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#1  27 Sep 2011 22:59:51

tobeor
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Centre de lecture

… Et oui !… et pourquoi pas un centre de lecture qui n'a rien à voir avec la science fiction par exemple !…

Voici pour commencer un auteur que j'admire beaucoup… JIM HARRISON

Harrison : « Je ne comprends le monde que lorsque je l'écris »


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L'histoire américaine, Harrison connaît, lui qui est un des grands écrivains des espaces, de la route, de la pêche, des Indiens, de la corruption politique, de la mémoire. Des thèmes, aussi, des « Jeux de la nuit », un de mes très gros coups de cœur de rentrée. Interview du grand écrivain.
C'est à ma propre surprise que, une fois la caméra allumée, ma première question de l'interview fut : « Comment ça va depuis la dernière fois, il y a un an et demi ? »

C'est rare qu'on oublie son surmoi, en interview, et qu'on s'adresse à un interviewé comme à une personne en privé. Mais avec un écrivain qu'on aime tant, on a beau dire : ces interviews sont toujours des kermesses du trac et de la joie. Et Harrison, vêtu de ses inséparables vieux bermudas de pêcheur en rivière, c'est un peu comme ce copain de longue date, qu'on voit peu souvent mais qu'on pense pourtant avoir vu hier.

« Légendes d'automne », « Un bon jour pour mourir », « Dalva », « Entre chien et loup », « Julip », ce sont des livres avec lesquels nous avons grandi. Si quelques-uns de ses derniers livres ont pu décevoir (sauf « De Marquette à Veracruz » et « Une Odyssée américaine »), un nouvel Harrison est toujours un événement qu'on coche à l'avance sur son agenda.

Pour moi, l'un des deux ou trois plus grands écrivains vivants
Jim Harrison est un septuagénaire en pleine forme, malgré de nombreux accidents (notamment celui qui lui a fait perdre l'œil gauche, à 8 ans). Né dans le Michigan, il fait partie de cette fameuse « école du Montana », état américain où il vit en alternance avec l'Arizona. Et le monde.

Ecrivain-phare pour moi, il est un des deux ou trois plus grands écrivains vivants. En même temps que la figure la plus libre de la littérature américaine actuelle. Et surtout : un homme qui connaît assez la vie pour savoir ce que c'est que la fiction.

Je me suis rendu compte d'une chose, cohérente avec son oeuvre : c'est fou à quel point cet homme a un regard précis -je suis là depuis trente secondes qu'il repère déjà le petit écusson OM sur ma veste, et me demande comment va Marseille. Et global : il regarde en face tout en regardant sa belle voisine, le ciel, le soleil…




Harrison célèbre toujours la littérature, la pêche, le bon vin, la beauté des femmes. Harrison, c'est aussi les croyances intégristes dans le Montana, la force du sacré, la pensée indienne, les mystères mystiques prenant corps dans le monde naturel.

La relation entre l'Amérique blanche du XXe et l'Amérique d'avant le génocide contre les Indiens, c'est l'élément essentiel de la littérature harrisonienne. Ce qui l'amène à dire : « Tous nos parlementaires devraient faire un test d'Histoire américaine. » Ou encore : « Obama ? A little god ! » (Réponse qu'on retrouve dans la version intégrale, de cet entretien.)

Et ce qui l'amène à écrire, dans la très sombre troisième nouvelle du recueil « Les Jeux de la nuit » :

« Il semble que les pays les plus civilisés et les plus mécanisés excellent à infliger une torture lente ainsi que des châtiments prolongés et raffinés. Dans le sillage de la Seconde Guerre mondiale, nous avons beaucoup mieux traité les Japonais et les Allemands que nos propres résidents autochtones. »

« Je suis une espèce de bâtard comme la plupart des chiens »

Le nouveau livre d'Harrison est un recueil de trois « novelas ». (Le coup des nouvelles qui vont par trois, il nous le fait très régulièrement : « Légendes d'automne », « En route vers l'Ouest », « L'Eté où il faillit mourir ».)

