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On évoque parfois le livre à emporter sur une île déserte... en réalité la question qu'il faudrait se poser est : " Et si je ne devais en lire qu'un ? "COMPRENDRE L'EMPIRE" d'Alain Soral est la synthèse de tout ce que l'on peut retenir de ce triste siècle... car pour savoir il faut déjà comprendre, et une fois compris c'est un devoir de faire savoir.

#101  29 Jun 2011 23:37:19

tobeor
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Re: Gaz de schiste

Les anti gaz de schiste préparent un rassemblement citoyen sur l'énergie

http://nsm05.casimages.com/img/2011/06/29/1106291142241190638402222.jpg



ENERGIE - Du 26 au 28 août, les Cévennes accueilleront des débats citoyens sur l'avenir énergétique de la France...

Le collectif anti-gaz de schiste a encore de l’énergie. Malgré le vote de la loi, le 11 mai, interdisant la technique de la fracturation hydraulique, les opposants à l’exploitation des huiles et gaz de schiste restent mobilisés. Ils organisent, aux côtés de l’ONG Les amis de la Terre et d’organisations anti-nucléaire, un rassemblement citoyen du 26 au 28 août, dans les Cévennes. Ces «Etats généraux de nos besoins et de notre avenir énergétique» doivent aboutir à des propositions concrètes que les organisateurs espèrent pouvoir faire peser dans les débats pendant la campagne présidentielle.

Des représentants de plusieurs pays pour évoquer toutes les sources d’énergie

L’énergie nucléaire remise en cause par la catastrophe de Fukushima, les énergies fossiles, dont les gaz de schiste, dénoncées pour leur impact environnemental, les barrages hydroélectriques dévastateurs en Chine ou encore les agrocarburants qui prennent la place des cultures alimentaires… Les problèmes autour de l’approvisionnement en énergie se multiplient. Pour Sylvain Angerand, des Amis de la Terre, il est nécessaire d’ouvrir un débat large entre les citoyens. «Nous avons beaucoup de propositions pour définir un avenir énergétique plus sobre et plus durable, explique-t-il à 20 Minutes. Nous allons croiser les scénarios de sortie des énergies fossiles avec ceux de sortie du nucléaire.»

Des représentants de plusieurs pays seront présents, pour évoquer les problèmes propres à chaque type d’énergie: «Nous voulons faire un débat international, avec des Américains confrontés aux gaz de schiste, des Canadiens qui parleront des sables bitumineux, des Japonais qui ont vécu Fukushima, des gens d’Asie, d’Amérique latine…», énumère Sylvain Angerand.

Source et suite
http://www.20minutes.fr/article/750159/ … en-energie


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#102  1 Jul 2011 09:43:55

tobeor
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Re: Gaz de schiste

Gaz de schiste : le Parlement bannit la fracturation hydraulique
Publié le 30-06-11

Une proposition de loi UMP a été approuvée à 176 voix contre 151. L'opposition dénonce un "recul".

http://nsa28.casimages.com/img/2011/07/01/110701094902577667.jpg



Le Parlement a interdit jeudi 30 juin au soir l'utilisation de la technique de la fracturation hydraulique pour l'exploration et l'exploitation des gaz et huile de schiste, sous la pression d'une forte mobilisation des populations concernées.

Après l'Assemblée nationale, le Sénat a voté définitivement une proposition de loi UMP qui fera de la France le premier pays au monde à interdire l'usage de cette technique jugée hautement polluante. Le vote a été acquis par 176 voix contre 151. Seule la majorité sénatoriale UMP et centriste a approuvé le texte. La gauche a voté contre, dénonçant un "recul".

Fronde des élus locaux et écologistes

Nicolas Sarkozy a assuré début juin au Premier ministre polonais Donald Tusk qu'il ne voulait "pas créer de difficultés" à la Pologne qui souhaite exploiter ses gigantesques réserves en gaz de schiste évaluées par les spécialistes à 5.300 milliards de m3.

C'est une fronde des élus locaux et écologistes ulcérés par l'octroi en catimini de permis d'exploration de ces hydrocarbures non conventionnels en mars 2010 dans le sud-est de la France ou dans le bassin parisien qui a alerté les pouvoirs publics.

Ces autorisations "n'auraient pas dû être accordées avant les travaux que nous avons lancés", a déclaré la ministre de l'Environnement Nathalie Kosciusko-Morizet, évoquant "une activité industrielle qui peut provoquer des risques et nuisances".

Une proposition déposée en urgence

La proposition de loi du chef de file des députés UMP Christian Jacob, "visant à interdire l'exploration et l'exploitation des mines d'hydrocarbures par fracturation hydraulique", déposée en urgence (une lecture par assemblée), prévoyait à l'origine l'interdiction de l'exploration de ces pétroles.

Elle a été amendée en première lecture à l'Assemblée, au grand dam des députés PS qui avaient approuvé le texte d'origine, ne proposant plus que d'interdire la technique de la facturation hydraulique jugée hautement polluante. Les titulaires des permis auront deux mois pour déclarer la technique utilisée et c'est seulement s'ils recourent à la fracturation hydraulique, ou s'ils ne répondent pas, que les permis seront abrogés.

Source et suite
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualit … lique.html


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#103  1 Jul 2011 14:03:59

tobeor
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Re: Gaz de schiste

… Suite…

Interdiction de la fracturation hydraulique en France

Hier soir, sous la pression de la population, le parlement a définitivement interdit l’exploration et l’exploitation des gaz et huile de schiste par fracturation hydraulique.

