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#1  15 May 2011 13:55:15

adidier24
Novice
Lieu: BELGIQUE
Date d'inscription: 11 May 2011
Messages: 14

La communication au travers des médias d'hier à aujourd'hui

Introduction

Je voudrais vous faire part d’une réflexion menée sur les médias par le philosophe J. Habermas, prolongée par Bernard Stiegler et corrigée par l’historienne française Arlette Farge. Le but de cette réflexion sera, pour moi, de construire les différents enjeux que constituent les médias dans l’éducation citoyenne actuelle. Cette recherche sera en quelque sorte le miroir des sociétés contemporaines.

Dans un premier temps, je reviendrai sur la notion de démocratie. Puis, j’évoquerai l’ancien régime et la non-publicité chez Habermas. Ensuite, je parlerai de « L’OFFENTLICHKEIT ». Après, je parcourrai l’évolution de la presse du 18e siècle à aujourd’hui.
A l’heure actuelle, c’est le déploiement d’internet, il convient donc de resituer le pourquoi d’internet et les possibilités éventuelles que cela permet. Cette dernière idée sera analysée à l’aide des travaux réalisés part Stiegler et Farge.

Chapitre 1 : la démocratie

Avant de commencer, rappelons que, selon Marcel GAUCHET, sous l'Ancien Régime, l'enfant n'est qu'un adulte en réduction. En effet, on pouvait apercevoir que l’enfant était habillé dès 6 ans comme un adulte et il participait, dès cet âge de raison, de la socialisation des adultes.

En fait, les sociétés traditionnelles, sous cet ancien régime, relèvent d'un ordre hiérarchique senti comme immuable ; les rôles y sont prédéfinis. On parlait notamment de monarchie en France dont le principe fondamental est que l’héritage direct de son ancêtre forme notre futur.

Par contre, en démocratie, l'ordre du monde repose sur l'autonomie de chaque individu devenu citoyen. Et donc d'un monde dont les citoyens débattent et façonnent petit à petit par rapport à des projets communs à partir desquels ils ne sont d'accord entre eux qu'à travers un débat.  Par conséquent, ce monde est tel qu'il change sans cesse grâce à des arguments jamais clos.

Dans une telle société, les enfants ne peuvent plus grandir seul. C'est toute la société qui est en "hiatus" par rapport à ce qu'elle est aujourd'hui et ce quelle deviendra au terme des débats entre ses membres. De fait, maintenant, entre l'enfant et l'adulte qu'il devient, il y a un "HIATUS" = une rupture : mouvements d’émancipation, de démocratisation et d'égalisation des conditions.

« La démocratie n’est pas qu’un régime politique parmi d’autres » (Gauchet).

Le projet démocratique (ou républicain, c’est pareil à mes yeux) est aussi un projet de « salut du monde », dû à l'empreinte chrétienne qui a structuré nos sociétés. Mais au lieu d'être dans l'au-delà, la République concerne l'ici-bas.  Il garanti le fondement  de la société globale en chaque personne, soit LA LIBERTE et L'AUTONOMIE. Ce qui vaut pour les enfants "normaux" vaut aussi pour les plus fragilisés, pour les personnes handicapées. Liberté, Egalité, Fraternité vaut pour toute la société, et en particulier pour l'éducation en général et l'éducation spécialisée. En particulier avec ses liens fondamentaux telle la sécurité sociale: liens politiques, liens financiers, biens concrets… Mais plus encore, c'est le projet même de notre civilisation.

L'existence même de personnes différentes oblige à conclure d'autres définitions fonctionnelles de l'humanité. Je vais reprendre la définition humaine en démocratie de André Comte-Sponville : « un être humain, est un être qui est né de deux autres êtres humains. Qu’il pense, parle, qu’il soit capable de socialisation et de travail ou pas, tout être entrant dans cette définition dispose des mêmes droits que nous et nous avons les mêmes devoirs à son égard. »

Chapitre 2 : l’ancien régime et la non-publicité chez Habermas

HABERMAS, philosophe allemand, né à Francfort en 1929, a mené une réflexion sur « le fait de faire ouvertement » = l'Offentlichkeit = la publicité, dans son livre publié en 1978, intitulé « L'Espace public ».

