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#1  4 Nov 2010 22:10:52

Carthoris
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Messages: 2573

Quand le Ku Klux Klan terrorisait l'Amérique

QUAND LE KU KLUX KLAN TERRORISAIT L'AMERIQUE

1865, dans un Sud défait, rongé par le chômage et la misère, les jeunes vétérans de la Confédération cherchent à tromper l'ennui. Le 24 décembre, à Pulaski, obscur chef-lieu du Tennessee, 6 d'entre eux (Jones, McCord, Reed, Kennedy, Lester, et Crowe) se réunissent pour fonder une association. Rien de politique, il s'agit seulement de prolonger la fraternité d'armes. Respectant la tradition des clubs d'étudiants, les camarades baptisent la communauté d'un nom auréolé de mystère. Ancien du Centre College du Kentucky, Kennedy fait adopter le mot grec kuklos signifiant « cercle » ; Crowe le scinde en deux et en change la finale, obtenant « Ku Klux » ; observant que les fondateurs sont d'ascendance écossaise, Lester propose d'y ajouter une évocation du « clan » en l'harmonisant à l'orthographe générale. Crowe trouve amusante l'idée de déguiser les membres, ainsi que leurs chevaux, avec les draps et les taies raflés dans la maison d'un de leurs hôtes. Le Ku Klux Klan (KKK) vient de naître...

Ce qui a commencé comme une farce va bientôt changer de nature. Les parades masquées, emmenées par les six compères, ont comme but de terroriser les Noirs, dénués d'instruction et superstitieux, persuadés de croiser les fantômes de confédérés morts au combat. Organisation suprémaciste blanche protestante des États-Unis. Classée à l'extrême-droite sur l'échiquier politique américain, elle n'a cependant jamais été un parti politique, mais plutôt une organisation de défense ou de lobbying des intérêts et des préjugés des éléments traditionalistes et xénophobes de certains Blancs protestants, les White Anglo-Saxon Protestant (WASP), cher également aux Skulls and Bones en tant que communauté « ethnico-religieuse ». Une histoire dont les protagonistes font encore peur, bien que le nombre d'apeptes sur tout le territoire US aujourd'hui ne semble pas excéder 8000 membres.



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« L'Amérique ressort ses robes blanches », écrivait récemment un journaliste du Washington Post, annonçant ainsi un regain d'activité du Ku Klux Klan. A la vérité, il ne s'était jamais vraiment éteint, mais seulement mis en veilleuse.
Car le Klan réapparaît toujours pendant les périodes de crise économique, sociale ou raciale quand l'Américain moyen, le petit Blanc du Sud, le commerçant frileux de Seattle ou l'agriculteur méfiant de Virginie considèrent comme indispensable la nécessité d'un réarmement moral. Alors, un peu partout, des processions se forment dans la nuit des croix immenses brûlent dans la campagne, des hommes, des femmes, des fumes gens revêtent de vastes capes blanches, des capuches, et suivent en silence les chevaliers du Ku Klux Klan qui portent les insignes de l'Ordre : la croix de feu et le drapeau américain.
C'est la croisade pour la sauvegarde du monde blanc et du capitalisme contre les Noirs, les juifs et les communistes.