Suite au vote du Sénat de la proposition de loi UMP concernant les gaz de schiste, la France deviendra officiellement le premier pays du monde à interdire l’usage de la technique de la fracturation hydraulique, jugée extrêmement polluante. La loi, adoptée par 176 voix contre 151, vise "à interdire l'exploration et l'exploitation des mines d'hydrocarbures par fracturation hydraulique". Seule la majorité sénatoriale UMP et centriste a approuvé le texte. La gauche a voté contre, dénonçant un "recul".

Ce sont essentiellement les élus locaux et les écologistes qui ont pesé dans la balance. Ils s’étaient aperçus que des permis d’exploration des gaz de schiste avaient été accordés en mars 2010 dans le sud-est de la France ou dans le bassin parisien. Ces autorisations "n'auraient pas dû être accordées avant les travaux que nous avons lancés", a déclaré la ministre de l'Environnement Nathalie Kosciusko-Morizet, évoquant "une activité industrielle qui peut provoquer des risques et nuisances".

Source et suite
http://www.maxisciences.com/gaz-de-schi … 15481.html


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#104  15 Jul 2011 13:39:53

tobeor
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Re: Gaz de schiste

La loi sur les gaz de schiste a été publiée ce matin au Journal officiel
Publié le 14 juillet 2011

Le Gouvernement a donc publié ce matin au Journal officiel la loi n° 2011-835 du 13 juillet 2011 visant à interdire l'exploration et l'exploitation des mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique et à abroger les permis exclusifs de recherches comportant des projets ayant recours à cette technique.

Pour une analyse du contenu de cette loi, je me permets de vous proposer la lecture de cet article publié un peu plus tôt sur ce blog.

Sur la forme, j'ai déjà pu exprimer de fortes réserves sur la qualité de rédaction d'un texte, voté en urgence, pour une circonstance précise et qui ne contribue malheureusement pas à la qualité du droit. La procédure d'abrogation des permis exclusifs de recherche litigieux est en effet particulièrement complexe.

De ce point de vue, je regrette que le Conseil constitutionnel n'ait pas été saisi par l'opposition. L'analyse de la constitutionnalité de la procédure d'abrogation aurait été trés intéressante, du point de vue du droit.

Sur le fond, la loi a sans doute permis d'atteindre le but politique qui lui était fixé. Force est de constater que la controverse sur les hydrocarbures non conventionnels a fortement baissé d'intensité et est sortie de l'agenda médiatique. Il est possible qu'elle renaisse dans deux mois, lorsque les titulaires des permis seront appelés à remettre à l'administration un rapport relatif au recours ou non à la technique de fracturation hydraulique. Dans la presse étrangère, c'est toutefois l'idée selon laquelle la France boycotte les hydrocarbures non conventionnels qui a été retenue.

Source et suite
http://www.paperblog.fr/4677397/la-loi- … -officiel/


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#105  15 Jul 2011 22:04:19

Max
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Re: Gaz de schiste

http://www.ledevoir.com/images/ul/graphiques/logo_devoir.gif

Selon une étude - Le gaz de schiste serait un feu de paille

Son avenir dans les transports est mis en doute:

Les gaz de schiste ne seraient pas le «combustible de transition» entre les combustibles fossiles riches en carbone, comme le charbon et le pétrole, et n'auraient qu'un avenir très incertain dans le domaine des transports faute d'un système de distribution élaboré, contrairement aux assertions de cette industrie.
[…]
Puisque la production d'énergie semble en voie de se diriger plutôt vers des énergies renouvelables que vers le gaz comme énergie de transition, l'étude suggère aux gouvernements de ralentir le développement de cette industrie, de cesser de lui conférer des privilèges fiscaux qu'ils n'accordent pas aux énergies renouvelables et de maintenir les niveaux de production en conformité avec leurs objectifs de réduction des gaz à effet de serre.

ARTICLE complet

Dernière modification par Max (15 Jul 2011 22:04:56)


Rust never sleeps…

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#106  16 Aug 2011 21:10:10

tobeor
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Re: Gaz de schiste

Gasland, documentaire engagé sur les gaz de schiste
Publié le 16 août 2011 par Erwan Pianezza

http://nsa27.casimages.com/img/2011/08/16/110816091608947066.jpg



Un matin, Josh Fox cinéaste, reçoit une lettre l'invitant à louer ses terres contre 100 000 $ pour y effectuer un forage par hydrofracturation : il décide alors de partir enquêter dans des endroits où l'exploitation dure depuis une décennie, pour constater son impact sur le plus long terme. Du Colorado, en passant par le Wyoming, l'Utah ou encore le Texas, il part à la rencontre des résidents pour en recueillir les récits, interroger des scientifiques, des personnalités politiques et des représentants de l'industrie gazière. Il met en lumière une catastrophe écologique sans précédent : contamination de l'air, des cours d'eau et des nappes phréatiques, problèmes de santé chroniques, animaux morts, l'eau du robinet qui s'enflamme... Distribué en France par Arte Editions à partir du 21 septembre, ce nouveau DVD documentaire a reçu outre atlantique de nombreux prix : meilleur documentaire de l'ENVIRONNEMENTAL MEDIA ASSOCIATION, prix du jury au Sundance Festival, prix de la FONDATION LENNON ONO GRANT FOR PEACE, nomination meilleur documentaire aux OSCARS 2011...

Source
http://www.paperblog.fr/4764213/gasland … e-schiste/


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#107  29 Aug 2011 15:29:47

tobeor
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Re: Gaz de schiste

Ni gaz de schiste, ni nucléaire
28/08/2011

http://nsa28.casimages.com/img/2011/08/29/110829033548451629.jpg

Rassemblement des collectifs anti gaz de schiste, à Lézan, dans le Gard, le 27 août 2011



Les collectifs anti-gaz de schiste et les anti-nucléaire se sont trouvé des points communs à Lézan, lors du rassemblement citoyen sur l'énergie...

