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#1  18 Jan 2011 15:20:54

tobeor
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Clonage possible ? farfelu ?… ou tout simplement déplacé

LE CLONAGE POURRA-T-IL RESSUSCITER UN MAMMOUTH?

Des scientifiques japonais vont tenter de redonner vie à cette espèce disparue depuis des milliers d’années grâce à la technique du clonage. Cela devrait leur prendre environ 5 années.



http://nsa26.casimages.com/img/2011/01/18/110118032317880818.jpg

Les chercheurs vont travailler sur les tissus d'un cadavre de mammouth retrouvé congelé et conservé dans un laboratoire russe. "Les préparatifs son achevés" et l'équipe va bientôt pouvoir débuter les opérations, a assuré au journal Akira Iritani, chef de l'équipe scientifique et professeur à l'université de Kyoto (ouest).



Source et suite
http://levif.rnews.be/fr/news/actualite … 999558.htm


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#2  20 Jan 2011 04:34:41

Max
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Re: Clonage possible ? farfelu ?… ou tout simplement déplacé

http://media.thethaovanhoa.vn/2011/01/15/15/03/Prof.jpg

Akira Iritani, 83 ans, n’a rien d’un farfelu. Ce généticien, professeur à l’université de Kyoto, pionnier des fécondations in vitro dans les années 1970, est connu pour avoir, en 2004, inséré des gènes d’épinards dans des cellules de porc, une expérience restée dans les mémoires comme la première hybridation entre un animal et une plante.
Celui ci, s'apprête aujourd'hui à utiliser les techniques du clonage pour faire naître un mammouth. « Les préparatifs sont terminés » a-t-il expliqué à la presse.

http://s3.e-monsite.com/2010/09/27/09/monstresdiparus36.jpg

Il lui manquait le donneur. Il l’a trouvé. Voulant cloner un de ces pachydermes éteints depuis quelques milliers d’années il "confiera" l’embryon à une éléphante. Le scénario n’est pas loin de celui de Jurassic Park… En 2002, ce biologiste japonais avait cherché à obtenir un cadavre de mammouth congelé dans le pergélisol pour tenter l’expérience mais était rentré bredouille de Sibérie.
Donc, il y a peu de temps, un laboratoire russe a donné son accord pour confier un mammouth laineux retrouvé congelé et maintenu en l’état. Iritani s’est associé à un spécialiste russe des mammouths, à deux biologistes des États-Unis, spécialistes, eux, des éléphants, ainsi qu’à Minoru Miyashita, de l’université de Kinki (Japon).

http://eco.rue89.com/files/2009_01_19_Laboratoire_Analyse_Medicale.jpg

Le chercheur japonais veut s’appuyer sur un précédent spectaculaire : l’obtention de souris vivantes à partir de cellules congelées. En 2008, l'équipe de Teruhiko Wakayama, du Centre de biologie du développement Riken (Kobe) a en effet réussi l’exploit de cloner des cellules prélevées sur des souris mortes et congelées, seize ans auparavant pour les plus anciennes.
Bien sûr, ces cellules étaient en parfait état, ce qui est loin d’être le cas de celles de ce mammouth mort il y a des milliers d’années (l’âge du fossile n’est pas indiqué). Les chercheurs n’auront à se mettre sous le scalpel que des tissus très dégradés, dans lequel l’ADN risque d’être très mal conservé. On peut mesurer la difficulté en se souvenant des travaux réalisés sur le génome de l’Homme de Neandertal, en 2006 par Catherine Hänni du laboratoire Paléogénétique et évolution moléculaire (CNRS, école normale supérieure de Lyon), et en 2009 par Svante Pääbo, de l'Institut Max Planck (Leipzig, Allemagne). Quant au mammouth laineux, le meilleur score actuel est un séquençage de 75 % du génome, réalisé par deux généticiens du Mammoth Genome Project.

http://www.zone-ufo.com/wp-content/uploads/2010/04/adn.jpg

Mais Akira Iritani y croit, comme il vient de l’expliquer à un journal japonais, Yomiuri Shimbun et au britannique Telegraph. Le biologiste va donc tenter, une fois l’ADN extrait, de l’injecter dans des ovocytes d’éléphantes, préalablement énucléés. Minoru Miyashita a fait le tour des zoos japonais pour obtenir ces cellules prélevées sur des éléphantes venant juste de mourir.

Ces ovocytes seront mis en culture pour se développer en embryons. L’un d’entre eux au moins sera implanté dans l’utérus d’une éléphante, qui aura 22 mois pour mener à bien une gestation et accoucher, peut-être, d’un bébé mammouth, premier de son espèce à ouvrir les yeux depuis des millénaires. « Dans cinq ou six ans », a expliqué Akira Iritani au Yomiuri Shimbun, ou bien peut-être « dans quatre ans », comme il l’a dit au Telegraph.

http://www.tv5.org/TV5Site/info/afp/francais/journal/sci/photo_1278864121986-1-0.jpg


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#3  20 Jan 2011 04:41:10

Max
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Re: Clonage possible ? farfelu ?… ou tout simplement déplacé

http://www.gurumed.org/wp-content/uploads/2011/01/mammouth-congel_thumb.jpg

«Si nous parvenons à créer l'embryon d'un clone, il nous faudra discuter, avant de l'implanter dans un utérus, de la manière dont nous pourrions nourrir (le futur mammouth) et de la pertinence de le montrer au public», a poursuivi M. Iritani.