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Nous sommes dans la petite ville de Pulaski. dans le Tennessee. la veille de Noël 1865. Plusieurs camarades, qui tous ont combattu dans l'armée de la Confédération, se réunissent dans la maison de l'un d'eux et évoquent le bon vieux temps », la fraternité d'armes qui sent la sueur et la poudre. les charges héroïques du début de la guerre, quand le Vieux Sud tenait la dragée haute aux sales Yankees « Bull Run, Chattanooga, Wilson's Creek ». Dans l'atmosphère des bivouacs enfin retrouvée, les commentaires vont bon train sur la situation actuelle après la défaite du Sud, la misère s'installe dans les États vaincus, ruinés, ravagés par la guerre.
Les esclaves sont libres maintenant, et il en résulte partout un véritable chaos économique et social : ils ont par là même conquis des droits électoraux, et la conséquence en est que, dans maints États du Sud, une partie de la population qui, auparavant, était dénuée de tout droit se trouve du jour au lendemain investie de la majorité, en position d'affirmer son pouvoir et ne se privant pas de le faire sentir parfois durement à ceux qui, la veille encore, étaient les maîtres absolus et incontestés.
Pourtant, quand ces jeunes gens décident de former une association, ils ne pensent pas immédiatement aux querelles raciales il s'agit avant tout de se retrouver entre compagnons d'armes, de maintenir intact cet esprit du front dont ils ont déjà la nostalgie. La maison qui les abrita en 1865 existe encore de nos jours, et si elle put passer plus de deux siècles sans être démolie. protégée par une force mystérieuse, elle le doit à une plaque encastrée dans l'un de ses murs et où sont gravés ces mots : « Le Ku Klux Klan a été organisé ici, dans le bureau du juge Thomas M. Joncs, le 24 décembre 1865. Noms des premiers organisateurs : Calvi E. Jones; Frank O. MacCord ; Richard R. Reed ; John B. Kennedy ; John C. Lester ; James R. Crowe. »
On a voulu voir dans le nom de l'organisation (« Ku Klux Klan ») l'onomatopée du claquement métallique produit par le verrouillage d'une culasse de fusil. Une autre hypothèse consiste à attribuer l'origine du mot à une altération du mot latin lux, « lumière ». Ces deux interprétations sont d'ailleurs contestées.
L'explication la plus vraisemblable nous a été donnée par William Peirce Randel dans son maître ouvrage, Le Ku Klux Klan, qui est certainement le meilleur livre consacré à la question :« Le jour de la fondation, les six amis décidèrent de s'organiser et de se diviser en deux comités ; l'un choisirait un nom approprié, l'autre réfléchirait aux règlements, titres et activités du club. John Kennedy avait suivi pendant quelque temps les cours du Center College of Kentucky, où il avait pu observer l'organisation des fraternités. De ses études grecques, il se souvint du mot kuklos, qui signifie "anneau" ou "cercle". James Crowe proposa de scinder kuklo.ti en deux, puis de changer les deux lettres finales en ux pour faire Ku Klux. John Lester fit alors observer que les six membres étaient d'origine écossaise et décida d'ajouter "clan", qu'on écrirait Klan pour que tout fût uniforme. Le tout assemblé se prononçait aisément et gardait une nuance insolite certaine. »
L'atmosphère du début était, on l'aura compris, celle d'un complot pour rire :



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« Puisque l'objectif est de s'amuser, autant s'amuser jusqu'au bout », pensa James Crowe, qui eut l'idée de soumettre à ses camarades une proposition très drôle pourquoi ne pas entourer le mystère de l'organisation d'un voile encore plus épais en se donnant un déguisement. Aussitôt dit, aussitôt fait, et c'est ainsi qu'une nuit les habitants de Pulaski virent déboucher d'un coin de pâté de maisons une curieuse procession de cavaliers fantômes d'étranges silhouettes enveloppées de longues robes, montées sur des chevaux tout caparaçonnés de blanc, défilant silencieusement dans les rues de la ville. Pas un mot n'était prononcé, les ordres nécessaires étaient donnés au sifflet. En file indienne, à un pas d'enterrement, ils firent des marches et des contremarches à travers la ville.
Il faut dire que, depuis quelques mois, les six membres fondateurs avaient réalisé un travail de recrutement très efficace, ce qui n'était d'ailleurs pas difficile si on tient compte du désarroi et du désoeuvrement de beaucoup parmi ceux qui avaient porté l'uniforme gris. Quand une colonne marchait au nord dans une rue, la seconde allait au sud dans une autre. En se dépassant dans des directions différentes, elles donnaient l'apparence d'un flot ininterrompu.
D'honorables habitants de la ville, des hommes au jugement précis, pensèrent qu'ils étaient bien quatre mille à défiler dans la nuit. On sait qu'en réalité il n'y avait pas plus de quatre cents cavaliers.
« L'un des résultats inattendus de cette parade, écrit William Peirce Randel, fut d'effrayer les Noirs superstitieux, qui prirent les cavaliers pour les fantômes de soldats confédérés morts au combat. Ainsi, ce qui avait été conçu comme une farce, pour tromper l'ennui général, revêtit tout à coup un aspect nouveau et fit naître dans l'esprit des promoteurs de cette mascarade le raisonnement suivant : si ces fainéants de Noirs pouvaient être si facilement terrorisés, peut-être pourrait-on les persuader de recommencer à travailler ! »Il faut aussi être bien conscient qu'en touchant les Noirs on s'attaquait aussi - et c'était sans doute là le plus important - à toute la racaille des carpethaggers. Et si les Noirs étaient plus impressionnés par les mises en scène du Ku Klux Klan que par les arguments électoraux de l'Union League ou les propos séditieux des Freedmen's Bureaux, le Sud retrouverait certainement une partie de son hégémonie perdue.
La doctrine de cette société naissante fut. on s'en doute, tout entière inspirée par cette volonté de renaissance. Son énoncé fut mis au point par le général George W. Gordon, avocat à Pulaski, et tient en quelques lignes simples mais suffisamment significatives. En préambule, l'Ordre affiche son attachement au gouvernement des États-Unis, à ses lois constitutionnelles et à l'union de ses États. Il se veut une institution de chevalerie, d'humanité, de piété et de patriotisme, incorporant dans ses principes tout ce qui est chevaleresque, noble de sentiment, généreux dans la vérité et patriotique d'intention.