Ni forages ni centrales. Les anti-nucléaire étaient bien représentés durant les trois jours de «convergence citoyenne sur la transition énergétique», à Lézan (Gard), initiée par les collectifs anti-gaz de schiste. Les deux luttes pour passer à d’autres formes d’énergie, non polluantes et sans danger pour l’homme, ont mis en commun leurs idées pour un avenir énergétique basé sur les énergies renouvelables et la sobriété. Et en finir avec les «énergies redoutables», comme on pouvait le lire sur les banderoles déployées sur le site du rassemblement.

Les forages, une «porte de sortie» pour la radioactivité des sols

Roland Desbordes, président de la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité), a déjà rencontré les anti-gaz de schiste. «La Criirad a été sollicitée pour intervenir sur le côté radioactif des gaz de schiste, qui est peut-être marginal mais qu’il faut évaluer», explique-t-il. Les forages de gaz de schiste favoriseraient la remontée en surface du radon naturellement emprisonné dans les sols: «On lui offre une porte de sortie, cela peut poser un grave problème de santé publique», prévient Roland Desbordes.

Le président de la Criirad voit des convergences évidentes entre sa lutte contre le nucléaire et celle des collectifs anti-forages: «C’est la même logique, que l’on épuise les réserves d’uranium ou qu’on presse la Terre jusqu’à la dernière goutte d’huile et de gaz, on épuise les ressources sans se préoccuper des générations futures.»

«Nous refusons les fausses solutions»

Même constat pour Stéphane Lhomme, candidat malheureux à la primaire d’Europe Ecologie. «Nous refusons les fausses solutions: le drame de Fukushima et les contaminations de l’environnement aux Etats-Unis dues aux gaz de schiste nous donnent deux exemples de ce qu’il ne faut pas faire», plaide-t-il. Président de l’Observatoire du nucléaire, Stéphane Lhomme pense que la sortie de l’atome doit se faire rapidement, «comme au Japon où quarante réacteurs ont été fermés en six mois» au lendemain de la catastrophe de Fukushima. «Bien sûr on ne peut pas fermer 58 réacteurs en France du jour au lendemain mais on peut aller vite si le gouvernement exhorte la population à faire des économies d’électricité.»

C’est à peu près ce qu’il aurait proposé s’il avait été candidat à la présidentielle: une sortie rapide du nucléaire avec «un immense programme de reconversion écologique de la société. Tout le monde doit s’y mettre.» Stéphane Lhomme ne participera pas à la campagne électorale mais se console en relativisant la place de la politique: «Il faut que les gens se rendent compte que voter n’est qu’une infime part de ce qu’il faut faire, il faut surtout contraindre les élus à faire ce que l’on veut qu’ils fassent.» Un message qui passe bien auprès des opposants aux gaz de schiste qui estiment avoir réussi, par leur mobilisation, à freiner les décisions prises par le gouvernement sans consultation préalable.

à Lézan, Audrey Chauvet

Source
http://www.20minutes.fr/article/776490/ … -nucleaire


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#108  3 Sep 2011 11:13:04

Apollo
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Re: Gaz de schiste

Le livre sur le gaz de schiste qui dérange le demi-frère Balkany



Les opposants aux gaz de schiste pensent avoir gagné une bataille avec le vote de la loi interdisant la fracture hydraulique. Mais « des forages auront lieu », « cette affaire ne fait que commencer », assure François Veillerette, coauteur du livre « Le Vrai Scandale des gaz de schiste ».

Avec la journaliste Marine Jobert, le porte-parole de l'association Générations Futures a enquêté depuis l'émergence aussi inattendue que brutale de ce sujet dans l'actualité, à l'hiver dernier.

Leur livre, en librairie ce mercredi, sera utile à tous les collectifs citoyens qui se sont montés spontanément pour faire abroger les permis, et qui jusqu'ici avaient comme principal support le documentaire américain « Gasland ».

« Le vrai scandale des gaz de schiste » (éditions Les Liens qui Libèrent) dérange déjà Julien Balkany, demi-frère de Patrick, le maire de Levallois proche de Nicolas Sarkozy. Les journalistes sous-entendent que la proximité avec l'Elysée a pu aider le jeune homme, âgé de 30 ans, à se faire recruter par la société américaine Toreador, qui a obtenu un permis de forer du pétrole de schiste dans le bassin parisien.

De fait, l'ancien trader a été administrateur non-exécutif du conseil d'administration, et lorsqu'il a pris du recul en mars dernier « gêné de la lumière trop crue jetée sur lui, et par ricochet, sur l'Elysée » dit le livre, son patron l'a remercié pour « son rôle déterminant dans la transformation stratégique de Toreador au cours des deux dernières années ».

Menaces de poursuite en diffamation

"Le Vrai Scandale des gaz de schiste" de François Veillerette et Marine Jobert.L'avocat de Julien Balkany, maître Jean-Marc Fedida, a envoyé une lettre aux auteurs du livre, avant sa parution. Il les prévient, par anticipation :

    « [Son client] considérera comme diffamatoire les allégations selon lesquelles ce serait par copinage avec Nicolas Sarkozy qu'il aurait été coopté dans Toreador, ou que les permis octroyés à Toreador l'ont été par favoritisme. Et s'ils disent qu'il a continué à exercer des fonctions chez Toreador, ils devront le prouver. »

Une lettre considérée comme « des pressions inacceptables », selon François Veillerette, qui explique :

    « Les attaques dont on fait l'objet sont dans le droit fil du reste : cette affaire se négocie très loin du citoyen, il est pas de bon ton d'aller éclairer les rôles des uns et des autres.