Il pense que son expérience, si elle réussit, permettra d'en savoir plus sur ces grands herbivores laineux disparus, il y a des millénaires, de la surface de la Terre pour des raisons encore discutées.

«Après l'éventuelle naissance du mammouth, nous examinerons ses conditions de vie et ses gènes afin de comprendre pourquoi l'espèce s'est éteinte», a dit le chercheur.

http://photo.parismatch.com/media/photos2/actu/environnement/bebe-mammouth/cold-case/632086-1-fre-FR/actu-environnement-bebe-mammouth-Cold-Case_galleryphoto_paysage_std.jpg

Articles :

TVA
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/sc … apon.shtml

Dernière modification par Max (20 Jan 2011 05:00:54)


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#4  20 Jan 2011 04:43:32

Max
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Re: Clonage possible ? farfelu ?… ou tout simplement déplacé

http://www.abstractmachine.net/index/images/thumbnails/liberation_logo.jpg

Quand il y a quelques années fut lancé dans les médias le projet de cloner un mammouth, des scientifiques objectèrent seulement que l’ADN risquait de ne pas être en assez bon état, admettant ainsi que le mammouth, comme l’abeille, le maïs ou l’homme, serait réductible à son génome. Puisque des chercheurs viennent de reconstituer la presque totalité (80 %) du génome de cette espèce disparue (ne pinaillons pas sur les 20 % d’ADN qui manquent encore) le clonage du mammouth en devient-il réalisable ? Dans la revue qui rapporte l’exploit technique des généticiens (Nature, 20 novembre 2008), le journaliste scientifique Henry Nicholls analyse ce qu’il reste à réussir pour voir gambader dans nos champs des petits mammouths (Let’s make a mammoth), une chaîne de performances assez improbable car pour faire revivre (ou seulement vivre) un animal il faut mettre en jeu beaucoup plus que son ADN. Nicholls ne nie pas les difficultés afférentes à chaque étape mais, conformément à l’aliénation de la science par la génétique, l’enjeu se réduirait à la transmission de la molécule sacrée au sein d’un être vivant. Suivons le montage qui propose d’introduire le génome de ce pachyderme dans un ovule d’éléphante.

http://static.blogstorage.hi-pi.com/photos/ninamyers.blogspace.fr/images/gd/1241500067/bebe-mammouth.jpg


Phase 1 :
assembler les fragments d’ADN en chromosomes. Pour cela il suffit d’admettre d’abord que le mammouth avait le même nombre de chromosomes que l’éléphant (soit 56) puis que l’attribution de chaque élément d’ADN à un chromosome déterminé est indifférente, comme si la position d’un gène n’influençait pas son activité. De plus, comme l’avait prévu Michael Crichton pour les dinosaures de Jurassic Park, on devrait oublier le chromosome Y, et donc la création de mâles, car ce chromosome petit et répétitif est très difficile à reconstituer. Même chose pour les centromères chromosomiques, régulateurs indispensables de la division cellulaire. No problem : on fera des centromères artificiels !


Phase 2 :
construire un «noyau de mammouth». En ajoutant des protéines d’ovules de crapaud à l’ADN de mammouth, on obtiendrait la chromatine nécessaire pour constituer les chromosomes et aussi pour former une membrane nucléaire autour de cette mixture. Super ! D’autant que lors de l’incubation ultérieure de ce noyau mammouth-crapaud dans un ovule d’éléphante (voir plus loin), les protéines crapaudes devraient être remplacées par des protéines éléphantines… Ainsi la bave de crapaud n’atteindrait pas la blanche éléphante. Mais cette nouvelle mixture permettrait-elle le fonctionnement normal du génome de mammouth ?


Phase 3 :
obtenir des ovules d’éléphant. L’éléphante produit un ovule tous les quatre mois (durée du cycle ovarien) mais il n’y a que quelques cycles tous les 5-6 ans (dans l’intervalle des périodes de gestation lactation). De plus, pour recueillir cet ovule rarissime, les techniques au point chez les autres mammifères (dont notre espèce) sont inadaptées car, indique un zoologiste de Berlin, les ovaires sont situés trop profondément… D’où l’idée géniale de transplanter du tissu ovarien d’une éléphante décédée dans un ovaire de souris dont on inhiberait les défenses immunitaires, non sans avoir supprimé aussi son hypophyse afin de pouvoir impulser, par injection d’hormones, des cycles comparables à ceux de l’éléphante chez cette souris très bricolée. Une souris qui accouche d’un œuf d’éléphant, fastoche ? Pas vraiment mais un expert états-unien indique que «ce n’est pas parce que c’est difficile aujourd’hui qu’on n’y arrivera pas». Qui oserait le contredire ?