Les buts du Klan se résument en trois points :
1 -    protéger les faibles, les innocents, les sans-défense des outrages, des torts et des attaques causées par ceux qui s'adonnent à l'anarchie, à la violence et à la brutalité ; aider les opprimés, secourir les souffrants et les malheureux, en particulier les veuves et les orphelins des soldats confédérés ;

2 -    défendre la constitution des États-Unis et les lois qui lui sont conformes ; protéger les États et leur population contre toute invasion, quelle que soit son origine ;


3 -    concourir à l'exécution de toutes les lois constitutionnelles, protéger les individus contre toute saisie ou confiscation illégale et contre une justice qui ne serait pas rendue par leurs pairs conformément aux lois du pays.

Mouvement clandestin, le Ku Klux Klan se devait de conserver dans son organisation les marques de cet anonymat : sa zone d'extension géographique, concernant pratiquement tout le Sud, constituait un Invisible Empire gouverné par un Grand Sorcier. Audessous de ce magistrat suprême se situait la hiérarchie pyramidale des grands vassaux les États mués en Royaumes, qui avaient à leur tête des Grands Dragons ; les circonscriptions parlementaires muées en Dominions, où régnaient les Grands Titans ; enfin, chaque comté était transformé en Caverne et voyait s'exercer l'autorité d'un Grand Cyclope.


Grades et hiérarchie
Symbole du Ku Klux Klan.Une hiérarchie et les grades qui vont avec sont établis, avec lors des cérémonies des couleurs de robes différentes :

Klansman : simple membre du Ku Klux Klan (robe de couleur blanche traditionnelle)
Nighthawk : responsable de la sécurité (robe de couleur noire)
Chaplain : prêcheur (robe blanche avec une écharpe rouge)
Exalted Cyclops ou Klavern : responsable d'une ville (robe noire avec une écharpe rouge et 4 chevrons rouge sur les manches)
Klaliff : assistant des Exalted Cyclops ou leur second (robe de couleur Or)
Titan : responsable d'une large zone équivalent à un district (robe blanche et écharpe verte et 4 chevrons vert sur les manches)
Kludd : responsable au-delà d'un certain nombre de Klavern (robe blanche et écharpe couleur pourpre et 4 chevrons pourpre sur les manches)
Kleagle : directeur des relations publiques et chargé du recrutement des Chaplains et Cyclops (robe de couleur rouge)
Grand Dragon : responsable d'un État (équivalent à un gouverneur) (robe de couleur verte)
Imperial Wizard ou Grand Wizard : le rang le plus important du Ku Klux Klan (robe de couleur pourpre)