Comparons d’abord « le fait de faire ouvertement » par rapport à la « non-publicité » propre à l'Ancien Régime où une personne n'est pas habilité à porter des jugements publics, à rendre publiques des informations et à les diffuser. En effet, sous le règne de Frédéric II, roi de Prusse, selon le décret de 1784, les décisions politiques sont prises par un nombre restreint de personnes et DANS LE SECRET. Durant cette période, le roi de France disposait lui aussi de tous les pouvoirs.

En revanche, dans une démocratie comme nous la connaissons, « les décisions concernant une collectivité doivent être débattues et contrôlées ». Par contre, dans une dictature, seule la force et le caprice du despote fait autorité et le fait d'argumenter est un crime de lèse-majesté.

On sait qu’au-delà de ce pouvoir, la société est régie par des lois qui dépasse le roi lui-même qui pourrait précipiter sa perte s’il ne la respecte pas.

Dès lors, dans une monarchie constitutionnelle comme l'Ancien Régime, qu'est-ce qui est non-public?
Par exemple, en Belgique, l'influence politique du roi est déterminante, comme membre à part entière du pouvoir exécutif. Voilà un exemple de ce qui est non-public.

Nous sommes habitués à voir exercer l'autorité sous la forme suivante: les ministres et les hommes politiques possèdent une responsabilité en général. Quand ils prennent une décision, ils doivent en rendre compte à la presse, au Parlement et donc ils doivent pouvoir justifier cette décision PAR DES ARGUMENTS. Ce qui limite leur pouvoir et en même temps qu'il l'accroît au cas où ils arrivent à persuader l'opinion. Par conséquent, cela donne une extraordinaire autorité, telle que jamais détenue sous l'Ancien Régime.

Chapitre 3 : le déploiement de l’OFFENTLICHKEIT

Jusqu'au 18e siècle, n'existait que l'autorité royale où ce qui régule les réunions de la Cour de Louis XIV, c'est l'étiquette, le protocole.
Toute la société, y compris l'économique, est ainsi réglementée (ex: règlements protectionnistes, corporations de métiers... qui entravent la libre circulation des biens).

C'est alors, pour des raisons économiques, que les bourgeois et les nobles s'opposent à l'Ancien Régime. Par exemple, les discussions autour d’un café dans ce qui commence à être applé des « pubs » = lieux publics où apparaissent la discussion, l'argumentation. (D’abord dans des salons littéraires et artistiques, puis politiques, dans l'Angleterre du XVIIe, la Hollande de la deuxième moitié du 16e siècle, qui a fondé l'idée de nation, de "démocratie").  C'est alors qu'on traite les gens  d'égal à égal où la seule autorité qui s'impose est celle du meilleur argument.
Par conséquent, ce mouvement s'étendant, il est naturel donc d'inventer la presse avec laquelle l'autorité devra argumenter.
C'est ainsi que l'évolution de la presse nous renseigne sur l'évolution de nos démocraties: la presse étant la condition nécessaire de l'exercice de la réalité de la démocratie.

Chapitre 4 : l’évolution de la presse jusqu’à aujourd’hui

La presse a pour objectif principal de défendre une ligne politique et idéologique dans un premier temps. Jusque 1850, sur le plan commercial et économique, il n’y a pas de publicité. Les seuls réclames portent sur des objets extravagants ou exceptionnels et non sur la consommation.