Phase 4 :
transférer le noyau de mammouth dans l’ovule d’éléphante («clonage»). Le transfert du noyau reconstruit dans l’ovule d’éléphante (technique abusivement dénommée clonage) risque d’être délicat si on considère la rareté des ovules receveurs et les échecs fréquents de cette technique chez les autres mammifères. Pourtant un spécialiste de biologie régénérative du Connecticut explique qu’«il est raisonnable de penser que ça va s’arranger». Surtout si on tient compte d’une manip astucieuse : pourvu qu’on obtienne un début d’embryon, ses cellules souches pourraient servir à construire une chimère en étant injectées dans un vrai embryon d’éléphant (ça aussi pas facile à obtenir). Une fois née, cette créature mixte composée de cellules «pures» d’éléphant et de cellules «pures» de mammouth générerait des ovules ou des spermatozoïdes des deux espèces si bien qu’on disposerait de gamètes pur-sang mammouth pour pratiquer une vraie fécondation «pure mammouth» ! A noter que c’est la seule occasion pour le commentateur d’évoquer une «chimère» alors que depuis le début de l’opération il n’était que chimères (les chromosomes, le noyau ou l’œuf cloné) pourvu que la mystique généticienne ne réserve pas ce terme au mélange des ADN mais qu’on l’applique aussi au mélange d’autres éléments vitaux d’espèces différentes.

Phase 5 :
transplanter l’embryon dans l’utérus d’une éléphante. On n’a jamais réussi à introduire un embryon dans l’utérus d’une éléphante mais le zoologiste berlinois que c’est possible. Pourvu d’avoir le bras long puisque l’utérus est à 2,5 mètres de l’orifice vaginal. Concernant la gestation, Nicholls se réjouit que, le mammouth laineux étant plus petit que l’éléphant, il n’y aurait pas de problème obstétrical. Aucune évocation d’un rejet éventuel ou de l’incompatibilité biologique entre l’«embryon de mammouth» et la matrice hôte, celle de l’éléphante. Certainement parce que l’ADN a été institué comme référence transcendantale en biologie, et que cette molécule chimique recèle un code œcuménique.


Phase 6 :
faire naître la chose. Et après ? Si toutes ces manipulations réussissaient, on devrait obtenir une bestiole dans laquelle une maman mammouth ne reconnaîtrait pas son petit. Mais il serait insuffisant d’obtenir un seul spécimen si le but est de recréer l’espèce. Des individus des deux sexes seraient nécessaires (or la génération de mâles est, nous l’avons évoqué, bien plus problématique encore que celle de femelles) et ces individus devraient avoir des génomes variés pour créer une diversité viable au sein de l’espèce (or on ne dispose pas des variants génétiques nécessaires). Enfin, une dernière difficulté serait de fournir à ces animaux ressuscités l’écosystème qui leur conviendrait. Bien sûr, le journaliste reconnaît que toutes ces étapes posent aujourd’hui des entraves au projet de cloner le mammouth, mais il estime que cela pourrait (devrait) devenir faisable. Faisant remarquer que le séquençage des génomes n’a commencé qu’au moment où Crichton écrivait Jurassic Park (1990), il s’extasie : «Et regardez comme on a énormément progressé depuis !» Il ajoute que «le clonage d’un mammifère passait pour impossible il y a quinze ans» sans considérer qu’il demeure impossible à ce jour, sauf à confondre le bouturage du matériel génétique avec la reproduction à l’identique d’un individu. C’est-à-dire en réduisant les êtres vivants à leur ADN, comme le veut la biologie synthétique et comme il est démontré tout au long de ce jeu de construction chimérique.

Dernière modification par Max (20 Jan 2011 04:48:04)


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#5  21 Jan 2011 01:08:13

House
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Re: Clonage possible ? farfelu ?… ou tout simplement déplacé

Un article sur la même info sur FS:

Un biologiste japonais réputé, Akira Iritani, s’apprête à utiliser les techniques du clonage pour faire naître un mammouth. « Les préparatifs sont terminés » a-t-il expliqué à la presse.

Il lui manquait un mammouth. Il l’a trouvé. Alors il le fait. Akira Iritani, professeur à l’université de Kyoto, veut cloner un de ces pachydermes éteints depuis quelques milliers d’années et confier l’embryon à une éléphante. Le scénario n’est pas loin de celui de Jurassic Park… En 2002, ce biologiste japonais avait cherché à obtenir un cadavre de mammouth congelé dans le pergélisol pour tenter l’expérience mais était rentré bredouille de Sibérie.

Akira Iritani, 83 ans, n’a rien d’un farfelu. Ce généticien, pionnier des fécondations in vitro dans les années 1970, est connu pour avoir, en 2004, inséré des gènes d’épinards dans des cellules de porc, une expérience restée dans les mémoires comme la première hybridation entre un animal et une plante

.

Source

!!!! quelle horreur


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#6  9 Feb 2011 10:15:54

tobeor
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Re: Clonage possible ? farfelu ?… ou tout simplement déplacé

Le clonage humain et la gouvernance internationale

Après la publication, en 2007, du rapport Le clonage des êtres humains à des fins de reproduction est-il inévitable ? Options futures pour la gouvernance des Nations Unies (uniquement disponible en anglais) établi par l’Institut des hautes études de l’Université des Nations Unies (UNU-IAS), le Directeur général de l’UNESCO a souhaité que le Comité international de bioéthique (CIB) ajoute à son ordre du jour l’examen de ce document.
La question de la gouvernance internationale en matière de clonage humain a donc été ajouté au programme de travail du CIB pour la période 2008-2009 et un groupe de travail présidé par le Professeur (M.) Toivo MAIMETS (Estonie) a été mis en place.