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A ses débuts, le Klan borna son activité à intimider les Noirs par des accoutrements fantastiques, des assemblées nocturnes, des croix de feu, des proclamations sonores, le tout accompagné de quelques tours de magie propres à effrayer les âmes simples. Tut cela était fort inoffensif, mais on cessa bientôt de s'en contenter, et les membres du Klan s'engagèrent rapidement dans la spirale de la violence : des gentilshommes du Sud, tout de blanc vêtus, se mirent à patrouiller sur les routes, frappant à coups de lanière les Noirs qu'ils y rencontraient après un couvre-feu arbitrairement fixé. La répression devenait de plus en plus brutale : des Noirs furent lynchés, d'autres abattus après un simulacre de jugement.
A la nuit tombée, des groupes d'hommes pourchassaient les Noirs qu'ils avaient surpris à glisser leur bulletin de vote en faveur des « démagogues ». Dans le meilleur des cas, ils étaient fouettés jusqu'au sang, on les forçait à marcher à quatre pattes, on les assommait à coups de gourdins.
Pour Nathan Bedford Forrest, Grand Sorcier du Klan, cela s'appelle « maintenir l'ordre ». Aussi se démène-t-il particulièrement, ses ouailles sont si turbulentes ! Au cours du premier semestre 1868, on le voit parcourir ses États dans tous les sens, et chaque fois son passage est suivi, pour la population noire, de violences et de morts de Noirs. C'est ce que Frrest appelle, non sans humour, « traiter les problèmes et les intérêts politiques ».
Lors d'un entretien accordé à un journaliste du Cincinnati Commercial, il insiste sur le cas des Noirs emprisonnés pour divers délits et que l'on a ensuite relâchés, mais il ne parle pas de ceux que ses propres hommes sont venus chercher en prison pour les pendre à l'arbre le plus proche. L'organisation, s'étendant progressivement sur tous les États du Sud, finit par inquiéter le gouvernement fédéral, qui fit voter par le Congrès une loi prononçant sa suppression.
Mais cet interdit n'aurait probablement pas été suivi d'effet si les circonstances mêmes n'avaient changé. L'esprit de vengeance et de répression avait cessé d'animer le Nord, les troupes fédérales avaient été retirées des États du Sud. Ces États, par des aménagements électoraux, avaient réussi à déposséder les Noirs de leur franchise, les Blancs avaient reconquis leur ancienne prépondérance économique, sociale et politique. Le besoin d'un moyen de pression comme le Klan ne se faisait plus sentir. Il fut finalement dissous par son propre chef, le général Forrest.



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Ainsi, l'« invisible empire du Sud » avait vécu, et ne paraissait plus promis à autre chose qu'à faire les délices des historiens et des amateurs de frissons. Mais il était écrit que le Ku Klux Klan ne connaîtrait pas de repos dans sa tombe... Forrest appelle, non sans humour, « traiter les problèmes et les intérêts politiques ». Lors d'un entretien accordé à un journaliste du Cincinnati Commercial, il insiste sur le cas des Noirs emprisonnés pour divers délits et que l'on a ensuite relâchés, mais il ne parle pas de ceux que ses propres hommes sont venus chercher en prison pour les pendre à l'arbre le plus proche. L'organisation, s'étendant progressivement sur tous les États du Sud, finit par inquiéter le gouvernement fédéral, qui fit voter par le Congrès une loi prononçant sa suppression.
Mais cet interdit n'aurait probablement pas été suivi d'effet si les circonstances mêmes n'avaient changé. L'esprit de vengeance et de répression avait cessé d'animer le Nord, les troupes fédérales avaient été retirées des États du Sud. Ces États, par des aménagements électoraux, avaient réussi à déposséder les Noirs de leur franchise, les Blancs avaient reconquis leur ancienne prépondérance économique, sociale et politique. Le besoin d'un moyen de pression comme le Klan ne se faisait plus sentir. Il fut finalement dissous par son propre chef, le général Forrest.
Ainsi, l'« invisible empire du Sud » avait vécu, et ne paraissait plus promis à autre chose qu'à faire les délices des historiens et des amateurs de frissons. Mais il était écrit que le Ku Klux Klan ne connaîtrait pas de repos dans sa tombe...



Le règlement du Klan
« Tout membre pourra être exclu du... [le nom du Ku Klux Klan n'est jamais écrit dans les règlements, mais toujours laissé en blanc] à la majorité des voix des officiers et des " ghouls " de l'antre dont il fait partie. Si postérieurement à son exclusion il persiste à assumer les devoirs, à porter les marques et insignes du... ou d'une manière quelconque à revendiquer la qualité de membre, il sera puni. Après l'exclusion l'obligation du secret est maintenue, et l'exclu continuera à répondre de toute divulgation au même titre que les membres.» Tout membre qui révélera les secrets ou les desseins du... sera passible de la peine extrême prévue par notre loi.» Le Grand Enseigne a charge de la grande bannière du..., il la conservera comme un dépôt sacré, pour la porter en toutes cérémonies, parades et en toutes occasions où le Grand Cyclope donnera l'ordre de la déployer à la brise nocturne. »