Après cela, l’économie change diamétralement de nature : il faut fidéliser les produits au public. La presse vise donc un plus large public (mondialisation des informations). L’objectif principal devient dès lors : « faire vivre matériellement et financièrement le journal » comme le dit si bien Habermas. L'énergie et le coût qu'il faut déployer pour rentabiliser les journaux sont tellement grands aujourd'hui que c'est la publicité qui la fait vivre. Et donc, l'objectif immédiat est passé à l'arrière plan: = celui d'être un lieu de débat, le lieu de défense d'une ligne de conduite, d'une idéologie. De là, découle le marketing et survient la publicité dans le poids grandissant des impératifs commerciaux.

Chapitre 5 : interprétation de cette évolution

Pour HABERMAS, il faut distinguer deux types de communications. D’une part, les moyens automatiques de la communication que sont l'argent et le pouvoir (le politique, l'administratif) caractérisés par le fait qu'ils n'engendrent aucune communication vraie  entre les êtres et menacent la démocratie. D’autre part, la communication « véritable » qui est l’agir humain orienté vers l’intercompréhension en vue de l’élaboration d’un consensus démocratique.

Inversement à ce système de communication, "le monde vécu", concept proche de SOCIETE CIVILE, constitue le fonds commun des valeurs, (la solidarité en premier lieu), de traditions, de mémoire historique, de culture: à partir de là, les hommes vivent vraiment, acquièrent une identité d'hommes et de citoyens et COMMUNIQUENT.

Or l'éducation n'est pas possible sans fréquents recours à la notion de solidarité, et donc à la communication.

Dans le « monde vécu », la réalité est accessible par le langage et est structuré linguistiquement.

Le système, quant à lui, forme une rationalisation, qui se substituerait par la logique communicationnelle du « monde vécu ». Par exemple : la monétarisation de l'économie, la codification juridique des rapports sociaux… jusque dans les relations parents/enfants, voisins, prof/élèves; la psychologisation de l'éducation.

Le « monde vécu » accueille le milieu vivant dans lequel s'élaborent les valeurs, ce qui motive concrètement les hommes. Si les motivations disparaissent, le "Système" est en danger, par le dérèglement du "monde vécu", gisement de valeurs où il allait puiser ses motivations.

HABERMAS détecte dans un tel système régi par la logique et le pouvoir un danger. Par exemple, la montée des maladies mentales dues au fait de la montée de la suppression de l'idée de démocratie et l'idée de solidarité. « C'est bien l'humanité qu'on risque de faire périr » dit-il. En effet, l'argent et le pouvoir ne peuvent acheter, ni obtenir de force, ni la solidarité, ni le sens. Le socialisme peut s'assimiler avec l'idéal démocratique dans des espaces publics qui resteraient autonomes, telles les associations qui stopperaient volontairement leur croissance lorsqu'elles ne pourraient plus fonctionner qu'en regard des impératifs du système. De là découle une presse dégagée de la publicité et des impératifs du sensationnalisme pour imposer un journalisme de réflexion et d'approfondissement. Cette presse nouvelle peut-elle naître au sein de la presse classique? (exemple de réussite dans ce sens : « le monde diplomatique »). Mais on peut être plus pessimiste aujourd'hui qu'il y a 15-20 ans.

Chapitre 6 : agir rationnel, libre-arbitre et ère post-séculière

HABERMAS craint ce qu'il appelle "le naturalisme" = (position athée ou agnostique courante) et la position des laïques, soit une dimension éventuellement antireligieuse de la laïcité. En effet, il pense que l'Etat libéral (= le pluralisme ou la neutralité ou la laïcité de l'Etat) démocratique souffre de pathologies qui le menace comme la mise en cause de la liberté psychologique, voire de la réalité de l'identité individuelle, tous deux issus du naturalisme. Ainsi, ce qui nous fait agir, ce ne sont pas tant les causes (= ce qui agit sur nous sans que l’on ai aucun pouvoir), mais plutôt les raisons dont nous délibérons avec nous-mêmes et avec d'autres. Cette délibération pouvant avoir lieu dans l'espace privé mais a aussi sa place dans l'espace public. Cette délibération est remise en cause par un tel Etat.