Source et suite


http://www.unesco.org/new/fr/social-and … overnance/


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#7  2 Mar 2011 10:07:10

tobeor
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Re: Clonage possible ? farfelu ?… ou tout simplement déplacé

PONTIFICIA ACADEMIA PRO VITA
RÉFLEXIONS SUR LE CLONAGE


Prof. Juan de Dios Vial Correa
Président

Mons. Elio Sgreccia
Vice-Président



1
HISTORIQUE


Les progrès de la connaissance et les développements techniques qui s'y rapportent dans le domaine de la biologie moléculaire et génétique et de la fécondation artificielle ont permis depuis un certain temps l'expérimentation et la réalisation de clonages dans le milieu végétal et animal.

En ce qui concerne le milieu animal, on a tenté, dès les années trente, de produire des individus identiques obtenus par scission gémellaire artificielle, modalité que l'on peut définir à tort comme clonage.

La pratique de la scission gémellaire dans le domaine zootechnique se diffuse dans les laboratoires d'animaux pour encourager la production multiple d'exemplaires choisis. En 1993, Jerry Hall et Robert Stilmann de la George Washington University ont publié des données relatives à des expériences de scission gémellaire (splitting) d'embryons humains de 2, 4 et 8 embryoplastes qu'ils avaient eux-mêmes réalisées. Il s'agissait d'expériences conduites sans le consentement du Comité d'éthique compétent et publiées pour « stimuler », selon les auteurs, la discussion éthique.

La nouvelle, parue dans la revue Nature du 27 février 1997, de la naissance de la brebis Dolly, due aux scientifiques écossais Jan Vilmut et K.H.S. Campbell avec leurs collaborateurs du Roslin Institute d'Edimbourg a, quant à elle, ébranlé de façon exceptionnelle l'opinion publique et a provoqué des prises de position de la part d'autorités et de comités nationaux et internationaux: en effet, il s'agit ici d'un fait nouveau et considéré comme bouleversant.

Ce fait présente une double nouveauté: la première est qu'il s'est agi non pas de scission gémellaire, mais d'une nouveauté radicale appelée clonage, c'est-à-dire la reproduction asexuelle et asexuée visant à produire des individus biologiquement égaux à l'individu adulte qui fournit le patrimoine génétique de base. La seconde nouveauté est que ce type de clonage proprement dit était considéré jusqu'à présent comme impossible. On pensait que l'ADN des cellules somatiques des animaux supérieurs, ayant désormais franchi le stade de la différenciation, ne pouvait plus redevenir totipotente comme au stade initial et, par conséquent, avoir la capacité de guider le développement d'un nouvel individu.

Une fois surmontée cette impossibilité supposée, la voie du clonage humain est apparue désormais ouverte, le clonage étant entendu comme la production d'un ou de plusieurs individus somatiquement identiques à la souche.

Ce fait a, à juste titre, provoqué des réactions angoissées et alarmistes. Mais, après une première phase d'opposition unanime, certaines voix ont voulu attirer l'attention sur la nécessité de garantir la liberté de la recherche, de ne pas condamner le progrès; et il a même été dit que le clonage serait à l'avenir accepté au sein même de l'Église catholique.

C'est pourquoi il est utile, avec le recul, et le temps ayant passé, de procéder à un examen attentif de ce fait qui a été ressenti comme un événement bouleversant.



2
LE FAIT BIOLOGIQUE


Le clonage, entendu dans le sens biologique, en tant que reproduction artificielle, est obtenu sans l'apport des deux gamètes; il s'agit donc d'une reproduction asexuelle et asexuée. La fécondation à proprement parler est remplacée par la « fusion » d'un noyau prélevé sur une cellule somatique de l'individu que l'on veut cloner ou de la cellule somatique elle-même avec un ovocyte énucléé, c'est-à-dire privé du génome d'origine maternelle. Étant donné que le noyau de la cellule somatique est porteur de tout le patrimoine génétique, l'individu obtenu possède — sauf altérations possibles — l'identité génétique du donateur du noyau. C'est cette correspondance génétique essentielle avec le donateur qui produit chez le nouvel individu la réplique somatique, la copie du donateur lui-même.

L'événement d'Edimbourg a eu lieu à la suite de 277 fusions ovocyte-noyau donateur: seules 8 d'entre elles ont fonctionné, c'est-à-dire que seules 8 sur les 277 ont donné lieu à un développement embryonnaire et un seul de ces 8 embryons est parvenu à la naissance: la brebis qui fut appelée Dolly.

De nombreux doutes et perplexités demeurent en ce qui concerne de multiples asects de l'expérimentation: par exemple, la possibilité que parmi les 277 cellules donatrices utilisées, certaines soient « staminales », c'est-à-dire dotées d'un génome pas totalement différencié; le rôle qu'a pu avoir l'ADN mitochondrial éventuellement resté dans l'ovule maternel; et encore bien d'autres questions que, malheureusement, les chercheurs n'ont pas même tenté de soulever. Quoi qu'il en soit, cela demeure un événement qui dépasse les formes de fécondations artificielles jusqu'à présent connues, qui se réalisent toujours à travers l'utilisation de deux gamètes.

