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#1  21 Dec 2010 23:35:39

Carthoris
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Les Vierges Noires

VIERGES NOIRES


Le culte de la Vierge Marie n'aurait pas connu un tel succès s'il ne s'était appuyé sur différents cultes féminins, venu du plus profond de la mémoire des peuples auxquels il s'est imposé. Les Vierges noires nous racontent l'histoire de cette spiritualité oubliée, qui nous rend à nous-mêmes par-delà des siècles de christianisme.



http://carthoris.free.fr/Images/Vierge%20noire%20de%20Montserrat.jpg

Jusqu'au XVIIIe siècle, les pèlerins qui se rendaient à Chartres observaient un rite aussi complexe que mystérieux, qui n'avait vraiment rien de chrétien : après avoir prié dans l'abbaye et entendu la messe dans la cathédrale, ils descendaient, par un passage situé au Nord de l'église, dans une crypte souterraine. Là, ils « adoraient » en silence une statue d'ébène, Notre-Dame-de-Sous-Terre. Celle-ci était une femme assise, qui tenait un enfant dans ses bras. La tête de la statue était couronnée et, à ses pieds, on pouvait lire l'inscription latine : Virgini pariturae (la Vierge devant enfanter). Une fois leurs dévotions terminées, les pèlerins étaient bénis avec de l'eau tirée d'un puits sacré qui se trouvait dans la crypte et, s'ils le voulaient, ils pouvaient boire de cette eau. Détruite sous la Révolution, cette statue de la Vierge noire sera refaite au XIX° siècle et, depuis, elle est vénérée sous le nom de « Vierge au pillier . Le « pilier » était, jusqu'au milieu du XIXe siècle, le socle de la statue ; il a aujourd'hui disparu, trop usé par les baisers d'adoration des fidèles. On sait également que, depuis toujours, une Vierge a été vénérée sur le site de Chartres et que le fameux puits a probablement été creusé par les anciens Celtes. Ou bien par ceux qui les précédaient !
A Montserrat, en Espagne, on adore ainsi une statue semblable à celle de Chartres. Les jeunes mariés viennent l'implorer pour qu'elle rende leur union heureuse, féconde et durable.
A Crotone, en Italie, sur le promontoire qui surmonte le golfe de Tarente, il existait autrefois un temple dédié à Hera Lacinia, la déesse romaine de la Lune et la protectrice des femmes. Hera Lacinia avait une fonction essentiellement sexuelle : elle gouvernait la vie des femmes et leurs cycles, de la conception à l'accouchement. L'église de Crotone, comme la cathédrale de Chartres ou celle de Montserrat, abrite encore une statue de « femme noire ».



http://carthoris.free.fr/Images/Vierge%20noire%20Notre%20Dame%20Vassiviere.jpg

Le deuxième dimanche de mai, on transporte la statue depuis l'église jusqu'à la chapelle de Notre-Dame-de-Capo-Colone, sur le promontoire. A la nuit, les pêcheurs la ramènent, sur des bateaux éclairés par des torches. C'est ainsi qu'ils espèrent gagner, par cette procession, la protection de la Vierge pour les douze mois à venir.Pour les autorités catholiques, ces statues n'ont pas de valeur autre que celle fixée par le dogme. Pour les pèlerins qui les vénèrent, elles ont un pouvoir bien supérieur à celui que leur accordent les prêtres. Ces trois Vierges noires sont loin d'être les seules à être vénérées en Europe. On estime leur nombre à une quarantaine sur notre seul continent. Les sites les plus importants sont Einsiedeln en Suisse, Rocamadour, Dijon, Le Puy et Avioth en France, Orval au Luxembourg, Loreto, Venise ou Rome en Italie. Faites le plus souvent de pierre ou d'ébène, elles sont toujours somptueusement parées. Les jours de fête, on les orne généralement de pierres précieuses. Curieusement, elles portent presque toujours une couronne : considérées comme des « Reines des cieux ». elles sont associées à des représentations de la Lune ou des étoiles. Il s'agit d'une pratique qui nous ramène à l'ère pré-chrétienne et qui perpétue les cultes païens des divinités féminines.
En général, les Vierges noires portent un enfant, souvent sur le genou gauche. Elles sont l'objet de pèlerinages très fréquentés et on leur accorde un grand pouvoir de guérison et de fertilité.
Une chose est certaine : la plupart causent beaucoup de souci à l'Église catholique, qui les met « hors circuit » dès qu'elle le peut sans trop choquer les populations locales, toujours plus attachées aux Vierges qu'à la fréquentation des messes. Depuis le XIXe siècle, beaucoup de ces Vierges noires ont été remplacées par des représentations plus conformes au modèle marial. Quand elles n'ont pas été, tout simplement, repeintes... en blanc !
Ces énigmatiques Madones, qui ont parfois un air oriental, un peu byzantin, sont toujours auréolées de nombreuses légendes. Leur apparition est en tout cas miraculeuse. La Madone noire de Tindari, entre autres, aurait été retrouvée dans un coffret mystérieusement échoué sur la plage. Celle de Loreto se serait brutalement matérialisée, en mai 1291, dans une construction qui n'attendait plus qu'elle pour trouver un usage religieux. La Madone noire de Montserrat aurait été découverte dans une grotte, par des bergers attirés par des lumières célestes et des chœurs. Celle d'Avioth aurait soudain pris forme dans un buisson d'épines. Celle du Puy aurait commencé par ordonner la construction d'une église avant d'y apparaître par la suite.