Par une belle nuit d'août 1916, trente-quatre hommes plantent une croix sur la montagne dominant Atlanta, en Géorgie. Vêtus de robes blanches et de cagoules, ils font le serment de restaurer le Ku Klux Klan et de lui redonner son éclat d'antan. A la tête de la nouvelle croisade se trouve le colonel William J. Simmons, qui s'intronise sans plus tarder « grand sorcier » de l'ordre.
L'organisation sollicite sa charte légale de la Cour suprême de Fulton County, Géorgie, et l'obtient aussitôt. Son but est « d'inculquer à l'homme les principes sacrés de la chevalerie, de développer son caractère, de protéger le foyer et la chasteté de la femme, de soutenir le patriotisme ». Tout en bas de la page, dans une écriture plus petite, est ajouté un post-scriptum : « et de maintenir la suprématie de la race blanche ». Ce programme vaut immédiatement au Klan un nombre impressionnant d'adhésions, tant en Géorgie que dans tous les autres États du Sud.



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C'est surtout après la Grande Guerre que son importance va grandissant. Le Klan en profite alors pour élargir son programme et n'hésite pas à y adjoindre de nouveaux impératifs qui n'ont plus rien à voir avec les principes sacrés de la « chevalerie » et de la « chasteté de la femme ». Au départ de ce nouvel état d'esprit : le licenciement et le retour des soldats de couleur après l'armistice de 1918. En effet, le soldat noir avait accompli son devoir en France avec la même bravoure que ses compatriotes et alliés de race blanche. De plus, il avait observé par-delà les océans quantité de choses dont il n'aurait jamais osé rêver dans le vieux Sud. Il rentrait dans son pays bien plus convaincu de sa dignité et de ses droits qu'il n'en était sorti. Cette situation a été fort bien analysée dans le journal « The Observer » du 9 juillet 1922 :« Beaucoup de nègres furent envoyés en France, et leur expérience dans ce pays était de nature à leur faire péniblement éprouver au retour leur état d'infériorité sociale. Les Français, qui ont, au point de vue des soldats noirs et des races noires en général, des opinions tout à fait opposées à celle des Américains, traitèrent les Américains de couleur exactement comme les autres, et leur donnèrent ainsi un sentiment de leur valeur dans le monde qui ne pouvait manquer, à leur retour dans les États du Sud, de jeter le trouble dans les esprits. Là-bas il y a des villes où les Noirs ont la majorité du nombre dans la proportion de trois ou quatre pour un Blanc. On comprend facilement dès lors que dans les localités où la population noire
atteint une telle densité le retour des soldats noirs, traités en France en égaux, fut cause d'un état d'esprit singulièrement inquiétant parmi les populations de race blanche. »
C'est, bien sûr, dans ces villes que le Ku Klux Klan décida d'exercer son action pour la restauration de la suprématie blanche, qui était, comme on le devine, son plus important motif d'existence. Sinon le seul ! Dans les États où le problème ne se posait pas le Klan en fut quitte pour chercher d'autres points de fixation, politiques, religieux ou raciaux.



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Les États-Unis, et on les comprend, éprouvent une assez grande répugnance à laisser une puissance étrangère quelconque s'immiscer dans leurs propres affaires. C'est ce sentiment qui déclencha l'agitation contre la Société des Nations pendant la campagne électorale de 1920. Et c'est ce même sentiment qui éclate périodiquement contre l'Église romaine, les juifs et les immigrants en général.
Le Klan crut donc de son devoir d'entretenir un climat permanent de suspicion et de dénigrement contre ces éléments jugés indésirables. En se mettant ainsi à la remorque des préjugés populaires, il était assuré de recevoir une vaste approbation et d'obtenir une large audience.
Ses membres s'accrurent en nombre, à l'allure de plusieurs centaines par jour. A une réunion publique qui se tint en janvier 1921, comme toujours en pleine nuit, en Alabama, cinq cents novices furent reçus en une seule fois. L° champ de foire était rempli de spectres en robes blanches et cagoules, éclairés par deux puissants projecteurs, tout cela pour en imposer aux profanes et aux journalistes perchés sur les toits voisins, trop loin pour entendre la cérémonie mais assez près pour l'observer dans toute sa solennité.
En quelques mois, les nouvelles d'actes de sauvagerie se succédèrent comme jamais sur les bureaux des journalistes américains et du monde entier. Pour faire appliquer le code moral de son cru, le Klan utilisa tous les moyens : rouler dans la plume des gens enduits de goudron, marquer à l'acide, mutiler, flageller, bannir. En novembre 1922, le nombre des attentats de cette sorte, perpétrés par le Klan ou sur son ordre, dans le seul État du Texas au cours des douze derniers mois, dépassait le chiffre de cinq cents ! Cela ne veut d'ailleurs pas dire que les autres États étaient indemnes : dans le Maryland, le Klan ne s'improvisa pas seulement farouche gardien de la morale en donnant aux couples vivant en concubinage le choix entre le mariage ou le fouet, mais il partit en guerre ouverte contre les catholiques et les juifs.
New York fut même atteint par le fanatisme. A un tel point que le maire dut donner l'ordre à la police d'expulser tous les membres du Klan, ordre qui témoignait certainement de la désapprobation publique mais qu'il s'avéra impossible d'exécuter : quelques semaines à peine après sa publication. des membres du Klan firent interrompre le service dans plusieurs églises de la ville pour y lire des déclarations, montrant ainsi qu'ils étaient toujours présents et bien décidés à rester. En décembre 1922, des personnes autorisées estimaient le nombre de membres du Klan à près d'un million.