Il faut souligner en outre que le développement des individus obtenus par clonage, en dehors d'éventuelles mutations possibles — qui pourraient s'avérer nombreuses — devrait conduire à une structure corporelle très semblable à celle du donateur de l'ADN: c'est là le résultat le plus troublant, en particulier dans le cas où cette expérience devrait être étendue à l'espèce humaine.

Il faut cependant remarquer que, dans l'hypothèse où le clonage devrait s'étendre à l'espèce humaine, cette duplication de la structure corporelle ne donnerait pas forcément lieu à une parfaite identité de la personne, entendue dans sa réalité ontologique et psychologique. L'âme spirituelle, élément constitutif essentiel de tout sujet appartenant à l'espèce humaine, qui est créée directement par Dieu, ne peut être ni engendrée par les parents, ni être produite par la fécondation artificielle, ni même clonée. En outre, le développement psychologique, la culture et le milieu conduisent toujours à des personnalités différentes; fait également reconnu parmi les jumeaux, chez lesquels la ressemblance ne signifie pas l'identité. L'imaginaire populaire ou l'aura de toute-puissance qui entoure le clonage doivent être au moins remis à leur juste place.

En dépit de l'impossibilité d'impliquer l'esprit, qui constitue la source de la personnalité, la perspective du clonage sur l'homme a déjà donné lieu à des hypothèses inspirées par le désir de toute-puissance: réplique d'individus doués de génie et d'une beauté exceptionnels, reproduction de l'image du « cher défunt », sélection d'individus sains et exempts de maladies génétiques, possibilité de choix du sexe; production d'embryons présélectionnés et conservés par cryogénisation à transférer dans l'utérus, pouvant servir plus tard de réserve d'organes, etc.

En considérant ces hypothèses encore comme relevant de la science-fiction, on pourra bientôt avancer des propositions de clonages tenues pour « raisonnables » ou « compatissantes »: la procréation d'un fils dans une famille dont le père souffre d'azoospermie ou encore remplacer le fils mourant d'une veuve; on pourra dire que ces cas n' ont rien à voir avec les inventions de la science-fiction.

Mais quelle serait la signification anthropologique de cette opération dans la perspective non souhaitable de l'application à l'homme?



3
PROBLÈMES ÉTHIQUES LIÉS AU CLONAGE


Le clonage humain entre dans le cadre de l'eugénisme; il est donc exposé à toutes les remarques d' ordre éthique et juridique qui l'ont amplement condamné. Comme l'écrivait dé à Hans Jonas, le clonage est « de par sa méthode, la plus despotique et, de par sa fin, la plus esclavagiste des formes de manipulation génétique; son objectif n'est pas une modification arbitraire de la substance héréditaire, mais bel et bien sa fixation tout aussi arbitraire en opposition avec la stratégie dominante dans la nature » (cf. Hans Jonas, Clonons un homme: de l'eugénétique à l'ingéniérie génétique, in Tecnica, medicina e etica, Einaudi, Turin 1997, pp. 122-154, p. 136).

Il s'agit d'une manipulation radicale de la relation et de la complémentarité constitutives qui sont à l'origine de la procréation humaine, que ce soit sous l'angle biologique ou à proprement parler du point de vue des personnalités. Elle tend en effet à faire de l'existence des deux sexes un élément purement fonctionnel, lié au fait qu il faut utiliser un ovule, privé de son noyau pour produire l'embryon-clone; elle exige pour le moment un utérus féminin afin de porter à terme le développement de l'embryon. De cette façon, on met en œuvre toutes les techniques qui ont fait l'objet d'expérimentations dans le cadre de la zootechnique, réduisant ainsi la signification spécifique de la reproduction humaine.

C'est dans cette perspective que se situe la logique de la production industrielle: il faudra explorer et favoriser les études de marché, perfectionner les expérimentations et produire sans cesse des modèles nouveaux.

On assiste alors à une exploitation radicale de la femme, réduite à quelques-uns de ses fonctions purement biologiques (prêts d'ovules et d'utérus); des perspectives de recherche apparaissent tendant vers la possibilité de construire des utérus artificiels, dernière étape de la construction d'un « laboratoire » de l'être humain.

Dans le processus de clonage, les relations fondamentales de la personne humaine sont faussées: la filiation, la consanguinité, la parenté, l'engendrement. Une femme peut être la sœur jumelle de sa mère, ne pas avoir de père biologique et être la fille de son grand-père. Si la FIVETE avait déjà introduit une confusion dans les liens de parenté, le clonage, quant à lui, brise ces liens de façon radicale.

Comme dans toute activité artificielle, on « mime » et on « imite » ce qui a lieu dans la nature, mais seulement au prix d'une méconnaissance du fait que l'homme dépasse sa seule composante biologique qui, de plus, est réduite au mode de reproduction qui caractérise uniquement les organismes les plus simples et les moins évolués du point de vue biologique.

On répand l'idée que certains hommes peuvent exercer une domination complète sur l'existence d'autrui, au point d'en programmer l'identité biologique — sélectionnée en vertu de critères arbitraires ou purement instrumentaux — laquelle, bien quelle n'épuise pas l'identité personnelle de l'homme, qui est caractérisée par l'esprit, en est une partie constitutive. La conception sélective de l'homme aura d'autre part des conséquences culturelles graves également en dehors de la pratique — quantitativement limitée — du clonage, car elle développera la conviction que la valeur de l'homme et de la femme ne dépend pas de leur identité personnelle mais uniquement de leurs qualités biologiques qui peuvent être appréciées et donc sélectionnées.