La Madone, surtout quand elle était noire, a tenu une place considérable dans la spiritualité chrétienne du Moyen Age, grâce, notamment, à l'influence de Bernard de Clairvaux, qui a joué un rôle essentiel dans la propagation du culte marial dans tout l'Occident. Il affirmait lui-même avoir eu la plus belle extase religieuse de sa vie en priant la Madone noire de Châtillon : il était à genoux, en train de réciter des Ave Maria, quand la Vierge daigna presser son sein et faire tomber quelques gouttes de son lait dans la bouche du religieux.



http://carthoris.free.fr/Images/Vierge%20noire%20Visoterra.jpg

Sara-la-Kali :Dans l'église des Saintes-Maries-de-la Mer, au coeur d'une crypte obscure, juste sous l'autel, on trouve la statue de Sara-ta-Kali, « Sara-la-Noire ».
On ne sait pas exactement qui elle représente. La légende mentionne, en effet, trois Marie : la mère de Jacques (plus connue sous le nom de MarieJacob), Marie-Madeleine et Marie Salomé. Seules Marie-Jacob et Marie Salomé ont donné leur nom à l'église. C'est au Moyen Age que la confusion s'est créée entre Marie-Madeleine et Marie l'Égyptienne, qui deviendra plus tard Sara l'Egyptienne.
La statue de Sara-la-Kali est sans doute une ancienne Vierge noire, et le lieu était sacré bien avant les premiers chrétiens. Le 24 mai, veille de la fête des trois Marie, les gitans emmènent leur sainte Sara bénir les vagues d'où elle est venue. A cette occasion, ils parent la statue de cinquante manteaux, tous plus beaux les uns que les autres. Auparavant, ils ont prié toute la nuit dans la crypte...

http://carthoris.free.fr/Images/Vierge%20noire%20Pologne.jpg

La Vierge deviendra également la protectrice des chevaliers du Temple et, plus tard, celle de l'ordre des chevaliers Teutoniques. Elle figurait sur les bannières des hommes de guerre, qui organisaient des tournois en son honneur ou qui se servaient de son nom comme ralliement dans les combats.
La Madone finira même par reléguer la trinité chrétienne au second plan : « Mère de Dieu », elle n'était surpassée que par Dieu lui-même. Dans le texte de la messe de l'Immaculée Conception, on trouve les paroles suivantes : « Le Seigneur me posséda au début de toutes choses. J'existais avant qu'il ne donne la vie aux créatures. J'existais de toute éternité, avant même que la Terre ne soit créée. »
Plusieurs écrivains chrétiens du Moyen Age en arriveront à admettre que c'est la Vierge, et non Dieu, qui a créé le monde ! L'un d'entre eux écrira : « Tout obéit à Marie, même Dieu. » C'est ainsi que, insensiblement, le christianisme du Moyen Age se teintera des couleurs d'une religion matriarcale, fondée sur le principe féminin symbolisé par Marie. Dans le même temps, les qualités « féminines » de Jésus étaient accentuées : douceur, bienveillance, et même passivité. La Vierge était devenue la médiatrice entre les hommes et leur dieu, en quelque sorte une déesse protectrice de l'Europe occidentale.
Les grandes cathédrales gothiques étaient les temples de cette nouvelle déesse. Entre 1170 et 1270, pas moins de quatre-vingts cathédrales dédiées à Notre-Dame et cinq cents églises seront édifiées à sa gloire. La plus grande partie de ces monuments seront bâtis sur des sites déjà consacrés par la présence d'une statue de Madone, le plus souvent noire et généralement pré-chrétienne.
A Rome, on refusait alors la distinction entre les Vierges « noires » et les Vierges « blanches ». La couleur noire était expliquée rationnellement : par la fumée des cierges, par l'âge, par l'oxydation d'anciennes carapaces d'argent ou par... la noirceur des péchés des fidèles ! Explications qui négligeaient le fait que la plupart de ces statues étaient intentionnellement taillées dans des matières noires et que la couleur était, par le fait, délibérément choisie.
Avec les Madones noires, nous sommes donc en présence de cultes qui dépassent les dogmes chrétiens sur la virginité de la « Mère de Dieu ». Presque tous les aspects de ce culte laissent transpirer un paganisme originel, resté incroyablement vivace après des siècles de chritianisation et de chasse aux superstitions.