    C'est certainement une tentative de faire modifier le manuscrit dans un sens plus favorable, ou pour qu'on soit plus discret dans les médias. Le plus étonnant est que Julien Balkany n'ait jamais répondu aux demandes d'entrevue qu'on lui a adressées. »

« Les forages vont avoir lieu »

La loi publiée le 14 juillet « visant à interdire l'exploration et l'exploitation des mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique et à abroger les permis exclusifs de recherches comportant des projets ayant recours à cette technique » va-t-elle clore le chapitre des gaz de schiste ? Les auteurs sont certains que non. François Veillerette :

    « A un an des élections, il était urgent de calmer le jeu de suite, mais les forages vont avoir lieu. Ce qui est interdit, c'est la fracturation hydraulique, mais les industriels vont trouver des nouvelles techniques. Et puis la loi peut être amendée, il peut y avoir une évaluation plus bienveillante de la fracturation hydraulique. »

Une fois la présidentielle passée, nul doute que les industriels sauront faire penser à eux. Et François Veillerette place peu d'espoir dans la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet :

    « Elle est très habile pour être sur une ligne de crête, mais quand elle affirme que les gaz de schiste pourraient être une énergie de transition moins polluante que d'autres, ça me fait hurler. »

Source:

http://www.rue89.com/planete89/2011/09/ … any-220063

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#109  4 Sep 2011 05:27:49

Max
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Re: Gaz de schiste

Je relais cet excellent texte:

Le jeudi 12 avril 2011, la mission d’inspection sur les gaz et huiles de schiste a remis aux ministres de l’Ecologie et de l’Economie son « rapport d’étape ».

Ce rapport, favorable à l’exploitation des GdS, a semé la stupeur parmi ceux des opposants qui s’étaient sentis rassurés par les apparentes reculades du gouvernement et par les projets de loi déposés à l’Assemblée nationale par les groupes PS et UMP, puis au Sénat, dans une touchante unanimité républicaine.

Ce rapport permet de se faire une idée claire de ce qu’est la stratégie de l’Etat et des industriels en vue de passer, en deux ou trois ans, à l’exploitation massive de cette énergie sur le territoire français. C’est un document d’une cinquantaine de pages, mais on peut se contenter de lire la Synthèse de trois pages qui le termine. Il n’y a pas à rougir : c’est sûrement ce qu’ont fait les ministres. Et ça dit tout.

Tout d’abord, afin qu’il n’y ait aucun doute sur la portée stratégique de ce texte, précisons qu’il a été rédigé par deux organismes, le Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIET) et le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), qui sont placés sous l’autorité du ministre de l’Industrie pour le premier et de l’Ecologie pour le second. Autant dire qu’ils ont travaillé dans la bonne direction.

Par leur voix, c’est l’Etat qui parle, et plus précisément l’Etat dans son rapport aux industriels, c’est-à-dire au capital. Le CGIET, c’est l’ancien Corps des Mines. Le CGEDD, c’est ce qu’on appelait autrefois les Ponts et Chaussées. Ces gens-là savent de quoi ils parlent, et ils ont un intérêt particulier à ce que l’exploitation des GdS se fasse. Plus que d’un rapport, il s’agit donc d’un programme, ou d’un plan de bataille.

La question à laquelle il répond est simple : comment permettre l’exploitation massive des GdS, avec un minimum de contestation, et ce le plus rapidement possible.

La question n’est naturellement pas pourquoi exploiter les GdS : ça, on le sait déjà. La question est : comment ouvrir un boulevard aux industriels ?

Si notre hypothèse est juste (mais on peut se tromper), la stratégie choisie est la suivante : céder sur tout dans un premier temps, ou en donner l’impression, afin de désarmer l’opposition, et de pouvoir travailler en paix. Pour cela, on propose des solutions bien connues. Les aspects techniques sont secondaires, ce dont il s’agit, c’est d’arriver là où on veut aller.

Voilà comment on va s’y prendre :

Cacher les industriels derrière les scientifiques, afin de pouvoir commencer les forages Les industriels, que ce soient Total, GDF ou les « Américains », font peur. On sait de plus en plus que ces gens-là n’ont pas de moralité et ne visent que leur profit immédiat. Il faut escamoter les industriels. Il n’est donc pas du tout exclu, dans un premier temps, que les permis d’exploration déjà accordés leur soient bel et bien retirés. Cela semble même inévitable. La question est : vont-ils demander dédommagement en contrepartie des sommes déjà engagées pour ces explorations, et qui ne sont pas minces ? Et si oui, combien ?

Ce point a son importance, pour comprendre ce qui se trame. Il y a fort à parier que les permis seront retirés, pour rassurer l’opposition aux GdS, c’est-à-dire encore une fois l’endormir et la démobiliser, mais que les dédommagements demandés par les industriels seront faibles ou inexistants.

En gros, s’ils ne sont pas trop gourmands, cela signifiera clairement qu’on s’est mis d’accord pour remballer provisoirement le matériel en échange de la garantie de pouvoir entreprendre les forages d’exploitation, plus tard, dans un délai relativement bref.

Le rapport nous indique la durée de ce délai : « deux ou trois ans ». C’est sûrement ce délai qui a été négocié avec les industriels par les ministères concernés.

C’est aussi le temps qu’il nous reste pour nous battre.