Il affirme ceci : « la compétition que se livre des individus enchainés les uns aux autres  par le système (le système dont je parlais  plus tôt, celui opposé au monde vécu) ne peut qu’étouffer toute possibilité d’amitié entre des personnes. Cette amitié qui inspire le rêve socialiste d’une société émancipée, garantissant à tous une égale liberté. »

Comment dès lors puis-je me construire ma propre identité lorsque que je grandis dans un système dans lequel il y a une intrusion extérieure dans mon propre corps : « pour se sentir libre, chacun doit pouvoir assumer biographiquement sa qualité d’auteur unique » affirme Habermas.

Chapitre 7 : les possibilités éventuelles d’Internet

La configuration actuelle d'Internet imite la structure de la démocratie alors que les médias classiques reflètent une société plus hiérarchique que démocratique. En effet, la question de la dépendance d'Internet à la publicité ne se pose pas de façon aussi criante que pour d'autres médias. Cependant, attention au caractère fortement centralisé (exemple Google), et à la nécessité de bien recouper les informations puisées sur Internet (par d'autres sites, livres...).

Ce qui me parait important de mentionner c’est la comparaison entre Internet et les autres médias, comme la télé…
Pour expliquer cette comparaison, je vais reprendre le débat Sego-Sarko et la décision d’adopter le « traité constitutionnel européen » que j’appelerai TCE.

Lors du débat Sarko-Ségo, les sondages, l’électorat évoluaient considérablement après chacune de leur apparition médiatique. Cependant, contrairement au TCE, cette évolution est uniquement due à ce que Habermas appelait la « com », la publicité. Les votes ne changeaient que par l’image que nous renvoyaient ces deux politiciens. A aucun moment les gens ne se sont arrêtés sur leur discours, leur propos. La télévision a mis en avant les qualités oratoires de chacun des deux candidats sans réellement traiter du fond. Et cela est impossible actuellement dans les médias.
Par contre, le TCE n’était pas visible dans les différents médias, il était juste relaté sur Internet. Les gens avaient donc la possibilité d’en débattre comme on le faisait auparavant dans les « pubs ». C’était l’argument meilleur qui l’emportait. Le choix de voter en faveur ou en défaveur du TCE se faisait donc au travers d’un texte avec ses faiblesses et ses qualités porté par une analyse riche d’arguments. Les journalistes comme le public d’ailleurs ne s’intéressaient au TCE que parce qu’il « symbolisait la possibilité d’agir pour tout un chacun » affirme Thierry Clouzet.
La particularité d’Internet est d’être un réseau, mais un réseau dépourvu de centre dominant et un site est d’autant plus efficace qu’il est en liens avec d’autres d’ailleurs. A cet égard, la configuration actuelle d’Internet imite la vraie structure démocratique (le fait d’être assis autour d’une table et de débattre) contrairement aux autres médias qui ne sont que le reflet du système.

Chapitre 8 : P. Le Lay et ses déclarations

Dixit P. LE LAY grand PDG de TF1 : « Dans une perspective « business »: à la base, le métier de TF1, c'est d'aider par exemple Coca Cola à vendre son produit. A cet effet, nos émissions ont pour vocation de rendre DISPONIBLE le cerveau du téléspectateur: = le divertir, le détendre pour le préparer entre 2 messages.
Ce que nous vendons à Coca Cola, c'est donc  temps de cerveau humain disponible ».

PRIVATISATION ET AUDIENCE

Dans les années 50, presque toutes les télévisions européennes relevaient d'abord d'un service public et leurs missions étaient d'informer, éduquer, divertir.
Dans les années 80, interviennent les premières privatisations qui sont entrées dans une logique commerciale. Elles se sont alors fiancées par la publicité et sont donc entrées dans une course à l'audience. Par conséquent, les principes énoncés plus hauts ont volés petit à petit en éclats. Les chaînes de télévision vendent alors de l'audience de masse.
Nous sommes par conséquent absorbés par des choses et donc nous devenons des choses nous-mêmes, nous sommes anéantis dans notre identité d'êtres humains. Nous ne sommes plus nous-mêmes. Ce qui rejoint la question identitaire que je pose à la fin du chapitre 6.