Un simple fait : la plupart de ces Vierges noires sont liées à des rites de fertilité, de fécondité ou de sexualité. Ce ne sont pas là les attributs ordinaires de la Vierge chrétienne. A Montserrat, l'hommage à la Madone donne lieu à une fête singulièrement païenne, puisque les fidèles se livrent à une danse circulaire qui rappelle volontiers les antiques danses orgiaques. D'autres Vierges noires sont également liées aux astres, à la Lune ou à Vénus.
C'est une évidence : si elles représentent parfois Marie, la mère du Christ, ces statues sont chargées de tout autre chose. Elles prennent un sens qui dépasse la symbolique chrétienne ordinaire. Mais de quel passé nous arrivent-elles ? Et quel message alors nous apportent-elles ?



Sources : http://aelya.vefblog.net/ et revue Inexpliqué n°2 - 1981


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#2  22 Dec 2010 23:10:03

Carthoris
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Re: Les Vierges Noires

LE SECRET DES VIERGES NOIRES


Les peuples d'Europe ont accordé aux Vierges noires une importance qui dépasse largement le simple respect dû à la mère du Christ. Hérité du plus lointain passé païen et ravivé malgré le christianisme, ce culte des Madones noires semble se relier à une symbolique magique étonnante.
Les Vierges noires paraissent avoir été vénérées comme des symboles astronomiques et astrologiques de ces courants d'énergie souterrains que l'on nomme « telluriques ».
Les lieux où nos ancêtres adoraient les Vierges noires n'étaient pas choisis au hasard, même - et surtout ! - quand ils étaient le fruit de découvertes « miraculeuses ».



http://carthoris.free.fr/Images/Vierge%20noire%20Puy%20en%20Velay.jpg

Aux yeux des Celtes, la Terre était un organisme vivant - la Grande Mère - d'où procédait toute vie. Comme un corps, la Terre était nourrie par tout un réseau d'artères cachées sous sa ,surface, comparables aux veines et aux artères du système sanguin des hommes. Le réseau terrestre était parcouru par une sorte d'énergie impalpable, peut-être "spirituelle". Cette énergie et les courants qui la portaient avaient un nom : c'était la Vouivre, le « serpent ». Les Celtes faisaient appel à l'existence de la Vouivre pour expliquer certains phénomènes naturels, comme les cours d'eau souterrains, les différences entre les couches géologiques ou les propriétés magnétiques de certaines eaux. Les points de rencontre de plusieurs de ces artères devenaient des lieux sacrés, reconnus comme « centres d'énergie ». Ils correspondaient plus ou moins, pour garder une image physiologique, aux centres de concentration nerveuse du corps humain, ou à ce que les hindous nomment chakras. Certains de ces centres d'énergie avaient une importance capitale, à la manière du plexus solaire dans le corps humain. D'autres étaient plus subtils, à la manière de ceux qui sont excités par des aiguilles d'acupuncture. Tous ces points de rencontre étaient signalés, quelle que soit leur importance, par un menhir ou une statue sacrée. Les Vierges noires marqueront les plus importants carrefours de la Wouivre, ce qui explique la permanence de certains lieux de culte, passés du paganisme au christianisme.



A) Vierges Noires Romanes Célèbres

◦La Vierge Noire de la Cathédrale de Chartres
◦La Vierge Noire de Notre-Dame du Puy en Velay
◦La Vierge Noire de Vézelay
◦La Vierge Noire de Toulouse
◦La Vierge Noire de Rocamadour
◦La Vierge Noire de Lenne
◦La Vierge Noire de Montserrat (en Catalogne, Espagne)
◦La Vierge Noire de Dijon
◦La Vierge Noire de Notre-Dame de Liesse (France, Picardie)
◦La Vierge Noire de la Basilique de Hal (Belgique)
◦La Vierge Noire de la Basilique Notre-Dame de la Délivrance à Douvres- la- Délivrance (Calvados), France
◦La Vierge Noire de la Cathédrale de Laon (Aisne), France
◦La Vierge Noire de Tindari (Italie)
◦La Vierge Noire d’Oropa, Piémont
◦La Vierge Noire de Crotone


B) Autres Vierges Noires

◦La Vierge Noire de Czestochowa, Pologne
◦La Vierge Noire du Havre (Seine-Maritime)
◦La Vierge Noire d’Esch-sur-Sûre, Luxembourg
◦La Vierge Noire du Camp d’Idron (Pau)
◦La Vierge Noire de Notre-Dame d’Afrique, Alger, Algérie
◦La Vierge Noire Onze-Lieve-Vrouw van Regula (Moeder van Regula van Spaignen), Bruges
◦La Vierge Noire de Donji Kraljevec, Comté de Medjimurje, Croatie
◦La Vierge Noire de Saint-Sauveur d’Aix, Aix-en-Provence
◦La Vierge Noire d’Avioth, Meuse
◦La Vierge Noire d’Altötting, Bavière
◦Notre-Dame de Dublin, Irlande
◦La Vierge Noire Theotokos de St-Théodore, Russie
◦La Vierge Noire d’Atocha, Madrid
◦La Vierge Noire de Hamrun, Malte
◦Notre-Dame des Hermites, Einsiedeln, Suisse