Donc, masquage des industriels (du moins pour des projets d’exploitation affichés) derrière les scientifiques. On connaît le coup, celui de la neutralité de la recherche scientifique, on nous l’a déjà fait pour les OGM (sauf qu’un forage gazier, c’est nettement plus compliqué à désherber qu’un champ de maïs), on le fait pour les nanotechnologies, c’est rodé.

Ils sont tout prêts à reconnaître les difficultés et les incertitudes : on ne sait pas quelles sont les « ressources » ; il reste des problèmes à résoudre, tant pour ce qui est de la rentabilité que de l’impact sur l’environnement ; il y a, en somme, « des progrès à réaliser et des approches innovantes à susciter ». Et c’est justement pour ça qu’il faut faire des recherches. La meilleure façon de faire ces recherches, ce sont naturellement des forages « expérimentaux ». Si on n’essaie pas, comment savoir ce qui peut se passer ? C’est un peu la version kamikaze du principe de précaution.

Quelle est la différence entre des forages « expérimentaux » et des forages d’exploitation ? On ne sait pas bien. Il semble en tout cas que la fracturation hydraulique, dans un cadre expérimental, ne soit plus du tout si dangereuse, puisqu’on pourra l’utiliser, mais seulement dans ce cas-là.

Parce que si c’est pour la science, c’est forcément propre, maîtrisé, responsable. On va l’entendre : « L’expérimentation, ce n’est pas l’exploitation. » Et ça ne sera pas faux : un petit coup de fracturation tous les six mois, avec des produits choisis, etc. Rien à voir bien sûr avec une exploitation industrielle. Et c’est là tout le problème.

Quoi qu’il en soit, l’intérêt de l’opération est de mettre en place sur le territoire, de façon sûrement assez discrète, des forages « expérimentaux » de ce type. En petit nombre, pas tous en même temps, de façon à diluer et disperser la contestation. Ce seront peut-être les industriels qui s’en chargeront, mais sous le « contrôle » d’organismes autorisés, tous plus scientifiques et innovants les uns que les autres.

Quels organismes, au fait ?

Le rapport les cite nommément : « un Comité scientifique national, composé d’experts du BRGM, de l’IFPEN, de l’INERIS et d’universitaires ».

Une fameuse équipe :

Le BRGM : « Le Bureau de recherches géologiques et minières, placé sous la double tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et du ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement est l’établissement public de référence dans le domaine des sciences de la Terre pour gérer les ressources et les risques du sol et du sous-sol. Il remplit cinq missions : recherche scientifique, appui aux politiques publiques, coopération internationale et aide au développement, prévention et sécurité minière et formation supérieure, avec l’Ecole nationale d’applications des géosciences (ENAG). »

Pour indication, le BRGM vient de signer avec l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) « un nouvel accord de partenariat, lundi 20 décembre 2010, au BRGM à Paris. Cet accord prolonge la collaboration des deux établissements publics dans le domaine du stockage profond des déchets radioactifs, initiée il y a 12 ans. » (Communiqué de presse.)

L’IFPEN : « IFP Énergies nouvelles (IFPEN) est l’ancien Institut français du pétrole (IFP). Créé le 13 juin 1944 comme Institut du pétrole, des carburants et des lubrifiants, il a été renommé en 2010 par la loi Grenelle II qui a également changé son statut. Autrefois organisme professionnel chargé par la loi de la « gestion des intérêts professionnels ou interprofessionnels » (…), il devient un établissement public national à caractère industriel et commercial avec des mission de recherche et de formation. »

Dans le cadre de ces missions de recherche et de formation, l’IFP a signé divers accords avec Total, pour des projets de recherche conjoints avec les laboratoires de recherche et développement du pétrolier. L’IFP s’intéresse notamment au stockage du CO2 en sous-sol, dont on n’a pas fini d’entendre parler. En outre, Total aime l’IFP. La société propose des parrainages « aux étudiants qui souhaitent intégrer l’IFP School et bénéficier pendant la durée de leur scolarité à l’Ecole d’un parrainage de Total. Ce parrainage peut se faire au travers d’une bourse ou par le biais d’un contrat d’apprentissage, moitié à l’IFP, moitié chez Total). » Le montant de ces bourses est de 1200-1450 euros par mois. On peut imaginer l’hostilité sourde que doivent développer les étudiants de l’IFP School envers l’industrie pétrolière.

L’INERIS : « Créé en 1990, l’INERIS (Institut national de l’environnement industriel et des risques) est un établissement public à caractère industriel et commercial placé sous la tutelle du ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement. »

« GDF SUEZ et l’INERIS ont conclu le 11 mars 2011 un accord de collaboration sur leurs activités de recherche. Signé pour une durée de 5 ans, cet accord vise à renforcer les échanges scientifiques et techniques dans le domaine de la sécurité industrielle liée aux nouvelles énergies : filières hydrogène ; biogaz et méthanisation ; captage, transport et stockage du CO2. » (Communiqué de presse.)

On voit à quel genre d’experts on a affaire. De ceux pour lesquels le sous-sol est soit l’endroit idéal pour cacher ce dont on ne sait plus quoi faire (déchets radioactifs, CO2), soit une vache à lait à exploiter. Ce sont de pures émanations de l’Etat, et leur fonction directe est de donner une caution scientifique aux activités industrielles les plus destructrices. Ce sont également des relais entre les industriels et l’Etat. Ce sont eux qui décideront, en toute indépendance, des lieux et des modalités des forages « expérimentaux ». Après tout ce sont des scientifiques, eux, pas de ces méchantes multinationales assoiffées de bénéfices.

Une fois qu’ils auront commencé à forer, revenir en arrière sera pratiquement impossible, et Total et consorts pourront tranquillement prendre la suite.