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Au cours de ce même mois, le « géant impérial » Edward Young Clarke fit savoir qu'il préparait l'invasion de la Grande-Bretagne afin d'y installer le Klan, après quoi il s'efforcerait de réaliser la même chose en France puis en Italie. Cette décision, proclamée à grand renfort de publicité, n'eut malheureusement pas de suite. Il eût été en effet très instructif d'observer les méthodes du Klan pour venir à bout du Commonwealth, empire qui renfermait en son sein beaucoup plus de sujets de couleur que de Blancs.
Mais le Ku Klux Klan allait de nouveau attirer l'attention sur lui de manière beaucoup plus sérieuse : un double meurtre particulièrement odieux fut commis à Mer Rouge, en Louisiane, sur un planteur et un mécanicien qui avaient déclenché la justice de l'Invisible Empire. Ils furent tous deux torturés avant d'être mis à mort par un groupe d'hommes portant les insignes du Klan. Le gouverneur du Maryland fit ce qu'il put pour amener les auteurs de cet abominable crime devant la justice, mais il échoua devant la pression d'une opinion publique entièrement favorable au Klan. Cela eut aussi pour conséquence de redoubler les attaques d'une partie de la presse qui, depuis déjà plusieurs mois, stigmatisait les violences
commises par l'Invisible Empire au nom du patriotisme et de la morale. Les événements du Maryland, s'ils avaient montré que le Klan bénéficiait d'appuis nombreux, n'avaient cependant pas contribué à améliorer une image de marque déjà déplorable. Des querelles internes au Klan allaient bientôt s'étaler sur la place publique, à la suite de dissensions qui s'étaient élevées au sein de l'Invisible Empire sur la manière de gérer et d'employer les fonds de l'organisation.



Birth of Nation
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Naissance d’une Nation est la première grande production du cinéma américain, marquant le début de la suprématie d’Hollywood sur le cinéma mondial, jusque là dominé par le cinéma français. C’est aussi l’un des films les plus litigieux de toute l’histoire du cinéma. Librement adapté de deux romans de propagande raciste de Thomas Dixon, le film de D.W. Griffith retrace la Guerre de Sécession et la reconstruction qui suivit avec une vision sudiste et ouvertement anti-noirs. Le Ku-Klux-Klan y est ainsi montré comme une réaction légitime et salutaire face à un nouvel ordre chaotique mis en en place par des noirs dévoyés et avides de pouvoir. Quand il est sorti, soit cinquante ans après la fin de la guerre civile, le film occasionna des émeutes à New-York et dans d’autres villes. Il a ensuite servi d’outil de propagande à une droite extrême pendant des dizaines d’années. Il faut donc le regarder en dépassant les aspects plutôt révoltants de son contenu.