C) Quelques répliques de Vierges Noires Européennes en Amérique

◦Notre-Dame d’Aparecida, Brésil
◦La Negrita, Cartago, Costa Rica
◦Black Madonna Shrine, Missouri
◦National Shrine of Our Lady of Czestochowa, Pennsylvanie

http://www.potomitan.info/

http://carthoris.free.fr/Images/Vierge%20noire%20de%20Paris.jpg

Les menhirs et les Madones noires étaient réputés pour leurs dons de guérison et de fécondité. Ils étaient censés se comporter comme des « condensateurs d'énergie »: ils attiraient, conservaient et amplifiaient en les concentrant les influences bénéfiques de la Terre et du cosmos. Ces lieux sacrés étaient ainsi l'objet de nombreux pèlerinages, des centaines et peut-être même des milliers d'années avant les prédicateurs chrétiens. Pour l'antique esprit païen de l'Europe, l'homme et la nature étaient indissociables. La séparation ne s'imposera que plus tard, avec le christianisme. Chez les peuples européens, l'homme faisait partie de la nature, au même titre que les animaux, les végétaux ou les minéraux. II avait envers cette nature autant de droits que de devoirs. Il semblait donc logique que les centres nerveux de la Terre correspondent aux centres nerveux du corps humain. Dans leur forme première, les pèlerinages n'étaient pas vraiment d'essence religieuse et magique. Ils avaient, au contraire, une fonction résolument pratique : soucieux de leur santé et d'une harmonie renouvelée avec la Terre qui les portait, les Celtes voyageaient d'un centre d'énergie à l'autre. A chaque étape, la Wouivre lui assurait un contact privilégié avec les énergies de la Terre. A chaque étape importante, il trouvait une Vierge noire... Nous avons vu comment le christianisme, pour s'implanter en Europe, a dû composer avec les traditions païennes des peuples. Nous avons vu comment les déesses mères comme Belisama, Rosemertha ou Arduina ont été « récupérées» et assimilées à la Vierge Marie. L'Église a usé de la même tactique à l'égard des anciens lieux sacrés. Les détruire était impossible : les populations se seraient insurgées contre la nouvelle foi. Il fallait donc se les réapproprier. D'où l'érection des cathédrales sur les anciens lieux où se manifestait la Wouivre. Dans certains lieux de culte chrétiens, il est encore possible de voir l'antique menhir qui marquait le pèlerinage païen. Souvent, l'autel même sur lequel se déroule la messe est fait de l'ancienne pierre sacrée. Parfois, comme à la cathédrale du Mans, le menhir est enchâssé dans le mur de la cathédrale et, encore aujourd'hui, les fidèles ne manquent pas de le caresser d'une main discrète. Et, bien sûr, les Vierges noires sont toujours là pour nous signaler la perpétuation d'une ancienne tradition. Il faut voir dans la Wouivre une explication de l'allégorie traditionnelle de la Vierge posant son pied sur la tête d'un serpent généralement interprétée comme le triomphe du Bien sur le Mal, cette symbolique relie en fait les statues de la Vierge Marie à la croyance immémoriale aux « serpents d'énergie » qui parcourent la Terre !



De la Déesse Isis aux Madones noires

Durant le millénaire qui précède notre ère et jusqu’aux cinq premiers siècles, la divinité majeure du monde méditerranéen était la Déesse ISIS (Asèt / Aséta), une déesse justement… noire. Isis fut vénérée sur une très vaste aire à la fin de l’Antiquité et au début du Christianisme. Cette « Mère noire » était appelée par de nombreux noms en dehors de l’Afrique, comme le souligne Apulée, Isis héritait de la longue tradition des sociétés matriarcales africaines.
Isis, déesse africaine, avait des origines nubiennes. La Nubie est une région où la Civilisation a fleurit de nombreux siècles avant la construction des pyramides de l’Égypte antique (Kémèt). La Nubie donna la femme noire Isis à Kémèt et puis au reste du monde. Dans son sanctuaire à Philae en Egypte, Isis était noire. Métaphore de la Mère de l’humanité et précurseur des Madones noires. A partir du microcosme Vallée du Nil, le culte d’Isis deviendra véritablement « la première religion internationale et supranationale ». Philae deviendra une ville sainte pour les Africains, les Grecs, les Romains, et les nomades du désert. Le culte ancien de la Déesse de la fertilité, précédera le rôle du Christianisme et de l’Islam au Moyen-âge. L’image d’Isis la plus populaire à l’apogée de l’empire romain semble être celle d’Isis allaitant son fils, HORUS.