Rassurer les inquiets : transparence, consultation, participation Cacher les industriels derrière les scientifiques n’est qu’une première étape. Le rapport insiste aussi fortement sur la nécessité d’informer, c’est-à-dire sur la création d’une « acceptabilité » des GdS. Trois « cibles », comme on dit en termes de com’, sont désignées : le « public », les élus, les associations. On connaît la méthode : elle a déjà été appliquée, avec succès, entre autres pour l’enfouissement des déchets nucléaires.

Pour le public, on peut avoir recours dans un premier temps à une simple information, sous forme de dépliants sur papier glacé, par exemple. C’est le plus simple. Puis des réunions peuvent être organisées, avec buffet et petits fours si possible. On réservera peut-être les petits fours au « public » situé le plus à proximité de forages potentiels…

Il faut ensuite impliquer les élus et les associations.

Le rapport propose la formation de « comités locaux d’information », composés d’élus et de « représentants d’associations de protection de l’environnement ». Il faudra encore en trouver qui soient prêtes à se livrer à cette mascarade, mais il y a de tout, et au besoin on peut aussi en créer de toutes pièces. Ca s’est déjà vu.

Afin de s’assurer la collaboration des élus, le rapport préconise une « révision de la fiscalité pétrolière de sorte que les collectivités locales trouvent un intérêt à une exploitation d’hydrocarbure sur leur territoire ». Et ça, c’est triste, mais ça marche. Il n’y a qu’à voir les jolis centres sportifs autour des centrales nucléaires.

Et à chaque étape, un ballet d’experts tous plus rassurants les uns que les autres répondront en toute transparence aux « inquiétudes de la population ».

On pourra ensuite passer aux consultations. Il est d’ailleurs amusant de voir combien, alors que les « élus du peuple » se sont très représentativement exprimés à l’Assemblée nationale, les rapporteurs mettent leurs espoirs dans une certaine forme de démocratie directe…

Rendre l’opposition inaudible Une fois la caution scientifique et la caution démocratique assurées, le dialogue avec les opposants va pouvoir reprendre, sur des bases plus solides.

Ce sera d’abord : vous vouliez plus de transparence, la transparence est assurée. Voyez, nous dialoguons. Vous êtes consultés, informés. On a même, pour vous faire plaisir, modifié le Code minier : ça n’est pas rien. Vous avez voulu des lois contre l’exploitation, contre la fracturation hydraulique : vous les avez. Et ça sera vrai.

Et aussi : Vous invoquiez le principe de précaution, voyez, nous prenons toutes les précautions. Tout ceci est réalisé sous le plus strict contrôle scientifique : l’Ifpen, le BRGM, l’Ineris sont là. Puisqu’on vous dit que c’est seulement expérimental. Vous voulez qu’on organise encore une réunion ? Un nouveau Grenelle ? A qui doit-on envoyer les invitations ?

Et lorsqu’on aura bien tourné en rond : Mais qu’est-ce que vous voulez à la fin ? Qu’on revienne au moyen-âge ? Et nos emplois, vous y pensez ? Et vous avez vu le prix du pétrole ? Nous n’allons pas ramener le PIB de la France à celui du Mali parce qu’une bande d’écolos n’aiment pas voir des derricks en ramassant leurs champignons. Décidément, on ne peut pas discuter avec vous.

A partir de là, si on est encore quelques-uns à être motivés, ils pourront sereinement nous lâcher leurs chiens à la gorge. Parce que vraiment ils auront fait tout leur possible, de leur côté, question dialogue et concessions.

Et de toute façon, dans « deux ou trois ans », ça sera fait. Expérimentalement ou non, ils auront fait des trous dans la nappe phréatique, auront commencé les fracturations. On pourra alors passer à l’exploitation massive, avec une opposition permanente mais résiduelle, et bientôt institutionnellement intégrée, comme pour le nucléaire. Il y aura beaucoup d’autocollants « Non merci » sur les voitures, et plus de poissons dans les rivières. Et voilà.

*

Ca, c’est leur scénario. Le principe général est explicite : il n’y a qu’à lire. Si nous sommes d’accord là-dessus, si on comprend bien quel jeu joue l’adversaire, la suite risque d’être un (petit) peu plus facile.

Maintenant la question est de savoir comment ne pas se laisser entraîner là-dedans.

Nous sommes quelques-uns à penser que l’étape purement « citoyenne » de l’opposition aux GdS est terminée, et que le recours à la loi est désormais obsolète. Il est assez évident que d’un point de vue démocratique, le dernier mot de cette affaire a été dit : l’Assemblée nationale, de l’extrême gauche à l’extrême droite, est contre l’exploitation des GdS. Elle l’a dit, un projet, puis deux projets, puis trois projets de loi identiques ont été déposés, tous pour nous dire que non, non, non, on ne le fera pas, promis. Le peuple à parlé, par ses représentants. Pourtant, de toute évidence aussi, on va essayer de le faire quand même. Et on nous le dit en face, sans vergogne.

La gestion du nucléaire, entre autres, nous a clairement montré que, dans les affaires énergétiques et industrielles plus encore que dans les autres, une seule politique est menée, celle des intérêts économiques. Ce n’est pas une affaire de gouvernement, de droite ou de gauche, d’écolos ou de fachos. On ne discute pas là des questions de logement, du nombre d’élèves par classe ou de la police de proximité. Ce à quoi nous avons à faire, c’est à l’Etat dans son rapport au capital.

Le message qu’adresse via ce rapport l’Etat aux opposants aux GdS, c’est : Et alors ? Qu’est-ce que vous allez faire, maintenant ?