Pourquoi ? Entre autres parce que ce personnage fétiche, et un peu double de l'auteur, n'existe qu'en novelas, et qu'il a besoin de le retrouver régulièrement.

Chien Brun, cette sorte de SDF du Michigan, tendre et vieux desperado complètement obsédé qui ne possède rien, ni père ni mère, ni passeport, ni passé, ni avenir, errant de salons en bordels : « Je ne suis pas un vrai Indien comme navet. Je suis une espèce de bâtard comme la plupart des chiens », dit-il dans la nouvelle « Chien Brun, le retour » de ce dernier recueil.

Où on le voit s'approcher de la mort, tout en regardant grandir Baie, sa fille malade que les lecteurs connaissent. Et où, opéré d'un calcul rénal, il essaie de baiser à tout va.

On goûtera aussi la belle nouvelle d'ouverture, où Harrison montre son autre grand talent : la compréhension de l'âme féminine.




Double de l'auteur, vieillissement, obsession du sexe : on pense forcément, aussi, à un autre très grand écrivain américain vivant. Philip Roth. Surtout avec « Indignation » (à paraître début octobre). Roth, écrivain qu'Harrison n'aime pas. Roth, écrivain à l'érotisme très cérébral, là où Harrison travaille la question d'abord par le corps, la puissance, le lyrisme et l'usure.

« Un poète plie et déplie son âme comme une blanchisseuse le linge »

Poète avant de devenir romancier sur les conseils de son ami Thomas McGuane, Harrison avait dit un jour :

« Vous pouvez lire d'assez bons romanciers qui racontent assez bien une histoire en termes de récit plat, mais ils ne notent jamais rien d'intéressant, tandis qu'un poète a plié et déplié son âme un peu comme le faisait une blanchisseuse d'antan avec le linge. Son être est sa vocation. »

Comme l'a dit William Carlos Williams, « pas d'idées, sinon dans les choses ». Harrison, plie et déplie toujours son âme.




► Dans la version intégrale de l'interview, d'une durée de vingt minutes, Harrison évoque notamment son prochain roman, ce que la pensée indienne a changé pour lui, la différence entre ses novelas et ses romans, et tout son travail d'écriture.

► Thomas MgGuane et Jim Harrison sont deux des écrivains interviewés dans le beau recueil « Paris Review » (éd. Christian Bourgois, 2010), anthologie d'entretien de la revue américaine du même nom.

Durant l'entretien, la traduction était assurée par Dana Burlac, assistante d'édition chez Flammarion, que je remercie. Le livre, lui, est comme d'habitude traduit excellement par Brice Matthieussent.

Source
http://www.rue89.com/cabinet-de-lecture … ris-165307


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#2  30 Sep 2011 08:38:27

tobeor
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Re: Centre de lecture

Le «Coup de dés» enfin décodé

Le jeune philosophe Quentin Meillassoux pense avoir déchiffré le secret du poème légendaire de Mallarmé. Une démonstration virtuose doublée d'une méditation sur l'idée d'incertitude.


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Portrait de Stéphane MALLARME (1842-1898.) signé Edouard Manet (1876).
©Alfredo Dagli Orti / AFP



Résumons l'affaire: nous sommes en 1897 et Dieu est mort. Ce n'est pas rien. Pendant tout le XIXe siècle, romanciers, poètes, philosophes ont travaillé d'arrache-pied à inventer une nouvelle religion civile délivrée du dogme chrétien. Ils ont proposé d'adorer l'Homme, le Beau ou encore la Raison, en vain. La science a pris le dessus, le hasard s'est imposé comme loi. Depuis, tout n'est que non-sens et absurdité. De ce combat, Stéphane Mallarmé fut un acteur peu connu. On l'imagine en poète retiré du monde, occupé à sculpter ses «abolis bibelots».