http://www.larcenciel-forum.com/

http://carthoris.free.fr/Images/Vierge%20noire%20Guingamp.jpg

Ainsi, les pèlerins d'aujourd'hui marchent sur les traces de leurs ancêtres païens. Ils se rendent aux mêmes endroits et mettent leurs pas là où, voici des centaines d'années, leurs parents mettaient les leurs. On ne peut que demeurer songeur devant cette incroyable permanence des lieux  "ou souffle l'esprit ". Il est certain que cette christianisation des lieux sacrés du paganisme a considérablement accéléré la conversion de l'Europe à la nouvelle religion. Confrontés à la grandeur et au luxe des églises chrétiennes, les peuples ne pouvaient qu'être impressionnés. D'un autre côté, un pèlerinage n'était pas qu'une simple visite à un lieu déterminé. Au contraire, il comprenait la visite de plusieurs lieux, selon un itinéraire donné, à un rythme qui apparentait la démarche du pèlerin à une sorte de danse rituelle étalée sur un temps très long. Les points clés de ce parcours rituel semblent avoir été pensés avec autant de précision que les stations du Chemin de croix chrétien, qui n'est pas sans évoquer, lui aussi, une sorte de danse rituelle. Le réseau constitué par les sites sacrés du paganisme originel de l'Europe forme une figure immuable et éternelle. Il existe une théorie selon laquelle le tracé des anciens pèlerinages reproduit celui de certaines constellations. Pour les peuples païens d'Occident, les étoiles symbolisaient un « ordre » et un rythme éternel. Elles étaient l'affirmation symbolique selon laquelle le cosmos était une création cohérente et non le fruit du hasard...



N'est-ce qu'une coïncidence ?

Les implantations des cathédrales reproduisent-elles vraiment une carte du ciel ?


Il existe de nombreux éléments troublants, mais il est très difficile d'avancer une réponse.
Un cas similaire peut donner à réfléchir. On sait aujourd'hui que les pierres levées de Stonehenge servaient de calendrier cosmique à nos ancêtres, voire même d'ordinateur pour le calcul de certains mouvements astraux. Pourquoi les bâtisseurs des cathédrales n'auraient-ils pas tenté d'enfermer leur savoir astronomique dans la pierre de leurs constructions ? Après tout, ces cathédrales, qui étaient parfois implantées dans des petites villes comme Chartres, n'étaient-elles conçues que pour symboliser sur Terre la permanence et l'éternité des étoiles et du monde céleste ? Elles sont des vaisseaux qui transportent les mystères éternels de toute création, ces mystères que détient Stella Maris, l'" Étoile des Mers", la Madone noire !



Sources :
http://deesse-mere.over-blog.com
http://www.larcenciel-forum.com/
http://www.potomitan.info/


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#3  27 Dec 2010 12:30:50

john lloyds
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Re: Les Vierges Noires

Les vierges noires, si elles sont un mystère populaire, ont été longuement décryptées par les alchimistes. Leur secret n'en est pas un, hermétiquement parlant; Si j'en ai le temps, peut-être écrirai-je un article sur le sujet les prochains mois.

Pour faire court :

1/ Le sujet est tabou car il engage la vierge chrétienne, l'église ayant considéré jusqu'à très récemment que toute conjecture sur le sujet était d'ordre blasphématoire;

2/ la vierge est considérée comme représentative des étapes de l'oeuvre

3/ en tant que telle, elle est censée avoir les 3 couleurs de chaque étape :

- noire pour l'oeuvre au noir

- blanche pour l'oeuvre au blanc

- rouge pour l'oeuvre au rouge (un mystère encore bien plus profond que la vierge noire, la vierge rouge, tellement tabou que même les alchimistes n'ont pas osé ; les vierges versant des larmes de sang représentent le poste le plus avancé à ce jour)

selon ce principe, on peut déjà détecter une hérésie peu connue : une vierge noire ne peut tenir un enfant ! L'enfantement se fait à l'oeuvre au blanc; par conséquent, toutes les représentations de vierge noire tenant un enfant n'ont, hermétiquement parlant, aucun sens. Soit elles sont l'oeuvre d'artistes profanes, soit elles sont la conséquence d'une dérive à vocation publicitaire, les sites en question s'attirant une foule croissante.