UNE INTERPRETATION PLUS MODEREE

L'idée citée ci-dessus est une idée très radicale, révolutionnaire.
Tandis que pour Eric MACE dans « Qu'est-ce qu'une sociologie de la télévision » dans la revue "RESEAU3 n°104, 2000: « le vide des programmes entre 18h30 et 21h30 correspond au moment où les gens rentrent chez eux, préparent le souper, les devoirs... Ils sont peu disponibles pour l'écoute. Par rapport à ces programmes parfois débiles ou ces publicités, s'établit chez la plupart des téléspectateurs, une distance critique.
Nous ne devenons donc pas débiles parce que nous regardons des émissions débiles.

QUELLE INTERPRETATION CHOISIR?

D'une certaine façon, on peut dire que l'être humain dans sa subjectivité, dans sa conscience est sans cesse menacé par la chosification (appelée aussi réification). On doit peut-être dédramatiser l'impact des médias, mais d'une manière analogique, la course à la consommation peut faire penser à des menaces comme la folie, la violence (y compris privée), la prise de drogues, le suicide (France Télécom)… On peut se demander si la consommation, elle-même effrénée, n'est pas en mesure de détruire notre nature d'êtres humains. De même, la production effrénée est aussi la suite de l'appel démesuré à la consommation.
Chapitre 9 : interprétation de Stiegler

Premièrement, les êtres humains sont des êtres S'ECOULANT DANS LE TEMPS dit-il. C'est pourquoi nous pouvons nouer entre nous des rapports intenses, fondés sur le fait que nous ne pouvons jamais appréhender parfaitement l'autre en raison de cette caractéristique de temps. A vrai dire, dans les relations, nous désirons effectivement dans l'autre et sa liberté, le fait qu'il nous échappe. « Le désir de l'autre est satisfait dans la mesure où il ne l'est pas ».

Deuxièmement, les médias fabriquent justement des objets (disques, films...) qui demeurent des choses tout en prenant l'apparence de consciences en possédant la caractéristique de s'écouler dans le temps. Pour STIEGLER, l'être humain est menacé dans le sens où il peut être réifié par ces objets temporels qui détruisent notre singularité et nos relations singulières en occupant notre temps de cerveau humain disponible.

Dernièrement, les objets temporels sont utilisés aussi POUR NOUS FAIRE CONSOMMER en travaillant sur notre inconscient et en nous faisant désirer des choses dont nous n'avons pas forcément un besoin vital, en vue d'écouler la production des entreprises. La société de consommation impose un modèle dominant du désir où celui-ci est satisfait uniquement par l'assouvissement immédiat des besoins artificiels. Par conséquent, le désir (qui est recherche de l'insatisfaction et non de l'assouvissement) est détruit. On devrait même pour moi parler de pulsion et non de désir dans l’ère actuelle.

Chapitre 10 : interprétation de Arlette Farge

Rappelons d'abord que pour HABERMAS, tant la presse que la démocratie sont définies par le débat lancé par une presse, débat public avec argumentation. C'est l'exigence des décisions du Pouvoir. Cela grâce à la mise en place de la publicité. En ce sens, la démocratie s'oppose à la monarchie d'Ancien Régime dont les décisions se prennent dans le secret, sans délibération publique et ne tient pas compte de l'avis de la population.
Pour HABERMAS, les élites sociales ont renversé cette situation en exigeant la publicité du débat et en imposant donc la liberté de la presse qui permet en public de débattre. Mais cet espace de délibération est maintenant contaminé par la publicité qui, au lieu d'encore mettre la presse au service du public, la met au service des intérêts privés.

