société Atlante. Société qui allait visiblement malgré tous ses fastes vers une civilisation décadente, comme le fut plus tard l'empire romain.
L'histoire de l'antiquité ne nous dit pas où Platon tirait ses sources à propos d'un fait vieux de 9500 ans par rapport à son ère. Ce manque de sources et le fait qu'il en soit le seul rapporteur crédibilise la théorie du mythe.
Mais pour conforter ses écrits des traces de civilisations engloutie sont retrouvées... alors... qui sait !


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