Pour la petite histoire, j'ai visité il y a 2 ans, avec un ami, le monastère de MontSerrat en Espagne (fabuleux, à conseiller vivement), site qui se targue de sa "vierge noire" (voir la figure de l'article de Carthoris ci-dessus). Je lui expliquais cette impossibilité pour une vierge noire de tenir un enfant. Et là ... surprise ... en face de cette vierge (Plus d'une heure de queue pour la visite, en période creuse), on nous explique de le noir de la vierge provient des innombrables bougies qui se sont consumées autour (aujourd'hui elle est à l'abri dans une vitrine), et qu'au départ, cette vierge noire était blanche sourire

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#4  27 Dec 2010 16:48:45

tobeor
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Re: Les Vierges Noires

… Et à Mexico, la Vierge Noire est blanche et ne porte pas d'enfant…

   http://nsa20.casimages.com/img/2010/12/27/101227044443938966.jpg  http://nsa20.casimages.com/img/2010/12/27/101227044610527252.jpg



Mais sur le lieu où elle serait apparue la première fois, la Vierge est représentée en noir…
Mais l'on constater que toutes les statuettes sont de couleur noire.

   http://nsa19.casimages.com/img/2010/12/27/101227044531471676.jpg


Source:
http://www.mexique-voyage.com/ndguadalupe.htm


"Etre dans le doute, c'est déjà être résolu." - William Shakespeare

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#5  27 Dec 2010 22:29:47

john lloyds
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Re: Les Vierges Noires

Il ne faut pas s'imaginer que tous les artistes sont des initiés, très loin s'en faut. D'autant que la christianisation du Mexique est très tardive, XVI° ou XVII° siècle, même en Europe à cette époque les initiés se faisaient rares, alors ces grosses brutasses de conquistadors juste bons à mettre des branlées, inutile même d'y songer.

Cependant je vois un petit enfant sur l'illustration, sous la vierge. Mais à mon avis un pur hasard.

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#6  27 Dec 2010 23:58:29

tobeor
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Re: Les Vierges Noires

john lloyds a écrit:

Il ne faut pas s'imaginer que tous les artistes sont des initiés, très loin s'en faut. D'autant que la christianisation du Mexique est très tardive, XVI° ou XVII° siècle, même en Europe à cette époque les initiés se faisaient rares, alors ces grosses brutasses de conquistadors juste bons à mettre des branlées, inutile même d'y songer.

Cependant je vois un petit enfant sur l'illustration, sous la vierge. Mais à mon avis un pur hasard.

Oui oui, c'est bien un enfant sous les pieds de la Vierge, mais elle ne le porte pas dans ses bras…
Pur hasard ?… Hum !… Sait-on jamais !…

En ce qui concerne cette représentation (que j'ai vue de mes propres yeux à Mexico), attire "naturellement" énormément de monde.
L'histoire que l'on raconte est assez étonnante:
Un homme, à qui l'on a demandé d'aller chercher des roses pour les déposer en un lieu bien déterminé, est arrivé sur place, tout transpirant, et a lâché le bouquet de fleurs … et là… consternation de la foule… les roses ont imprimés la représentation de la Vierge sur sa chemise blanche…


"Etre dans le doute, c'est déjà être résolu." - William Shakespeare

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#7  25 Apr 2011 21:26:57

Carthoris
Administrateur
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Re: Les Vierges Noires

ON ADORAIT LES VIERGES BIEN AVANT JESUS CHRIST

Au Moyen Age, les rois de France accordaient une importance particulière à la Vierge. Ils vénéraient encore plus spécialement les Vierges noires.

http://carthoris.free.fr/Images/Vierge%20noire%20Puy%20en%20Velay.jpgAu XIIIe siècle, Louis IX - plus connu sous le nom de saint Louis - révérait ainsi avec ferveur la Madone du Puy. Elle ne lui en a d'ailleurs pas été très reconnaissante en ne lui accordant pas la victoire au cours de la croisade lancée contre les musulmans du Proche-Orient. Le roi finira même par être fait prisonnier.
Avant la fin de sa captivité, le sultan sera séduit par la grandeur d'âme et les qualités humaines de ce saint homme. Très impressionné, il lui offrira un présent remarquable, à choisir dans la salle du Trésor. Saint Louis choisira une étrange statue une Madone noire, haute d'une soixantaine de centimètres, la tête ceinte d'une couronne de cuivre, un enfant dans les bras. Cette statue faisait partie du trésor musulman depuis des siècles. Les sarrasins la tenaient en grand respect et affirmaient qu'elle avait été sculptée par le prophète Jérémie en personne. Le roi la ramènera en France et l'installera au Puy, à la place d'une ancienne Madone noire. C'est ainsi qu'au moins une des Vierges noires adorées en France est d'origine proche-orientale. Elle n'est sans doute pas la seule. Cette Madone, comme beaucoup d'autres, devait être à l'origine une déesse de la Fertilité, très largement antérieure au christianisme. Ces déesses étaient probablement adorées dans toute l'Europe ancienne et tout le Proche Orient, de l'Egypte à la Perse. Sous des noms différents, elles incarnaient les mêmes symboles. Leur culte s'est d'ailleurs prolongé pendant des siècles : à Éleusis, le culte de Déméter est ainsi attesté jusqu'en 1801. Cette année-là, il y aura une émeute quand deux Anglais voudront ôter la statue et la ravir à l'adoration des paysans !
La déesse mère est une divinité assez complexe. Elle représente à la fois le Bien et le Mal, la Création et la Destruction, la Lumière et l'Obscurité. Elle symbolisait, dès la plus haute Antiquité, les différents aspects de la nature et ses aléas : les tempêtes, les sécheresses et les famines, ainsi que les moissons abondantes et les bonnes saisons. Tantôt chaste, tantôt d'une impudeur totale, la déesse mère était la dualité même. Elle était donc souvent représentée avec un visage mi-blanc mi-noir. Ou avec des vêtements aussi bien noirs que blancs. On rapporte l'existence, dans certains lieux de culte païens ou chrétiens, de deux statues identiques, l'une noire, l'autre blanche...
L'ancienne déesse mère était souvent associée à la Lune. Comme la Lune influence les marées, elle était donc liée à la mer et elle protégeait les marins, qui l'appelaient Stella Maris (Étoile de la Mer). Plus tard, elle sera assimilée à l'étoile Polaire ou à Vénus. Comme la Lune, Vénus a le double aspect d'étoile du soir et d'étoile du matin. Étoile du matin, elle était considérée comme néfaste. Cette tradition se retrouve dans le judéo-christianisme : l'étoile du matin est souvent associée à Lucifer (du latin : lux fero « Je porte la lumière »).