Le clonage humain doit être jugé de façon négative également en ce qui concerne la dignité de la personne clonée, qui viendra au monde en vertu du fait qu'elle est une « copie » (même si ce n'est qu'une copie biologique) d'un autre être: cette pratique crée les conditions d'une profonde souffrance de la personne clonée, dont l'identité psychique risque d'être compromise par la présence réelle ou même seulement virtuelle de son « double ».

On ne peut pas non plus émettre l'hypothèse que puisse réussir la conspiration du silence qui, comme le remarquait déjà Jonas, serait impossible et tout autant immorale: puisque le « cloné » a été engendré en vertu de sa ressemblance à quelqu'un qui « valait la peine » d'être cloné, il n'en sera pas moins l'objet d'attentes et d'attentions néfastes, qui constitueront une véritable atteinte à sa subjectivité personnelle.

Si le projet du clonage humain entend s'arrêter « avant » la transplantation dans l'utérus, cherchant ainsi à échapper au moins à certaines des conséquences que nous avons signalées jusqu'à présent, il demeure toutefois également injuste d'un point de vue moral.

En effet, l'interdiction du clonage limitée au fait d'empêcher la naissance d'un enfant cloné, permettrait, quoi qu'il en soit, le clonage de l'embryon-fœtus; elle induirait l'expérimentation sur des embryons et des fœtus, et elle exigerait leur suppression avant la naissance, en procédant à des manipulations cruelles de l'être humain.

Une telle expérimentation est dans tous les cas immorale, car elle détourne arbitrairement la finalité du corps humain (désormais définitivement considéré comme une machine composée de pièces) entendu comme un pur objet de recherche. Le corps humain est un élément constitutif de la dignité et de l'identité personnelles de chacun et il est illicite d'utiliser la femme pour fournir des ovules sur lesquels on puisse effectuer des expériences de clonage.

Cela est immoral également parce que, dans le cas de l'être cloné, nous sommes en présence d'un « homme », bien qu'encore à l'état embryonnaire.

À l'encontre du clonage humain, on peut opposer en outre toutes les raisons morales qui ont conduit à la condamnation de la fécondation in vitro en tant que telle, ainsi qu'à la réprobation radicale de la fécondation in vitro destinée uniquement à l'expérimentation.

Le projet de « clonage humain » représente une dérive terrible vers laquelle est poussée une science sans valeurs; il est le signe d'un profond malaise dans notre civilisation, qui recherche dans la science, dans la technique et dans la « qualité de la vie » des substituts au sens de la vie et au salut de l'existence.

La proclamation de la « mort de Dieu », dans le vain espoir d'un « surhomme », comporte un résultat évident: la « mort de l'homme ». En effet, on ne peut oublier que la négation de l'être humain en tant que créature, loin d'exalter la liberté de l'homme, engendre de nouvelles formes d'esclavage, de nouvelles discriminations et de nouvelles et profondes souffrances. Le clonage risque d'être la parodie tragique de la toute-puissance de Dieu. Il ne faut pas que l'homme, à qui Dieu a confié la création en lui donnant la liberté et l'intelligence, ne voie les limites à son action dictées seulement par leur impossibilité pratique: il doit savoir poser lui-même ses limites en discernant le bien du mal. On demande encore une fois à l'homme de choisir: c'est à lui de décider s'il doit transformer la technologie en un moyen de libération ou en devenir lui-même l'esclave en introduisant de nouvelles formes de violence et de souffrances.

Il faut définir une fois de plus la différence qui existe entre la conception de la vie comme don d'amour et la conception de l'être humain considéré comme produit industriel.

Mettre fin au projet de clonage humain est un engagement moral qui doit être également traduit en termes culturels, sociaux et législatifs. En effet, le progrès de la recherche scientifique est bien différent de l'émergence d'un despotisme scientifique, qui semble aujourd'hui prendre la place des anciennes idéologies. Dans un régime démocratique et pluraliste, la première garantie pour la liberté de chacun se concrétise dans le respect inconditionnel de la dignité de l'homme, à toutes les étapes de sa vie et indépendamment des dons intellectuels et physiques dont il jouit ou dont il est privé. Avec le clonage humain, on supprime la condition nécessaire à toute convivialité, à savoir traiter l'homme toujours et dans tous les cas comme une fin, comme une valeur et jamais exclusivement comme un pur moyen ou un simple objet.



4
FACE AUX DROITS DE L'HOMME ET À LA LIBERTÉ DE RECHERCHE


Sur le plan des droits de l'homme, l'éventuel clonage humain représenterait une violation des deux principes fondamentaux qui fondent tous les droits de l'homme: le principe de parité entre les êtres humains et le principe de non-discrimination.