En réalité, comme ses pairs, il n'a cessé d'être blessé par le désenchantement du monde. Lui aussi pense qu'il n'y a pas de société sans cérémonies collectives et que la mission du poète est d'offrir «un culte capable de satisfaire l'esprit moderne», résume Quentin Meillassoux. Mallarmé nourrissait un rêve fou: écrire un livre, le «Livre» supposé combler à lui seul le besoin d'adoration de ses contemporains. Un cérémonial réglé avec une minutie maniaque devait en encadrer la lecture publique.


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De «Livre», pourtant, il n'y eut point. Car la poésie est à son tour gagnée par le délitement. En quelques années, l'alexandrin, article de foi de la métrique française, est mis à mort par le «vers libre». Comment la poésie pourrait-elle devenir un nouveau rite social si sa propre liturgie était en train de se défaire?

C'est alors qu'en 1897, deux avant sa mort, Mallarmé publie «Un coup de dés jamais n'abolira le hasard». Poème hors norme qui s'étale sur onze doubles pages, joue de toutes les variations typographiques taille, majuscules, italique - et répand autour de la sentence principale un semis de propositions secondaires.

Il y est question d'un «Maître» dont le navire fait naufrage et qui, avant d'être avalé par les flots, s'apprête à lancer les dés en un ultime défi au Ciel déserté. Allégorie transparente de l'écroulement de l'ordre d'hier et de l'avènement de l'incertitude. «Hallucination éparse d'agonie», dit le poète. Etait-ce là le «Livre» d'une nouvelle religion? Bien sûr, il n'en fut rien.

Pourtant, tout en s'imposant comme une oeuvre clé, commentée par Sartre, Blanchot, Deleuze ou Rancière, le «Coup de dés» a nourri très vite un fantasme ésotérique. Et si Mallarmé avait glissé un code caché? Les notes préparatoires au «Livre» ne dévoilent-elles pas un fou de numérologie? Son rituel n'était-il organisé autour du 5, du 7, du 12...?

Déjà, «Igitur», récit inachevé écrit trente ans plus tôt et qui raconte lui aussi un lancer de dés, tournait autour du 12. Mais les divers déchiffrages tournèrent court et l'esprit postmoderne fut renforcé dans sa croyance: il n'y a pas de code, l'Art ne saurait remplacer Dieu et le poème terminal de Mallarmé n'est qu'un sublime échec. Comme l'écrit Rancière: «Mallarmé n'est pas un auteur hermétique, c'est un auteur difficile.»

C'est alors qu'arrive Quentin Meillassoux, l'un des philosophes les plus originaux et les plus brillants de la nouvelle génération. Avec «Après la finitude», paru en 2006 et considéré par le philosophe Slavoj Zizek comme l'ouvrage majeur de ces dernières années, il s'est engagé dans un travail de longue haleine visant à fonder une nouvelle métaphysique - oui, rien que cela - autour de la notion de «contingence».

En résumé: si Dieu est mort, tout devient aléatoire et plus aucun Absolu ne s'impose à nous... sinon la contingence elle-même. Et s'il faut préserver la possibilité d'un Absolu, c'est que lui seul peut nous protéger du retour paradoxal des idoles. Avec férocité, Meillassoux désosse le relativisme contemporain qui, au prétexte que Dieu n'existe plus, encourage chacun à croire à ce qu'il veut. En somme: un traitement métaphysique de nos désordres les plus actuels. Penseur de la contingence, Meillassoux ne pouvait qu'aller vers le poète du hasard. Le dilemme de Mallarmé ressemble au sien: comment prendre acte de la mort de l'alexandrin sans renoncer à la poésie métrique, sinon en poussant le vers libre jusqu'à sa forme absolue? Reste à savoir laquelle.

Or un beau jour, pour s'amuser, Meillassoux se demande de combien de mots sont faits deux sonnets fameux de Mallarmé, «A la nue accablante...» et «Salut». Le premier en compte 70, le second 77. Hasard? Esquisse d'une logique? Et si le secret du «Coup de dés» était dans le nombre de mots du poème tout entier? Et si dans sa forme autant que dans son contenu il inventait une nouvelle métrique, stricte comme l'alexandrin et aléatoire comme le vers libre? C'est cette hypothèse que Meillassoux vérifie dans «le Nombre et la Sirène», essai virtuose, écrit d'une langue très élégante, et qu'il n'est nul besoin d'être spécialiste de Mallarmé pour dévorer.