http://carthoris.free.fr/Images/Vierge%20Isis.jpg On adorait la déesse mère sous une multitude de noms. Isis en Égypte : elle était souvent noire et tenait son fils Horus sur les genoux. La Madone égyptienne ramenée des croisades par Louis IX était probable
ment une représentation de la déesse Isis... En Syrie du Nord ou à Babylone on la connaissait sous le nom d'Ishtar, l'autre nom de la planète Vénus chez les peuples du Croissant fertile. Comme Isis, Ishtar était
souvent noire et mêlait influences positives et influences négatives.
Chez les Phéniciens, la déesse mère était Astarté. C'est probablement sous cette influence que le culte de la déesse mère a le plus marqué l'Occident. Il est possible que, au cours de leurs voyages commerciaux, les Phéniciens aient introduit des statues de leurs protectrices, qui seraient les ancêtres des Vierges noires.
Ce n'est qu'une hypothèse, qu'un examen attentif de la permanence et de l'originalité des cultes ouest-européens permet de remettre en question. Souvent représentée sous la forme d'une colombe, Astarté était parfois bicolore, mi-blanche, mi-noire. On l'adorait également sous la forme de « pierres tombées du ciel », d'origine météorique. La Pierre noire vénérée par les musulmans à La Mecque s'enracine sans doute dans cette tradition.


http://carthoris.free.fr/Images/Vierge%20noire%20Chartres.jpg Dans l'Ancien Testament, il est souvent fait mention d'Astarté, qui apparaît comme étant un des adversaires principaux de Jéhovah, le dieu patriarcal d'Abraham et de Moïse. A plusieurs reprises, en effet, le peuple élu a osé abandonner son dieu pour Astarté, la « Reine des Cieux ». Le prophète Jérémie blâme très vigoureusement ses compatriotes de retourner au culte d'Astarté. Ce qui implique que celui-ci était auparavant la norme religieuse...
L'Ancien Testament révèle également que le roi Salomon vénérait tout particulièrement la Reine des Cieux et qu'il lui élevait des autels au sommet de chaque colline. Il est à peu près certain que le Cantique des cantiques est adressé à Astarté. Les premières paroles sont claires :« Je suis noire, mais je suis belle, ô filles de Jérusalem !»
Nous avons vu le rôle déterminant joué par Bernard de Clairvaux dans la propagation du culte marial au Moyen Age. Comment s'étonner alors que le « Cantique des cantiques » ait été son livre préféré et qu'il y ait trouvé l'inspiration de ses sermons...
Il est évident que le judaïsme comme le christianisme ont cherché à effacer les traces du culte de la déesse mère. Les premiers chrétiens la transformeront en dieu mâle. Leurs successeurs en feront Astaroth, un des fidèles serviteurs de Satan.
Même si les Phéniciens ont contribué à diffuser ce culte tout autour du bassin méditerranéen, même si, ensuite et au hasard des garnisons, les légionnaires romains ont affermi l'implantation de ce culte, il est certain que l'Europe préromaine adorait déjà les déesses mères. Certains sites, comme Chartres ou Le Puy, étaient des centres druidiques de premier ordre, où les fidèles rendaient déjà hommage à des Vierges noires très anciennes. On sait que les tribus celtes du pays gaulois adoraient Belen, dont la soeur et l'épouse était Belisama, la Vierge noire. Il est probable que la Vierge noire adorée à Chartres, des siècles - voire des millénaires - avant la cathédrale chrétienne, était une représentation de Belisama. De même, la Madone noire de Sion-Vaudemont, en Lorraine, représentait l'épouse locale du dieu Wotan, la déesse Rosemertha. Le nom de cette « colline inspirée », selon le titre de l'ouvrage fameux que lui a consacré Maurice Barrès, vient d'ailleurs de celui du dieu Wotan : Vaudemont pour « mont de Wotan »...