Sur le plan cinématographique, Naissance d’une Nation est une révolution, pas tant par sa durée de 3 heures ou par la taille de sa production, mais surtout sur le plan artistique : c’est le premier grand film d’auteur. La création de scènes émotionnellement fortes, la ponctuation formée par les scènes historiques minutieusement reconstituées (l’assassinat de Lincoln au théâtre Ford, la bataille de Petersburg, l’incendie d’Atlanta, la reddition de Lee, etc…), la perfection du montage en font une œuvre à part entière et un grand spectacle dramatique. Le film comporte de nombreuses scènes de toute beauté. Naissance d’une Nation eut une influence considérable sur le cinéma américain et son développement. Il est étonnant de voir comment il conserve toute sa force aujourd’hui, presque un siècle plus tard




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Au début de l'année 1922, le Ku Klux Klan fut le théâtre d'une sorte de révolution de palais au cours de laquelle le sorcier impérial Simmons fut déposé et mis à la retraite avec le titre honorifique, niais creux, d'empereur, tandis qu'un nouveau sorcier impérial, Evans, prenait possession du Klan et... de la caisse.
Son premier acte de sorcellerie fut d'annoncer au monde qu'il allait rallumer la torche et porter à travers l'Europe la croix ardente du Klan. Mais Evans dut ajourner provisoirement son projet, car Simmons entendait plaider devant la Cour supérieure de Géorgie la récupération de ses attributs et des bénéfices de sa charge. Il s'ensuivit un procès, qui permit au public d'assister à l'empoignade des deux sommités du Klan, et aussi de faire connaissance avec des dignitaires dont on n'avait jamais entendu parler, tel que le e grand lutin ». Ce dernier, l'empereur, le sorcier impérial et le géant impérial avaient maille à partir avec le Klan, et ensuite entre eux.
Les résultats du procès furent parfaitement édifiants quant à la restauration de l'esprit de chevalerie et aux moyens dont entendaient se servir les dévoués fidèles : détournements de fonds atteignant 1 million de dollars, défaillances de fonctionnaires couvertes par le Klan, confortables émoluments de chefs se servant les premiers, tels étaient les plus spectaculaires efforts de l'Invisible Empire!



Le nouveau visage du KKK





Légendes urbaines

http://carthoris.free.fr/Images/KKKmarlboro%2009.jpgDepuis les années 1980, une légende urbaine affirme que le cigarettier Marlboro appartient au Ku Klux Klan :
·    Les triangles rouges forment trois K sur le paquet
·    En tenant un paquet à l'envers, on peut lire approximativement en phonétique « oroble jew »
·    En tenant un paquet à l'envers, les jambes du M du l et du b évoqueraient un spectateur qui regarde un pendu.
·    L'entre-cuisses des chevaux du sigle évoqueraient un membre du KuKuxKlan vêtu de la tunique blanche pointant quelque-chose du doigt
Malgré la ressemblance du logo de Marlboro avec un K, la rumeur est vraisemblablement fausse

Depuis les années vingt, l'action du Ku Klux Klan n'a pas connu de reprises majeures, et pour plusieurs raisons. La première tient à la nature des délits du Klan, dont l'atrocité obligea beaucoup de ses fidèles à se détourner de l'action directe. La seconde vient évidemment de l'évolution des mentalités en Amérique, où il n'est plus question de prétendre qu'un Noir n'est pas un citoyen américain comme tous les autres avec, bien sûr, les mêmes droits.
Par contre, sa lutte de toujours contre le communisme a permis au Klan de garder une petite audience dans quelques-uns des bastions les plus réactionnaires du Sud. Aujourd'hui, le Klan n'est plus qu'une secte comme les autres (forte, il est vrai, d'une dizaine de milliers de membres), et qui se manifeste de temps à autre pour le salut du « monde blanc ».
Le Ku Klux Klan existe aujourd'hui dans de nombreuses organisations toujours actives aux États-Unis, réparties à travers divers États ou répondant à des doctrines particulières, certaines ne contiennent qu'une dizaine de membres tandis que d'autres en sont de véritables organisations.
Un rapport national de l'Anti-Defamation League publié en février 2007 estime que ce nombre a augmenté depuis 2000. Il compterait actuellement 5 000 à 8 000 membres, et s'organise avec divers mouvements boneheads (skinheads nazis) dans des actions militantes.



Sources:
Le Ku Klux Klan : un contre-pouvoir criminel par Paul-Eric Blanrue
Documentaire Planète: Ku Klux Klan - "Le nouveau visage"
Revue Inexpliqué : L'Invisible Empire du Ku Klux Klan
Le monde.fr Blog du 4 mars 2010
Encyclopédie Wikipedia - Extraits
Marlboro-filter.blogspot


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