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Quentin MEILLASSOUX, âgé de 43 ans, enseigne la philosophie à l'ENS de la rue d'Ulm. En désaccord avec le discours sur la fin de la métaphysique, nourri de l'ontologie mathématique d'Alain Badiou, il s'est fixé pour tâche de construire son propre système philosophique: "un régime irreligieux du divin".
©DR



Comme pour une enquête policière, il scrute le poème, accumule les indices. Sous le «Maître» naufragé, il démasque le «Mètre» français. Abandonnant les «anciens calculs» (l'alexandrin) au cours d'une « mémorable crise » (la crise du vers), le maître nourrit l'espoir d'un «unique Nombre» (le vers qu'est en train d'inventer Mallarmé). «Existât-il? [...] Se chiffrât-il ?», écrit Mallarmé: un «chiffrage» est donc bien à l'oeuvre.

Impossible de détailler ici l'investigation. Disons seulement que le chiffre 7, symbole théologique, s'impose vite comme suspect principal et que tout va se jouer dans la double page centrale du poème, où deux «comme si» (si étant la septième note de la gamme) entourent une méditation sur le gouffre (le «0»).

D'où le tiercé gagnant de Meillassoux: «7» (Dieu), «0» (le Néant), «7» (le nouveau Dieu: l'Art). Soit «707», qui est aussi le nombre de mots que compte le poème. Un seul vers, donc, unique, métré et libre à la fois, profilé comme un fuselage d'avion. Soixante ans plus tard, les ingénieurs de Boeing retombèrent sur le même nombre lorsqu'ils voulurent chiffrer l'expérience moderne par excellence: la traversée géométrique d'un ciel sans Dieu. Reste, une fois qu'on a «cassé» le code, à comprendre le message. L'interprétation philosophico-politique qu'avance Meillassoux paraîtra tirée par les cheveux, mais elle s'inscrit dans la logique de ses travaux.

Dans une trentaine d'années, rappelle-t-il, on rejette en bloc les diverses tentatives du XIXe - de Lamartine à Hugo, de Saint-Simon à Zola, de Hegel à Marx - pour donner un nouveau sens à la vie. Le Progrès et la Révolution sont «de grands Récits morts» conduisant au crime totalitaire. S'il s'avérait qu'au moins l'une de ces figures du Grand Siècle avait en réalité remporté son pari - en l'occurrence Mallarmé, en produisant un vers entièrement neuf -, c'est un peu de notre «désabusement» qui serait démenti. Ebranlé, sinon aboli, par un simple «Coup de dés».

Eric Aeschimann


Source
http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20 … ecode.html


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#3  1 Oct 2011 11:21:13

tobeor
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Re: Centre de lecture

Festival de littérature à Berlin
21.09.2011


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Tahar Ben Jelloun était l'invité de l'édition 2011 du Festival de Berlin



Le Festival international de littérature de Berlin a attiré 24 000 spectateurs. La onzième édition avait comme point fort la région Asie-Pacifique. Elle a confirmé la réputation de Berlin comme festival politique.

"Que peut la littérature en temps de crise?" C'est la question qu'a posée l'écrivain marocain Tahar Ben Jelloun, lors de l'ouverture du festival. Une question qui a accompagné cette 11ème édition entièrement consacrée aux grands évènements de l'année 2011, de l'arrestation d'artistes chinois aux révoltes dans le monde arabe en passant par le 10ème anniversaire des attentats du 11 septembre.

Ecoutez ci-dessous le reportage d'Audrey Parmentier
http://www.dw-world.de/popups/popup_sin … 39,00.html

Auteur : Audrey Parmentier
Edition : Carine Debrabandère

Source
http://www.dw-world.de/dw/article/0,,15407739,00.html

Dernière modification par tobeor (1 Oct 2011 11:22:15)


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