http://carthoris.free.fr/Images/Vierge%20Arduinna.jpg Avec la colonisation romaine. les déesses mères occidentales ont été assimilées à leurs consoeurs du panthéon romain. Arduina, la déesse protectrice des Ardennes, sera ainsi fondue avec Diane, la déesse romaine de la Lune. Le côté positif de la Lune restera à Diane, tandis qu'Arduina conservera le côté mystérieux et obscur. Ce qui fera d'elle une Vierge noire idéale ! Un des principaux lieux de culte de cette Vierge noire sera Lunéville (ville de la Lune), qui abritait une de ses statues. Cette statue sera détruite par un missionnaire chrétien fanatique, vers le VII siècle. Le culte persistera pourtant et sera attesté jusqu'au XIe siècle. Religion essentiellement patriarcale, le christianisme avait tout - y compris son intolérance naturelle - pour rebuter les peuples européens. Pour convertir les païens, l'Eglise devra introduire le culte de la Vierge Marie et tenter de l'harmoniser avec les traditions religieuses locales. Un exemple de cette harmonisation : la célébration de l'Assomption de Marie le 15 août, jour d'une des principales célébrations de la déesse Diane...  L'esprit populaire a longtemps assimilé Marie à la Lune. Les paysans l'appelaient « Notre Lune », « Lune parfaite et éternelle », « Lune de l'Église » ou, bien entendu. « Reine des Cieux ». A tel point que le pape Innocent III devra officiellement codifier l'association entre Marie et la Lune. Son texte précise : « Celui qui s'est égaré dans la voie du péché devrait tourner ses regards vers la Lune. Lorsqu'on a perdu la grâce divine, le jour disparaît et le soleil cesse de briller. Seule la Lune reste à l'horizon. Que le pécheur parle à Marie : elle le guidera vers Dieu. » La connotation païenne de ce message papal est étonnante.

http://carthoris.free.fr/Images/Vierge%20noire%20Jasna%20Gora.jpg Au Moyen Age, Marie a fini par prendre d'autres traits des déesses mères et par se faire appeler couramment Reine des Cieux ou Etoile de la Mer. Pourtant, cette nouvelle Marie n'avait plus grand-chose de commun avec la Mère de Dieu des Évangiles et de la théologie officielle. Elle était restée, en fait, une déesse mère à peine recouverte et un mince vernis chrétien elle était adorée exactement comme on adorait, quelques siècles plus tôt, Belisama, Rosemertha ou Ardiuina.
L'Église allait donc essayer de promouvoir une vraie Marie, plus conforme à son idée de la femme pure, immaculée, chaste et asexuée. Une Marie totalement dépourvue de son caractère féminin et de toute son ambivalence païenne. Trop parfaite pour être vraie, cette nouvelle Marie n'avait rien d'attrayant pour les fidèles, restés profondément marqués par les cultes de leurs ancêtres et proches, dans leur vie quotidienne, de la nature et de ses charmes féminins. Faire de cet aspect sombre et féminin de la nature une chose « diabolique » n'arrangeait guère les affaires des missionnaires chrétiens en pays païen, c'est à dire dans la plus grande partie de l'Ouest européen du Moyen Age, très superficiellement Christianisé.
D'où la mise en place d'une seconde Marie, qui prendrait en charge les éléments obscurs et trop féminins  des anciens cultes païens. Ce sera Marie-Madeleine. qui représentera tout ce que la Mère de Dieu n'était pas et qui prendra souvent le Visage de fameuses Madones noires.
 
Le peuple ne s'y trompera pas et persistera à confondre les deux Marie dans un même culte, si bien que, malgré la découverte miraculeuse - comme toujours, à un moment où cela arrangeait les intérêts de l'Église ! - de plusieurs Vierges noires, au fil des siècles, les hommages à l'une se conjugueront à ceux destinés à l'autre.
Terrestres plutôt que célestes, liées à la fertilité, au monde souterrain, à la sexualité, dotées de pouvoirs miraculeux bien peu chrétiens, les Vierges noires chrétiennes seront ainsi théoriquement vouées à Marie Madeleine, la compagne de Jésus, plutôt qu'à sa mère. Elles seront en réalité un des derniers avatars du paganisme originel de l'Europe, toujours prêt à resurgir. Elles seront aussi une manifestation d'un savoir dont l'ancienneté défie l’imagination. Car ces Madones noires ne seront pas «trouvées» n'importe où : les sites où seront édifiées les églises vouées à leur Culte ne seront pas implantés au hasard.
Dans le paganisme tout se tient. Quelle carte étrange dessinait donc le réseau des lieux où le peuple venait adorer les vierges noires ? Quelle signification magique ces Madones avaient-elles ?

Sources : "On adorait la vierge 2000 ans avant JC." - article d’Hervé Berthoule


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