Qu’est-ce que vous allez faire une fois qu’on aura annulé les permis, que les projets de loi auront été votés, qu’on aura révisé le Code minier et que tout ressemblera légalement à une reculade, alors que vous saurez pertinemment que nous allons le faire, que même nous sommes en train de le faire, à Villeneuve-de-Berg ou ailleurs, simplement parce que nous avons décidé de le faire ?

Quel recours légal aurez-vous contre la loi que vous aurez appelée de vos vœux ?

Si nous restons dans ce cadre-là, nous sommes pris au piège d’un dialogue truqué. Ce n’est même plus une question politique, c’est simplement une question pratique. Si nous jouons ce jeu-là, ils vont s’arranger pour que nous n’ayons plus qu’à nous taire, en nous donnant raison.

Et on va atteindre des sommets de ridicule, quand, comme il est prévisible, les collectifs répondront à l’appel de J. Bové à manifester devant l’Assemblée le 10 mai, pendant que les députés voteront un texte que personne ne conteste, et qu’ils sont même tous pressés de voter, pour bien nous entortiller dedans… On ne sait vraiment plus quoi faire pour nous occuper.

C. Jacob, qui a déposé un des projets de loi qui doivent être examinés le 10 mai, le dit clairement : « En l’état actuel des connaissances scientifiques, notre responsabilité est d’être d’une extrême prudence. Si, à l’avenir, on nous démontre, par une évaluation des risques, que la loi d’interdiction générale mérite des évolutions, nous en discuterons » (Les Echos). Traduction : on va vous voter votre loi, comme ça vous n’aurez plus rien à dire, et on pourra travailler en paix.

Un vieux briscard de la politique comme J. Bové ne peut pas ne pas voir ça. Alors pourquoi vouloir nous balader à Paris, face à l’Assemblée nationale ? Il nous dit : « Le peuple doit être devant l’Assemblée pour que les élus tiennent promesse. » Mais quand c’est justement en respectant leurs promesses qu’ils nous entourloupent, les élus ? Qu’est-ce qu’on fait ?

Et M. Rivasi, à la publication du rapport : « Les experts ont beau dire ce qu’ils veulent, maintenant c’est une décision politique qu’il faut prendre. » Elle ne voit pas, elle, que ce rapport est tout à fait politique, justement ? Et que c’est justement la décision politique qui va nous prendre au piège, comme des rats ?

Aveuglement, égarement ? Ou simple refus de voir et de dire quelles sont les limites du mode d’action choisi ? Mais si le mode d’action ne correspond pas ou plus au résultat recherché, pourquoi le conserver ?

Il semble évident que les raisons sont d’ordre purement politique. Il ne faut pas « détourner le peuple de la démocratie », comme ils disent. Lui montrer que s’il sait comment les prendre, il peut mettre les institutions à son service, etc. Faire en sorte qu’ils retournent quand même voter, la prochaine fois. Parce qu’on a peur de ce qui pourrait se produire si des masses de gens perdaient d’un coup tout espoir dans ce qu’ils appellent la politique.

On connaît la chanson, et à vrai dire on s’en fout un peu. Sauf que dans l’état actuel des choses, c’est non seulement contre-productif, mais criminel. Parce que c’est comme ça que les forages vont avoir lieu. Parce que ces manœuvres politiciennes vont aboutir à laisser faire des trous dans les nappes phréatiques. Parce que ces plaisanteries vont nous tuer encore un petit peu plus.

Il faut sortir de ce schéma, qui nous prend au piège de nos contradictions. On ne lutte pas contre la loi avec une autre loi. Ceux qui les font, les lois, sauront toujours s’arranger pour nous mener là où ils veulent. Les lois ne sont pas faites pour nous, mais contre nous. Qui croit le contraire est soit un bourgeois, soit un naïf.

Il y a un proverbe qui dit : « Qui veut déjeuner avec le Diable doit se munir d’une longue cuillère. » Il semblerait aussi qu’à force de déjeuner avec le Diable, les cuillères de certains se raccourcissent de jour en jour…

*

Il nous faut maintenant cesser le dialogue avec les institutions, puisqu’il est évident désormais que ce dialogue n’est qu’un jeu de dupe où ce sont toujours les mêmes qui trient et ramassent les cartes. Il nous faut commencer à jouer selon d’autres règles.

Cesser le dialogue avec les institutions, c’est forcément aussi à un moment ou un autre sortir de la légalité. Il y a bien des façons de s’écarter de la légalité, qui ne sont pas forcément « violentes », et qui ne se paient pas plus cher que quelques heures dans un poste de police, au pire. On n’est pas obligés d’en venir tout de suite au lance-roquettes. Ce qui, soit dit en passant, serait, sur un puits de gaz, une très mauvaise idée.

Ont été citées dans ce texte quelques institutions qui possèdent des bureaux, des locaux, des sièges que l’on peut investir, occuper quelques heures, histoire de balancer un coup de projecteur sur ce qu’ils sont. Ils n’apprécieraient pas forcément de se voir ainsi désignés. Ces animaux-là n’aiment pas la lumière. Il y a aussi les ministères, les sociétés pétrolières, GDF, etc. Ca s’est déjà fait, il faudrait continuer.

Il nous faut aussi être clairs avec les futures « consultations publiques », c’est-à-dire les boycotter purement et simplement, voire empêcher qu’elles se tiennent, et dire pourquoi. Et ce même si elles sont organisées en toute transparence républicaine par « nos élus ». Si nous acceptons le « dialogue » en participant à une de ces prévisibles mascarades démocratiques, ou simplement en les tolérant, nous n’existons plus en tant qu’opposants, nous devenons des « partenaires ».