Or pour Arlette FARGE, l'espace public n'est pas seulement bourgeois ou élitiste. C’est tous les citoyens lambdas qui débattent et discutent. La preuve avec le système d’écoute policière mis en place à l’époque.

Les dirigeants du Royaume, les policiers, les élites sociales, ne prennent pas en compte la parole de la population, mais la redoutent. Comme si c'était un geste, un acte, un attentat contre le roi. Car, par définition, seuls le roi et son régime gouvernent la société.

Alors que sur toute une série de questions, la population émet des jugements argumentés. Par là, la population parisienne cherche à devenir quelque chose dans la société au-delà des besoins immédiats. Elle désire de plus en plus être considérée individuellement comme des personnes, et collectivement comme un peuple souverain.
Il y a aussi la revendication d'être considérée comme une opinion publique, comme un peuple qui a le droit d'être mis au courant des affaires du Royaume, de demander des comptes au Roi, bref d'être un peuple souverain.

Les conversations entre êtres humains établissent le monde comme un monde humain, la démocratie comme la démocratie. Là existent aussi, comme le montre FARGE, des espaces populaires de discussions et de délibérations. La presse comme la démocratie n'est pas née que des aspirations des élites dit-elle.

Pour comprendre l'IMPORTANCE POLITIQUE DE L'AMITIE, voyons que pour les Grecs, l'essence de l'amitié consistait dans le discours : pour eux, seul un « parler-ensemble » constant unit les citoyens en une humanité. Car le monde n'est humain seulement que lorsqu'il est devenu objet de dialogue. Nous humanisons ce qui se passe dans le monde en parlant et, dans ce parler, nous apprenons à être humains.
Cette humanité se manifeste en une disposition à partager le monde avec d'autres hommes.




Pour conclure cette recherche, je dirais simplement ceci :

La liberté de parler ou d'écrire peut nous être ôtée par une puissance supérieure, mais pas la liberté de penser. Or, penserions-nous beaucoup et bien, si nous ne pensions pas en commun avec d'autres, qui nous font part de leurs pensées et auxquels nous communiquons les nôtres?


"On construit des prisons au lieu de bâtir des hommes" Christophe Alévêque

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#2  6 Jun 2011 16:20:07

Lermontov
Missionnaire
Date d'inscription: 7 Feb 2011
Messages: 120

Re: La communication au travers des médias d'hier à aujourd'hui

Je ne vois pas bien en quoi la laicité menace l'identité. L'etat liberal est laique et pas athée ou anti religieux. D'autre part, ou est la competition dans une masse de travailleurs exploités de maniere egale ?
Il n'est pas sur du tout qu'internet soit un instrument de communication, c'est pour moi un instrument de communion. On ne vient pas sur Internet pour parler, echanger des idees, convaincre ou etre convaincu. On vient pour communier dans le meme registre d'idée. En témoigne ce forum, nous avons tous peu ou prou les memes idees. Il ne peut logiquement, y avoir, dans ce cadre confrontation d'idees differentes et la difference ne peut enrichir puisqu'il n'y en a pas ou des qu'elle existe, elle est censurée. Tous les forums aujourd'hui marchent ainsi, les grands site de journaux. Pour exemple, j'ai tente de dire sur le nouvel obs que la parenté entre le procureur dans l'affaire dsk et Sarkosy etait troublante, on m'a censuré.
Personnellement, la communication c'est du parler et pour reprendre ce que disait Francoise Dolto, c'est le verbe qui fait l'homme.   La publicité est un rejeton commercial. j'aimerais preciser aussi, comme Mr Joffrin un jour, que les rois ont ete elus en France, devant le president et pour certains historiens, c'est la chasse qui a cree le langage outil de communication par excellence. Internet sert l'information, la bonne et la mauvaise mais la communication, j'en doute. Autrement, j'ai trouvé cert article tres interessant, j'en remercie son auteur. j'ai appris des choses.

Dernière modification par Lermontov (6 Jun 2011 16:21:44)

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