Contrairement à ce qui peut apparaître à première vue, le principe de parité et d'égalité entre les êtres humains est bafoué par cette forme possible de domination de l'homme sur l'homme; la discrimination s'effectue à travers tout le processus sélectif et eugénique inscrit dans la logique du clonage. La résolution du Parlement européen du 12 mars 1997 reconnaît expressément la violation de ces deux principes dans le clonage humain; elle demande avec insistance son interdiction et rappelle la valeur de la dignité de la personne humaine. Le Parlement européen depuis 1983, ainsi que toutes les législations qui ont été adoptées pour légaliser la procréation artificielle, même les plus permissives, ont toujours interdit le clonage. Il faut rappeler que le Magistère de l'Église a condamné l'éventualité du clonage humain, de la scission gémellaire et de la parthénogénèse dans l'instruction Donum vitae de 1987. Les raisons qui établissent le caractère inhumain du clonage, éventuellement appliqué à l'homme, ne résident pas dans le fait qu'il constitue une forme extrême de procréation artificielle, par rapport à d'autres formes approuvées par le législateur, comme la FIVETE ou d'autres. Comme nous l'avons dit, la raison du refus se trouve dans la négation de la dignité de la personne concernée par le clonage et même la négation de la dignité de la procréation humaine.

Ce qui apparaît le plus urgent aujourd'hui est de rétablir l'harmonie des exigences de la recherche scientifique avec les valeurs humaines imprescriptibles. Le scientifique ne peut considérer comme un affront le refus moral du clonage humain; au contraire, cette interdiction élimine la dérive démiurgique de la recherche en lui restituant sa dignité. La dignité de la recherche scientifique est d'être l'un des moyens les plus perfectionnés au service de l'humanité.

D'autre part, la recherche dans le domaine du clonage trouve également une application légitime dans le règne végétal ou animal, lorsqu'il constitue une nécessité ou une utilité sérieuse pour l'homme ou pour les autres êtres vivants, restant sauves les règles de la protection de l'animal et l'obligation de respecter la diversité biologique spécifique.

La recherche scientifique au bénéfice de l'homme, lorsqu'elle a pour but de trouver des remèdes aux maladies, de soulager la souffrance et de résoudre des problèmes dus à l' insuffisance alimentaire et à une meilleure utilisation des ressources de la terre, représente une espérance pour l'humanité, confiée au génie et au travail des scientifiques.

Pour faire en sorte que la science biomédicale maintienne et renforce son lien avec le véritable bien de l'homme et de la société, il est nécessaire d'entretenir, comme le rappelle le Saint-Père dans l'encyclique Evangelium vitae, un « regard contemplatif » sur l'homme lui-même et sur le monde, dans une conception de la réalité comme création et dans le souci d'une harmonie entre la science, le bien de la personne et de la société.

« C'est le regard de celui qui voit la vie dans sa profondeur, en en saisissant les dimensions de gratuité, de beauté, d' appel à la liberté et à la responsabilité. C'est le regard de celui qui ne prétend pas se faire le maître de la réalité, mais qui l'accueille comme un don, découvrant en toute chose le reflet du Créateur et en toute personne son image vivante »



Source
http://www.vatican.va/roman_curia/ponti … %20CLONAGE


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#8  3 Mar 2011 15:28:43

tobeor
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Re: Clonage possible ? farfelu ?… ou tout simplement déplacé

Le clonage : qu'en penser ?
par Luc Olekhnovitch,
pasteur et président de
la commission d’éthique FEEB/UEEL
(Fédération des Eglises évangéliques libres et baptistes)

Le clonage est-il une avancée technologique ou une monstruosité scientifique? Examens d'arguments et de contre arguments...

http://nsa25.casimages.com/img/2011/03/03/110303032504274456.jpg

La polémique sur le clonage

Les Raëliens, ces membres d'une secte (...) qui ont les extra-terrestres pour dieux, ont annoncé la naissance fin 2003 du soit-disant premier enfant cloné (...). Raël a laissé entendre à ses fidèles canadiens : " c'est l'un des plus gros canulars de l'histoire "(1)(...). En revanche, ce qui est sûr, c'est qu'en 2004 une équipe sud-coréenne a réussi pour la première fois un vrai clonage humain, car la revue Science du 13 février 2004 a publié les résultats. Cet embryon humain, produit par clonage, s'est développé jusqu'au stade "blastocyste" (note AT2V : cellules au stade final de la segmentation de l'oeuf), où il aurait pu être transféré in utero (note AT2V : c'est-à-dire dans l'utérus). Toutefois, cette étape n'a pas été franchie, car cette équipe cherchait à obtenir une lignée de cellules souches embryonnaires susceptible d'être utilisée dans un but thérapeutique (clonage thérapeutique) et non à faire naître un bébé clone (clonage reproductif).

La perspective d'arriver un jour à cloner un être humain semble susciter une réprobation quasi-générale. Pour  condamner le clonage humain reproductif, on emploie des formules définitives comme  "crime contre l'humanité"(2) ou " attentat à la dignité de l'homme "(...).  Mais, comme le dit l'anthropologue Marc Augé : " la grande difficulté que contient pour nous aujourd'hui la réflexion sur le clonage humain, c'est que d'emblée nous sommes opposés à toute autorisation, sans savoir exactement pour quelle raison, et que nous sommes dans l'embarras lorsque nous tentons d'argumenter et de dire quels arguments justifient l'interdiction "(3) (...).