Nous associer aux décisions, cela fait partie de leur stratégie. Déjouer cette stratégie passe par le refus du dialogue.

Refuser aussi le chantage aux « propositions alternatives ». Parler « experts contre experts », c’est s’enfermer dans des débats techniques stériles et sans issue. Personne de sérieux ne peut croire qu’on va se sortir du fameux « problème énergétique » par des économies d’énergie. La question qui se pose pour le capital n’est pas comment produire et consommer moins d’énergie, mais comment en vendre toujours plus. Et les GdS le montrent clairement. Nous dirons « éoliennes », et ils diront : D’accord, on s’en occupe. Et ce sera des kilomètres carrés d’éoliennes. Avec des forages de GdS entre les rangs, un réacteur EPR au milieu, et des murs de panneaux solaires tout autour. Nous n’avons pas à résoudre leurs problèmes de perspectives et de débouchés. Parce que si on s’y colle, on va finir nous aussi par rédiger des « rapports préliminaires » et les apporter au ministère. Sous l’Ancien régime, les « propositions alternatives », on appelait ça des cahiers de doléances… Ca a marché un certain temps…

*

Tout le monde ne sera pas d’accord avec ces positions. Beaucoup persisteront dans la voie « citoyenne », par respect de la loi, sympathie pour J. Bové, croyance en la politique et en la démocratie, souci de respectabilité, habitudes « militantes », peur de l’aventurisme ou pour toute autre raison.

Moins de six mois après le début de la contestation organisée contre l’exploitation des GdS, il semble déjà y avoir quelque chose comme une opposition « officielle ». Ce qui avait inquiété l’Etat au début de la mobilisation, à savoir son caractère populaire et donc imprévisible, est en train de s’étioler. Ca se bureaucratise. Il y a des colères qui se perdent. On parle d’un nouveau Larzac, puis on retourne au Parlement européen. On fait mollement des réunions d’information où on n’ose trop rien dire, de peur que ça ne soit pas dans la ligne…

Et après tout, si ça pouvait se régler comme ça, pourquoi pas ? Tant que ça marche… Mais la question est que non seulement ça ne marche pas, mais que l’Etat est en train de retourner ses propres armes contre la contestation. Qu’encore une fois ils vont faire servir la loi contre les GdS à l’acceptation des GdS. Créer des réglementations qui feront accepter ce qu’on règlemente, alors qu’on n’en voulait tout simplement pas. Et ainsi de suite : on connaît la chanson. C’est celle du Grenelle, du développement durable, du partenariat et de la cogestion sous toutes ses formes…

Et pendant ce temps-là, les gens qui étaient au départ en colère n’y comprennent plus rien, se demandent, ah, on nous dit qu’on a gagné, et après le contraire, est-ce qu’on doit s’énerver ou pas, c’est compliqué, qui a raison, qui a tort, ainsi de suite. Et on va revoter, faire appel, chercher des recours au niveau européen peut-être, la cour constitutionnelle pourquoi pas, le pape enfin, les Saints du Paradis. Et l’horizon 2012… On complique. On fatigue le monde. On démobilise mieux qu’un bataillon de CRS.

Mais nous, on s’en fout, des réglementations, du Code minier, de l’alinéa du paragraphe untel de telle directive. Nous, on veut garder les rivières, ou ce qu’il en reste. On veut des insectes et des animaux, parce que si tout ça disparaît, on va disparaître avec. On veut vivre sans se dire à chaque instant qu’il y a de moins en moins de vie possible. Et ça ne concerne bien sûr pas que les GdS.

On sait aussi qu’eux, ceux de l’Etat et du capital, ils s’en foutent, de tout ça : ce qui les préoccupe, ce sont leurs postes, leurs actions, leurs perspectives de croissance. Leur croissance nous rabougrit. Ils nous pompent l’air, et l’eau, et le temps qui nous reste à vivre. Tout ce qu’ils veulent, c’est que ça continue sans cesse. Durable, leur développement. Pourvu que ça dure.

Au bout du compte, la question est : les positions « citoyennes » sont-elles compatibles avec d’autres, moins légalistes, au moins localement ou à certains moments ?

Les groupes « citoyens » vont-ils se contenter de laisser l’opposition s’étioler jusqu’au gazage final, ou va-t-on se poser en commun la question de modes d’action différents ?

Va-t-on rester chacun sur son petit quant-à-soi politique, sa chapelle, des « anars » d’un côté, des « citoyens » de l’autre, sans jamais se poser les questions de manière pratique ?

Pouvons-nous trouver des points de rencontre ? Où ? Quand ? Comment ?

Ce qui nous manque, c’est un front du refus. Un front bas, si on peut dire : un refus de taureau, stupide et obstiné, pas dialogueur pour deux sous. Ca n’empêche pas la ruse, et la stratégie. Mais le refus est le plus important. Il faut travailler ensemble à créer le refus, à le maintenir, à l’étendre. Sinon, ça sera une fois de plus perdu.

En Cévennes, le 24 avril 2011

Contact : gasbull@voila.fr


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#110  4 Sep 2011 05:34:30

Max
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Re: Gaz de schiste

Gaz de schistes : premiers puits en sol québécois en 2011

http://www.journaldunet.com/economie/energie/les-nouvelles-sources-d-energie/image/gaz-schiste-601655.jpg

Le projet de loi promis par Québec pour encadrer l'exploitation des gaz de schistes n'a pas encore été présenté, ni même débattu que la société albertaine Questerre Energy espère tirer profit de ses premiers puits en sol québécois d'ici la mi-2011. Gaz Métro a d'ailleurs déjà demandé des autorisations gouvernementales pour les brancher à son réseau.

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