Du  côté des religions ce sont les monothéismes qui opposent la résistance la plus forte, les objections venant de la théologie chrétienne étant les plus argumentées. L'hindouisme et le bouddhisme (4) pourraient théoriquement être plus ouverts à cette perspective. Mais les objections religieuses au clonage sont déclarées d'avance irrecevables par beaucoup d'intellectuels (...). Le philosophe Pierre-André Taguieff en reste à une vision très dix-huitième : la religion chrétienne forcément obscurantiste s'oppose à la science forcément bonne. En voyant dans la maîtrise de la nature une révolte contre Dieu il montre aussi son ignorance du texte biblique (...).

Cette vision de la science comme pur progrès ne tient pas compte non plus de la rupture introduite par les biotechnologies. Il ne s'agit plus seulement de maîtriser la nature ou de maîtriser la nature humaine, mais de maîtriser  l'homme en sa totalité, de le sortir du domaine de la nature pour le faire entrer dans celui de l'industrie humaine. C'est ce qu'a bien perçu Hans Jonas : " L'ingénierie biologique donne le signal d'une nouveauté radicale…une rupture d'importance métaphysique : l'homme devient directement l'objet aussi bien que le sujet de l'industrie humaine (engineering art )." (5)



Source et suite
(Ce que le clonage n'est pas: la duplication à l'identique d'un individu; 1ers argument contre le clonage; 1ère conclusion, Point de vue chrétien sur le clonage; 2ème conclusion)
http://www.atoi2voir.com/atoi/visu_arti … &n3=42


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#9  3 Mar 2011 15:37:03

tobeor
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Re: Clonage possible ? farfelu ?… ou tout simplement déplacé

Le clonage en question : science, ethique, représentation sociale

Entretien réalisé par Jacques Saliba, le 10 décembre 1998, avec le Professeur Henri ATLAN, Médecin-biologiste, Directeur d’études à l’EHESS, membre du Comité consultatif national d’éthique pour les Sciences de la vie et de la santé.

J.S. Biologiste, mais aussi philosophe, vous questionnez les rapports que les sciences biologiques entretiennent avec l’éthique. Votre inscription dans plusieurs champs institutionnels et de savoirs, vous paraît-elle plus pertinente pour aborder les questions relatives au clonage ?

H.A. La plupart des scientifiques n’y réfléchissent pas seulement en tant que scientifiques, mais aussi en tant que citoyens et en personnes « naturellement éthiques » qui projettent, sur ces questions, leurs convictions et leurs traditions de pensée.

J.S. Y a-t-il un débat de citoyens sur cette question ?

H.A. Ça commence et c’est indispensable. Les questions d’éthique médicale ne peuvent pas seulement être menées par les scientifiques et les experts. Elles ont des enjeux sociaux qui débordent les techniques qui les créent. Ni les techniques, ni les sciences, d’où ces techniques sont dérivées, ne donnent les moyens de résoudre les problèmes qu’elles posent.

J.S. Comment les scientifiques définissent-ils le clonage ?

H.A. Le mot clonage est maintenant utilisé pour désigner une forme éventuelle de reproduction humaine. Il fait suite aux succès qui ont montré qu’il était possible de reproduire, de manière non sexuée, des mammifères à partir d’organismes déjà différenciés. Mais, ce mot de clonage est utilisé depuis très longtemps en biologie et en médecine pour désigner la reproduction de cellules génétiquement identiques. Utiliser le même mot pour parler de reproduction d’organismes est un facteur de confusion qu’il faut commencer par lever.

Il s’agit de techniques qui consistent à ôter le noyau de cellules, déjà différenciées, d’un organisme adulte et à le transférer dans un ovule énucléé. Cet oeuf, reconstitué à partir du cytoplasme de l’ovule et du noyau provenant d’une cellule adulte, se comporte comme un embryon et va donner un être qui sera génétiquement identique à celui d’où le noyau a été prélevé. D’un point de vue biologique, cela représente l’équivalent de ce qui se passe dans la nature, lors du bouturage, pour les plantes. Cette technique de reproduction, n’existant pas dans l’ordre naturel pour les mammifères, n’a été réalisée que depuis deux ans sur une brebis, puis sur une génisse et sur des souris. Certes, depuis une dizaine d’années, des essais partiellement réussis avaient été réalisés chez des batraciens, mais la communauté scientifique s’accordait à penser que cette opération était techniquement impossible chez les mammifères. Le succès récent, sur ces derniers, a contredit de façon très spectaculaire ces prédictions qui reposaient sur une certaine conception des mécanismes du développement embryonnaire. Tout un horizon s’ouvre à la recherche ! Pour cette raison, aucun scientifique n’envisage d’arrêter les travaux sur le clonage reproductif, par transfert de noyau, chez l’animal. On en attend une meilleure  compréhension des mécanismes du développement embryonnaire et l’on prévoit des applications importantes d’ordre médical, pharmaceutique et industriel.



Source et suite
http://socio-anthropologie.revues.org/index48.html


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#10  3 Mar 2011 15:59:14

tobeor
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Re: Clonage possible ? farfelu ?… ou tout simplement déplacé

Clonage humain et clonage thérapeutique par Albert Jacquard

http://www.youtube.com/watch?v=L7gN8mO2 … re=related

Le Clonage, Jacques Montagut

http://www.youtube.com/watch?v=XuN1d-eB … re=related


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